Le tom­beur de ces dames

Se­lon la lé­gende (du moins Wi­ki­pé­dia), Rus­sell Brand a rem­por­té trois an­nées de suite le titre de Shag­ger of the Year (le plus beau torse poi­lu) de Grande-Bre­tagne. Dans les faits, le prix, qui est at­tri­bué par le quo­ti­dien bri­tan­nique The Sun, a même été

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ke­vin William­son

Brand s’est fi­na­le­ment ran­gé (en se ma­riant à la ve­dette pop Ka­ty Per­ry l’an der­nier), ce qui ne si­gni­fie pas que le sexe op­po­sé ait pour au­tant ces­sé de s’épou­mo­ner en le voyant. C’est d’ailleurs le cas d’He­len Mir­ren et de Gre­ta Ger­wig, qui jouent à ses cô­tés dans le re­make du clas­sique Ar­thur (1981).

« J’ai fait le film parce que j’ai ren­con­tré Rus­sell, s’est rap­pe­lée He­len Mir­ren, 65 ans, qui campe Hob­son, une nour­rice. Il m’a to­ta­le­ment sé­duite. Je lance un dé­fi à n’im­porte quel homme ou femme de pas­ser deux heures en sa com­pa­gnie, de ne pas être to­ta­le­ment en­voû­té, et de ne pas dire : “Oui, c’est beau, je vais faire tout ce que tu veux”. »

Ger­wig, pour sa part, n’avait pas be­soin qu’on lui fasse un tel nu­mé­ro de charme. Elle avait en fait suc­com­bé bien long­temps avant de jouer sa tendre moi­tié dans le film. « Je suis em­bar­ras­sée en ce mo­ment », a dit la Ca­li­for­nienne de 26 ans au cours d’une confé­rence de presse aux cô­tés de Brand et Mir­ren. « J’étais une ad­mi­ra­trice fi­nie de Rus­sell avant d’ar­ri­ver sur le pla­teau. Comme la plu­part des Amé­ri­cains, je l’ai dé­cou- vert dans le film Ou­blie Sa­rah Mar­shall. Et j’ai vi­sion­né avec at­ten­tion tous les ex­tras sur le DVD et les scènes cou­pées, puis je suis al­lée sur You­Tube et j’ai re­gar­dé cha­cun de ses nu­mé­ros. Tout ce­la, avant même que je sois au cou­rant qu’il y au­rait cette au­di­tion. »

Brand, lui, ne se laisse pas dis­traire par le bé­guin des éco­lières. « Je ne peux rien y faire pour le mo­ment, a-t-il dit. C’est une mer­veilleuse chose, mais une chose in­utile. Comme un ba­teau au beau mi­lieu de l’Ida­ho. »

Pour Ger­wig, son rôle dans Ar­thur est le plus im­por­tant qu’elle ait dé­cro­ché dans sa car­rière jus­qu’ici. Même si elle a dé­fen­du des rôles de sou­tien dans Green­berg (pe­tite amie de Ben Stiller) et dans Ça n’en­gage à rien (meilleure amie de Na­ta­lie Port­man), elle reste iden­ti­fiée au Mum­ble­core, une mou­vance du ci­né­ma in­dé­pen­dant amé­ri­cain née au dé­but du 21e siècle. Elle a joué no­tam­ment dans Ba­ghead, un film au bud­get fa­mé­lique. Brand se sou­vient du long pro­ces­sus d’au­di­tion pen­dant le­quel il a fait la connais­sance de nom­breux « es­poirs ». « Mais j’étais dé­jà ma­rié, alors je ne pou­vais pas en pro­fi­ter comme dans le bon vieux temps, qui avait une qua­li­té beau­coup plus pri­mi­tive. »

Lorsque Ger­wig a au­di­tion­né, « elle a fait cra­quer Rus­sell », a ré­vé­lé le réa­li­sa­teur Jason Wi­ner. « C’était la pre­mière fois que je voyais une chose pa­reille. J’ai aus­si re­mar­qué la dou­ceur qu’elle a dé­mon­trée à Rus­sell, la même que je vou­lais faire res­sor­tir dans le per­son­nage. En­semble, ils ont cette dou­ceur… Vous ai­mez Ar­thur pour son amour pour elle. »

LES YEUX DES SPEC­TA­TEURS

Et Ger­wig ad­met qu’elle pou­vait fa­ci­le­ment s’iden­ti­fier à son per­son­nage de femme sé­duite par l’uni­vers ex­tra­va­gant d’Ar­thur. « Je de­vais être les yeux des spec­ta­teurs. Je de­vais être éton­née en dé­bar­quant dans ce luxueux ap­par­te­ment. Je suis al­lée dans une uni­ver­si­té à New York, j’ai vé­cu à New York, mais je n’ai pas été éle­vée là-bas, alors j’ai fait l’ex­pé­rience de vi­si­ter un ami chez lui et de lui dire : “Tu vis dans une mai­son de ville de l’Up­per East Side, c’est ex­tra­or­di­naire.” J’ai vrai­ment ai­mé faire ce film et je sou­haite que les ci­né­philes res­sentent mon ex­ci­ta­tion et mon émer­veille­ment. » Il s’avère que, mal­gré son suc­cès, elle n’est pas en­core tom­bée dans au­cun piège de la cé­lé­bri­té. « Je conti­nue de vivre avec des colocataires, alors je crois que ma plus grande ten­ta­tion est de ren­trer à la mai­son à Sa­cra­men­to. »

Mais son sta­tut de ve­dette en de­ve­nir lui a quand même ap­por­té quelques avan­tages pen­dant la pro­duc­tion. « J’ai eu droit à une fête pour mon an­ni­ver­saire dans mon ap­par­te­ment, et toute l’équipe du film est ve­nue. »

AR­THUR

Rus­sell Brand et Gre­ta Ger­wig se donnent la ré­plique dans ce re­make d’Ar­thur.

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