UNE MA­RI­LYN MON­ROE AU­THEN­TIQUE

Le Journal de Quebec - Weekend - - STARS - Bill Har­ris

TO­RON­TO | Le doux rou­cou­le­ment de la voix suave de Ma­ri­lyn Mon­roe était, dans les faits, un leurre.

Char­lotte Sul­li­van, qui a fait des re­cherches sur la ve­dette, dé­cé­dée en 1962, dans des cir­cons­tances mys­té­rieuses, en est convain­cue. Elle s’est pen­chée sur l’histoire de la star­lette blonde, au­tant par fas­ci­na­tion que par amour, mais aus­si par de­voir. « Il y a une grande dif­fé­rence entre jouer Mon­roe dans un film et la jouer alors qu’elle était à la mai­son », a ra­con­té Sul­li­van, l’ac­trice ca­na­dienne qui campe cette cé­lèbre fi­gure hol­ly­woo­dienne dans la contro­ver­sée mi­ni­sé­rie de huit heures, Les Ken­ne­dy, pré­sen­tée chaque di­manche d’avril, à 20 h, à Su­per Écran. « J’au­rais pu mi­ser sur la fa­meuse voix, lors de mon au­di­tion, mais je ne l’ai pas fait », at-elle dit, fai­sant ici al­lu­sion à la voix in­no­cente et sexy que Mon­roe a uti­li­sée dans ses der­niers films.

« J’avais vu plu­sieurs de ses films, et elle n’avait pas cette voix. Ce n’est qu’après avoir tour­né quelques films qu’elle a dé­cou­vert qu’elle pou­vait faire ce­la. »

Ma­ri­lyn Mon­roe pou­vait faire en sorte que les hommes s’age­nouillent à ses pieds. Ain­si, quand Sul­li­van a dé­cro­ché le rôle, dans la mi­ni­sé­rie Les Ken­ne­dy, dans la­quelle on voit la der­nière nuit de Ma­ri­lyn, l’ac­trice flot­tait sur un nuage et était à la fois pé­tri­fiée, pour em­ployer ses propres mots.

« Je suis vrai­ment tom­bée amou­reuse d’elle, a dit Sul­li­van. Je l’ai­mais beau­coup avant de me glis­ser dans sa peau, mais mes re­cherches in­ten­sives – no­tam­ment sur sa dé­pres­sion et sa tris­tesse – m’ont fait dé­cou­vrir une femme ma­gni­fique, in­tel­li­gente et in­com­prise. »

AC­TEURS ÉMÉ­RITES

Sul­li­van in­carne l’un des per­son­nages prin­ci­paux – la dé­tes­table Gail Peck – dans la sé­rie po­li­cière à suc­cès Roo­kie Blue, dont la deuxième sai­son dé­bu­te­ra le 16 juin, à Glo­bal et ABC. Elle tourne, en ce mo­ment, dans Ed­win Boyd, de Na­than Mor­lan­do, après avoir joué dans 388 Ar­let­ta Ave­nue.

Sul­li­van a été épa­tée par la per­for­mance des deux plus proches ac­teurs avec les­quels elle a tra­vaillé, dans Les Ken­ne­dy, Greg Kin­near (John F. Ken­ne­dy) et Bar­ry Pep­per (Bob­by Ken­ne­dy).

« D’avoir été là, d’avoir vu tra­vailler Greg et Bar­ry, ils étaient in­croyables, dans leur rôle res­pec­tif, a dit Sul­li­van. Il y avait quelque chose de ma­gique qui opé­rait. »

« Juste d’écou­ter la voix de Greg, quand il ré­pé­tait, il ne res­sem­blait pas seule­ment un peu à JFK, il était exac­te­ment lui. Bar­ry, lui, m’a lit­té­ra­le­ment éblouie. »

Avec des rôles aus­si op­po­sés que ceux qu’elle dé­fend dans Les Ken­ne­dy et Roo­kie Blue, Sul­li­van montre qu’elle est ca­pable d’oc­cu­per un vaste champ de jeu, un net avan­tage que lui au­rait en­vié Ma­ri­lyn Mon­roe, trop sou­vent confi­née à jouer les belles.

« Ils n’ont ja­mais vrai­ment pris Mon­roe au sé­rieux, en tant qu’ac­trice, a dit Sul­li­van. Elle vou­lait cam­per des rôles dif­fé­rents, et ils lui ont tout bon­ne­ment dit: “C’est le cré­neau qui fonc­tionne pour toi et c’est tout.” »

« Tou­te­fois, si vous re­gar­dez The Mis­fits ou Nia­ga­ra, elle y est très convain­cante. Évi­dem­ment, elle est très belle, mais il y a plus que ce­la. Même dans ses en­tre­vues, il y avait quelque chose, chez elle, que d’autres ve­dettes fé­mi­nines n’avaient pas. Elle avait ce pe­tit quelque chose qu’on ne peut dé­crire pré­ci­sé­ment. Comme tout le monde, je me suis com­plè­te­ment amou­ra­chée d’elle. Je ne suis ja­mais tan­née d’en ap­prendre plus, sur Ma­ri­lyn Mon­roe. »

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