QUAND LE DÉ­SERT S’ÉVEILLE EN CA­LI­FOR­NIE

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Lise Gi­guère

BOR­RE­GO SPRINGS, Ca­li­for­nie | Dès notre en­trée dans le An­za-Bor­re­go De­sert State Park, on aper­çoit, au loin, juste au pied des mon­tagnes, une im­mense éten­due d’eau qui brille au so­leil. Que fait ce lac dans le dé­sert? Ce mi­rage, puisque c’en est un, n’est nul autre que Bor­re­go Springs, le seul village éta­bli au coeur d’un parc d’État.

Po­sé comme un bi­jou dans l’écrin in­hos­pi­ta­lier du dé­sert ca­li­for­nien, ce pe­tit village d’en­vi­ron 2 000 ha­bi­tants est vite de­ve­nu un re­paire pour les snow­birds qui font grim­per la population à 7 000 au prin­temps. Par­mi eux, de nom­breux ar­tistes de Hol­ly­wood qui ont vite consta­té que cet en­droit était idéal pour fuir les pa­pa­raz­zis.

Avec ses ha­bi­tants ré­par­tis un peu par­tout dans la val­lée, est-il be­soin de pré­ci­ser que son centre-ville est mi­nus­cule? Ici, pas de lu­mière de rue, pas de cir­cu­la­tion et pas de bruit. On peut en­tendre les cris des coyotes et, sur­tout, les chants des oi­seaux qui nous tur­lutent le bon­jour, le ma­tin, et nous font la sé­ré­nade, au mo­ment du cou­cher.

C’est le si­lence qui ponc­tue les jour­nées ; et, en soi­rée, dans cette nuit noire à peine trou­blée par de rares lu­mières ar­ti­fi­cielles, des mil­liers d’étoiles scin­tillent et semblent si près qu’on a l’im­pres­sion de pou­voir les cueillir en ten­dant les bras. Pas éton­nant que l’In­ter­na­tio­nal Dark-Sky As­so­cia­tion lui ait don­né la cer­ti­fi­ca­tion Dark Sky Com­mu­ni­ty.

LE DÉ­SERT EN FLEURS

Si la tem­pé­ra­ture idéale at­tire les vi­si­teurs entre fé­vrier et avril, c’est éga­le­ment le meilleur mo­ment pour as­sis­ter à l’éveil du dé­sert, alors que de cou­ra­geuses pe­tites fleurs se ha­sardent à for­mer un ta­pis mul­ti­co­lore dans cet en­vi­ron­ne­ment aride.

« On me de­mande sou­vent quel est le meilleur mo­ment pour voir le dé­sert en fleurs, ex­plique, en sou­riant, Lin­da Had­dock, di­rec­trice exé­cu­tive de la Chambre de com­merce de Bor­re­go Springs. Ici, à la blague, on dit que c’est le 10 mars aux en­vi­rons de 10 h »

Il est bien dif­fi­cile, en ef­fet, de pré­dire quand le dé­sert se trans­for­me­ra en un par­terre de fleurs. En fait, il n’y a rien de plus dif­fi­cile à pré­voir. De nom­breux fac­teurs sont à consi­dé­rer : la quan­ti­té de pluie qui est tom­bée pen­dant l’hi­ver (ex­cep­tion­nelle cette an­née), le so­leil, le vent et la tem­pé­ra­ture. En été, la tem­pé­ra­ture peut grim­per jus­qu’à 45 de­grés Cel­sius et, par­fois, at­teindre même jus­qu’à 60 de­grés. À de telles cha­leurs, rien ne ré­siste. Le dé­sert An­za-Bor­re­go fai­sant 2500 km2, il se­rait pré­somp­tueux de ten­ter de le dé­cou­vrir par soi-même; mieux vaut faire ap­pel à Ca­li­for­nia Over­land, qui offre une grande va­rié­té d’ex­cur­sions.

L’AVEN­TURE COM­MENCE

Uti­li­sant des vé­hi­cules mi­li­taires par­fai­te­ment adap­tés pour ce type de si­tua­tion, Joe, notre guide, nous en­traîne à tra­vers des che­mins ca­ho­teux pour des heures de pur émer­veille­ment. Mal­gré notre pro­pen­sion à croire que le dé­sert est sans vie, on constate bien vite qu’il n’en est rien. À tout mo­ment, cet homme calme et sou­riant, qui aime son dé­sert et le connaît par­fai­te­ment, pointe un nid d’aigle, un vau­tour, un pin­son dans son nid, un coyote in­dif­fé­rent, un lièvre en fuite ou un tout pe­tit lézard qui tente de se faire in­vi­sible.

Par­tout, il y a des fleurs, pe­tites, dé­li­cates, mais vi­brantes de vie et de cou­leurs cha­toyantes. Sur ses conseils, on sur­veille où l’on met les pieds pour ne pas pré­ci­pi­ter la des­truc­tion de cette flore qui ose dé­fier la sé­che­resse du dé­sert.

Avant d’en­tre­prendre la se­conde par­tie, qui fait la part belle aux ca­nyons ver­ti­gi­neux, aux fos­siles et aux ves­tiges d’an­ciens ranchs, Joe ins­talle des chaises, sous un grand arbre, pour un pique-nique au coeur de ce ma­jes­tueux pay­sage, dans ce si­lence trou­blé uni­que­ment par le chant des oi­seaux. Ins­tant su­blime.

Mal­gré sa beau­té, le dé­sert peut se trans­for­mer en piège pour les im­pru­dents, le plus grand dan­ger de­meu­rant cer­tai­ne­ment la pos­si­bi­li­té de suc­com­ber à ses charmes.

Il faut prendre des pré­cau­tions si on va dans le dé­sert de la Ca­li­for­nie : Ne pas sur­es­ti­mer ses ca­pa­ci­tés phy­siques et ne pas ten­ter de les dé­pas­ser, sur­tout en été, lors des grandes cha­leurs. Boire beau­coup d’eau. Quand on com­mence à sen­tir la soif, c’est que la déshy­dra­ta­tion a dé­jà com­men­cé. Ne ja­mais par­tir seul. De toute fa­çon, vous fe­rez de bien plus belles dé­cou­vertes avec les guides qui connaissent le dé­sert comme leur poche et qui sau­ront vous em­me­ner vers ce qui vous in­té­resse. Ap­por­tez un cha­peau, de bons sou­liers, de la crème pro­tec­trice et des verres fu­més.

PHO­TOS COURTOISIE ET LISE GI­GUÈRE, AGENCE QMI

1. Le dé­sert An­za-Bor­re­go, en Ca­li­for­nie, fleu­rit gé­né­ra­le­ment de fin fé­vrier à avril.

2. Le An­za-Bor­re­go De­sert State Park est si­tué en Ca­li­for­nie. 3. L’hô­tel Bor­re­go Springs Re­sort & Spa, si­tué au coeur du An­za-Bor­re­go De­sert State Park, en Ca­li­for­nie. 4. Le An­za-Bor­re­go De­sert State Park et le village de Bor­re­go Springs peuvent être un bel ajout aux voyages des nom­breux Qué­bé­cois qui se rendent au spec­tacle de Cé­line Dion, à Las Ve­gas.

5. Les or­ni­tho­logues sont nom­breux dans le dé­sert ca­li­for­nien An­za-Bor­re­go, lors de la flo­rai­son. 6. Les restes d'un an­cien ranch dans le dé­sert An­za-Bor­re­go, en Ca­li­for­nie

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