UN PAR­COURS DE COM­BAT­TANTE

Pour tous les tro­phées qu’elle a rem­por­tés en sur­fant, l’Amé­ri­caine Be­tha­ny Ha­mil­ton sait qu’on se sou­vien­dra tou­jours d’elle comme l’ado­les­cente qui, à l’âge de 13 ans, a per­du son bras gauche après avoir été at­ta­quée par un re­quin. Et, bien sûr, on se r

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Jim Slo­tek

L’iro­nie, se­lon elle, c’est qu’elle n’avait ja­mais vu un re­quin avant cette jour­née, même si elle sur­fait le long de la côte d’Oa­hu, à Ha­waï, de­puis qu’elle pou­vait par­ler. Et elle n’en a pas re­vu de­puis.

« Je ne vois ja­mais de re­quin », a ra­con­té la pro­fes­sion­nelle du surf au­jourd’hui âgée de 21 ans. Son livre au­to­bio­gra­phique Soul Sur­fer, pu­blié aux ÉtatsU­nis en 2004, a été adap­té au ci­né­ma et est dans les salles de­puis hier. Le film met en ve­dette Den­nis Quaid, An­naSo­phia Robb, Car­rie Un­der­wood et He­len Hunt.

« Gran­dir à Ha­waï, ce­la a per­mis à mes pa­rents de m’ini­tier à l’eau dès mon plus jeune âge. Vous ap­pre­nez à connaître l’océan, vous sa­vez quand vous pou­vez sau­ter à l’eau et quand ce n'est pas une bonne idée. Et j’étais une sau­ve­teuse ju­nior, alors j’ai ap­pris beau­coup de choses. Il y a cer­tai­ne­ment des dan­gers et vous de­vez faire preuve d’in­tel­li­gence quand vous vous élan­cez sur l’eau. »

L’at­taque du re­quin-tigre sur­ve­nue en oc­tobre 2003 était si mons­trueuse que la scène sur grand écran oc­cupe moins d’une se­conde dans le film. Soul Sur­fer dé­montre le par­cours de com­bat­tante d’Ha­mil­ton, de sa lutte pour sur­vivre après avoir per­du beau­coup de sang jus­qu’à sa dé­ter­mi­na­tion à vivre dans un monde où les gens ont deux mains, ain­si que son com­bat, ai­dé par la re­li­gion, pour re­mon­ter sur sa planche.

Elle ne ra­conte ja­mais son histoire dans ces mots et le film qui fait l’apo­lo­gie de la fa­mille et de l’ami­tié a lui-même été pro­duit à tra­vers un com­bat.

Be­tha­ny et ses pa­rents, Tho­mas et Che­ri­lyn, vou­laient s’as­su­rer que l’histoire ra­conte leur point de vue.

« Nous sommes de­meu­rés dé­ter­mi­nés à pro­pos de ce que nous vou­lions voir dans le film, no­tam­ment notre foi en Jé­sus Ch­rist (Un­der­wood joue une amie missionnaire qui amène Ha­mil­ton en Thaï­lande à la suite du tsu­na­mi et l’aide à se re­trou­ver) et, aus­si, tout sim­ple­ment le surf, car c’est une chose dif­fi­cile à tour­ner, et vous de­vez gui­der beau­coup l’équipe. »

« En fait, le film est fi­na­le­ment beau­coup mieux que je ne l’au­rais es­pé­ré. Nous étions an­gois­sés, car nous ne sa­vons ja­mais ce que Hol­ly­wood va faire en s’at­ta­quant à une histoire vraie. Et nous sommes tou­jours vi­vants, nous avons toute la vie de­vant nous. Alors nous de­vions nous in­ves­tir dans tout, que ce soit dans la sé­lec­tion des ac­teurs, le scé­na­rio, don­ner de la ré­tro­ac­tion à pro­pos des scènes, al­lant même poin­ter le bout de notre nez en salle de mon­tage. J’ai vrai­ment ai­mé faire toutes les cas­cades de surf, ce qui était à la base une chose énorme pour moi et une chose très agréable. »

Be­tha­ny Ha­mil­ton a éga­le­ment dû épau­ler la jeune An­naSo­phia Robb (Char­lie et la cho­co­la­te­rie). « C’est une ath­lète na­tu­relle, mais elle vient du Co­lo­ra­do, alors elle n’a pas pas­sé beau­coup de temps dans l’océan. Par contre, elle fait de la planche à neige, ce qui l’a sû­re­ment ai­dée. »

AU­THEN­TI­CI­TÉ

La jeune femme vou­lait que le film soit le plus au­then­tique pos­sible. « Dé­fi bleu fai­sait un tra­vail dé­cent, mais ils ont en­ga­gé des hommes pour re­pré­sen­ter des filles dans les scènes de surf, ce que je n’ap­prouve pas. »

La plu­part des per­son­nages du film re­pré­sentent des per­sonnes en chair et en os, in­cluant les per­son­nages dé­fen­dus par Un­der­wood et Lor­raine Nicholson, qui joue la meilleure amie de Ha­mil­ton, l’ex-sur­feuse Ala­na Blan­chard. C’est elle qui ac­com­pa­gnait Ha­mil­ton lors­qu’elle a été at­ta­quée par le re­quin.

« Ala­na de­meure ma chère amie et nous voya­geons beau­coup à tra­vers le monde en­semble. Nous vi­vons tou­jours dans notre pe­tit pa­te­lin. Car­rie, je pense, fait un tra­vail in­croyable en per­son­ni­fiant mon amie Sa­rah Hill, qui est elle aus­si très im­por­tante à mes yeux. »

D’un autre cô­té, sa prin­ci­pale ri­vale et en­ne­mie à l’écran (So­nya Bal­mores) est le fruit de l’ima­gi­na­tion. « C’est un per­son­nage fic­tif, mais l’ac­trice qui la joue est une bonne amie à moi dans la vraie vie. J’ai en quelque sorte ai­mé que son per­son­nage fi­gure dans l’histoire, parce que les va­che­ries et les ri­va­li­tés sont bien réelles dans le sport. J’aime qu’elles de­viennent des amies et qu’elles passent par-des­sus leur re­la­tion rosse. »

Son aven­ture avec le ci­né­ma étant pra­ti­que­ment ter­mi­née (elle s'achè­ve­ra avec la pro­mo­tion du film), Ha­mil­ton est im­pa­tiente de re­tour­ner à Ha­waï pour plon­ger à nou­veau dans l’en­traî­ne­ment. « Je ne suis vrai­ment pas une ac­trice, a-t-elle dit. Mais vous pour­riez un jour me voir dans un film, dans le cadre d’une ap­pa­ri­tion­sur­prise pour une scène de surf, jouant mon propre rôle. »

SOUL SUR­FER

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