UN RE­MAKE RA­TÉ

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ke­vin William­son

En­le­vez vos lu­nettes si vous pen­sez qu’Ar­thur est un clas­sique. Re­met­tez-les si vous pré­voyez al­ler voir le re­make in­utile qui en est ti­ré. Dire que je com­men­çais à peine à m’ha­bi­tuer à por­ter ces dam­nées lu­nettes 3D…

Quant à vous qui prô­nez l’abs­ti­nence et qui vous in­quié­tez de la pos­si­bi­li­té que le film Ar­thur pré­sente l’al­coo­lisme comme quelque chose d’hi­la­rant (ce qui était ap­pa­rem­ment le cas en 1981, bien avant Char­lie Sheen), ne vous in­quié­tez pas. Je n’ai pra­ti­que­ment pas ri pen­dant la pre­mière heure. Ce­la dit, après coup ça s’est amé­lio­ré. Tran­quille­ment.

Quand nous ren­con­trons Ar­thur Bach (Rus­sell Brand en rem­pla­ce­ment de Dud­ley Moore), il porte un cos­tume de Bat­man et dé­barque à Wall Street avec sa Bat­mo­bile. Ce pro­logue est mi­sé­rable.

Il s’avère que non, en fin de compte. Mais ce­la illustre bien ce qui cloche dans l’ou­ver­ture du film : c’est ca­ri­ca­tu­ral plu­tôt que char­mant, crasse plu­tôt que ma­lin. C’est seule­ment quand la bouf­fon­ne­rie laisse place au dé­ve­lop­pe­ment du per­son­nage que l’histoire d’Ar­thur cesse d’achop­per.

Pe­tit rap­pel de la ver­sion ori­gi­nale de Moore : vé­ri­table al­coo­lique, ce mil­liar­daire est confron­té à un ul­ti­ma­tum. Soit il se sou­met à un ma­riage ar­ran­gé avec une femme mon­daine et am­bi­tieuse (Jill Ei­ken­ber­ry) au nom de la res­pec­ta­bi­li­té, soit la for­tune fa­mi­liale lui échappe. Ce choix ne se­rait pas dif­fi­cile si, au même mo­ment, il ne suc­com­bait pas aux charmes d’une guide tou­ris­tique (Li­za Min­nel­li).

John Giel­gud était mé­mo­ra­ble­ment drôle dans le rôle du ma­jor­dome Hob­son. Dans l’en­semble, cette co­mé­die était sé­dui­sante, mais à peine apte à pas­ser à l’histoire, et on au­rait pu pen­ser qu’elle au­rait pu être fa­ci­le­ment amé­lio­rée.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.