Les his­toires vraies de Mé­li­na et Ch­loé

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Ma­rie-France Bor­nais

Régal d’ima­gi­na­tion et de fan­tai­sie, le deuxième épi­sode des aven­tures de Mé­li­na et Ch­loé est un hymne à l’en­fance et à la fa­mille sor­ti tout droit de l’ima­gi­naire de la pé­tillante Mar­tine La­tu­lippe. Écri­vain chou­chou des en­fants, des pa­rents et des en­sei­gnants, Mar­tine La­tu­lippe a pu­blié son pre­mier ro­man jeu­nesse en 1999. Elle n’a pas ar­rê­té de­puis et on lui doit plu­sieurs sé­ries très po­pu­laires : Ma­rie-P, Mouk le Monstre, Ju­lie, Lo­rian Lou­bier. S’ajoutent main­te­nant les deux al­bums de Ch­loé et Mé­li­na, dé­li­cieu­se­ment illus­trés par Fil et Ju­lie et des­ti­nés aux 4 ans et plus.

Dans cette deuxième aven­ture, in­ti­tu­lée Ce qui peut ar­ri­ver quand Mé­li­na et Ch­loé se font gar­der, Roxanne, la grande cou­sine de Mé­li­na et Ch­loé, ap­pa­raît pour une soi­rée. Elle a ap­por­té une énorme boîte à la mai­son. Qu’est-ce qui peut bien y être ca­ché? Des arai­gnées ve­lues? Des bé­bés dra­gons? Des plantes car­ni­vores?

Mar­tine La­tu­lippe s’est beau­coup amu­sée à créer cette histoire ra­fraî­chis­sante, ins­pi­rée par ses filles. « J’écris le texte, mais chaque fois que je re­çois les des­sins, Fil et Ju­lie ar­rivent à me je­ter par terre. Je trouve qu’ils donnent tout le sens au texte. Quel for­mi­dable duo! », s’ex­clame-t-elle.

Tout a l’air fa­cile... mais beau­coup de tra­vail se cache der­rière les 32 pages de l’al­bum. « J’ai fait une tren­taine de ro­mans avant de com­men­cer à faire des al­bums illus­trés et je m’ins­pire com­plè­te­ment de mes filles, Ch­loé et Mé­li­na. C’est vrai­ment leur per­son­na­li­té, leur fa­çon d’être que je re­pré­sente. Un peu comme une cour­te­pointe de mo­ments de notre quo­ti­dien. Pen­dant toute l’an­née, j’es­saie de por­ter une at­ten­tion spé­ciale aux pe­tits mo­ments qui sortent du quo­ti­dien, qui font que la jour­née de­vient ma­gique au lieu d’être or­di­naire, comme les autres. »

LONG TRA­VAIL

Le pro­pos, mais aus­si le ni­veau de langue et le vo­ca­bu­laire doivent s’ajus­ter à ses lec­teurs. « J’écris ma pre­mière ver­sion très spon­ta­né­ment, mais après, c’est beau­coup plus long. C’est un peu le tra­vail d’un ar­ti­san, comme si j’avais un mor­ceau de bois brut et que je de­vais le sculp­ter pour faire sor­tir l’histoire comme il faut. »

Pour réus­sir, elle lit son histoire à haute voix. « L’al­bum est fait pour être lu, en classe, à la gar­de­rie, au ser­vice de garde. Ce n’est pas l’en­fant qui lit : on lui ra­conte. Il faut que les so­no­ri­tés soient amu­santes, que ça coule. » Et reste quand même à épu­rer et fi­gno­ler pour ré­pondre aux exi­gences de Jen­ni­fer Trem­blay, l’édi­trice de La Ba­gnole.

Les grands mots, les ad­verbes, les phrases com­pli­quées dis­pa­raissent, mais reste une touche de ma­gie qui rend l’al­bum ir­ré­sis­tible. « Il ne faut pas que l’écri­ture soit froide. Ça me de­mande au­tant de tra­vail qu’un ro­man, parce que je ne veux pas dé­na­tu­rer le style et il faut ar­ri­ver à le faire en peu de mots. Ar­ri­ver à s’at­ta­cher aux per­son­nages en 30 pages plu­tôt qu’en 150 pages, c’est quelque chose! »

DANS LES ÉCOLES

Mar­tine La­tu­lippe est une vraie star des pré­sen­ta­tions sco­laires. « Cette an­née, j’en fais 90 et j’en ai re­fu­sé une tren­taine. Je trouve ça vrai­ment très agréable. C’est un con­tact qui va nour­rir beau­coup mon ima­gi­naire. J’ai été in­vi­tée en Suisse en jan­vier, dans 15 groupes qui étu­diaient ma sé­rie Ma­rie-P. » L’écri­vaine a un car­net de com­mande bien rem­pli. Deux ro­mans vont être pu­bliés cet au­tomne : le hui­tième Ju­lie et le sixième Ma­rie-P. Au prin­temps 2012, un ro­man d’hu­mour pour ados sor­ti­ra chez FouLire. Au cours des pro­chaines se­maines, Mar­tine se pro­mè­ne­ra dans la ré­gion de Qué­bec, puis se ren­dra à Moncton pour le plus im­por­tant fes­ti­val lit­té­raire du Ca­na­da At­lan­tique, le Nor­thern Frye. « Mon temps est par­ta­gé entre l’écri­ture, les sa­lons du livre et les pré­sen­ta­tions sco­laires. C’est un bel équi­libre. Ça me plaît beau­coup. Je ra­conte des his­toires aux jeunes et je leur trans­mets ma pas­sion du livre, de la lec­ture et des his­toires. »

MAR­TINE LA­TU­LIPPE

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