Le tour du monde GRIL du

Ste­ven Rai­chlen — le sym­pa­thique Amé­ri­cain qui a po­pu­la­ri­sé le pou­let à la ca­nette de bière — pro­pose avec Pla­nète bar­be­cue son livre le plus com­plet et le plus am­bi­tieux en car­rière. Il s’agit d’un vé­ri­table tour du monde gas­tro­no­mique qui fait voya­ger d

Le Journal de Quebec - Weekend - - CLIC! - Ma­rie-France Bor­nais √ Ste­ven Rai­chlen anime la sé­rie té­lé­vi­sée Le maître du gril, dif­fu­sée sur Zeste.

Lan­cé l’an­née der­nière en an­glais, Pla­nète bar­be­cue est vite ap­pa­ru sur la liste des best-sel­lers du New York Times. La tra­duc­tion fran­çaise vient tout juste d’être mise en mar­ché, à temps pour les pre­mières grillades de la belle sai­son. Il s’agit d’un ou­vrage très com­plet, in­tel­li­gent, abon­dam­ment illus­tré, où se re­trouvent les pointes d’hu­mour in­imi­tables de Ste­ven Rai­chlen.

Des 53 pays vi­si­tés au cours de trois an­nées de tra­vail, Ste­ven Rai­chlen est re­ve­nu avec des anec­dotes, des conseils et de nom­breuses re­cettes, fruit de ses en­tre­tiens avec des cui­si­niers d’un peu par­tout, tant dans les grands res­tau­rants et les hô­tels de luxe que dans les gar­gotes en bor­dure de che­min. Il a ar­pen­té sept conti­nents, à la re­cherche des meilleures sa­veurs grillées et fu­mées, de leurs ac­com­pa­gne­ments, et par­tage ses dé­cou­vertes avec un en­thou­siasme dé­bor­dant.

AGRÉABLE SUR­PRISE AU CAM­BODGE

« Le Cam­bodge m’a vrai­ment sur­pris. J’y suis al­lé parce qu’on me di­sait qu’il y avait des scènes du XIIe siècle gra­vées sur les pa­rois d’un des temples, Bayon (Ang­kor). Ils ont là-bas des es­pèces de ba­guettes en bam­bou di­vi­sées en deux par le mi­lieu, comme des pinces, où vous pou­vez mettre des pois­sons en­tiers, des mor­ceaux de pou­let, des cre­vettes em­bal­lées dans les feuilles de ba­na­nier. Et il y a 800 ans, les Cam­bod­giens fai­saient les mêmes es­pèces de grillades. C’est éton­nant. Je suis pro­ba­ble­ment le seul Amé­ri­cain qui est al­lé à Ang­kor Vat, un com­plexe de temples su­perbes, mais qui a trou­vé beau­coup plus d’in­té­rêt dans le par­king à cô­té des grands au­to­bus qui ame­naient les tou­ristes. Car là, il y avait des étals de grillades qu’ils servent aux chauf­feurs d’au­to­bus et aux guides tou­ris­tiques. Ça m’a ébloui! », ra­conte-t-il en fran­çais, en en­tre­vue té­lé­pho­nique de sa mai­son en Flo­ride.

Ste­ven Rai­chlen a eu de nom­breux coups de coeur au cours de ses voyages. Mos­cou, en Rus­sie, l’a éton­né. « J’y suis al­lé parce que j’ai vou­lu faire le tour des an­ciennes ré­pu­bliques so­vié­tiques, mais je ne pou­vais pas al­ler en Ouz­bé­kis­tan, au Turk­mé­nis­tan et au Ka­za­khs­tan, faute de temps. Mais à Mos­cou, je pou­vais man­ger dans les res­tau­rants turk­mènes, géor­giens, ka­za­khs. Je pou­vais faire le tour du monde so­vié­tique du bar­be­cue en res­tant très près du Krem­lin. J’ai spé­cia­le­ment ai­mé les grillades de l’Azer­baïd­jan. Après Mos­cou, j’ai dé­ci­dé de vo­ler toute la nuit pour me rendre à Ba­kou, où j’ai dé­cou­vert des mer­veilles de grillades. » Un autre pays, la Co­lom­bie, a com­plè­te­ment ren­ver­sé notre roi du bar­be­cue. « Quand on pense aux grillades d’Amé­rique du Sud, on pense au Bré­sil, à l’Ar­gen­tine, à l’Uru­guay. En Co­lom­bie, j’ai trou­vé des plats in­usi­tés comme le Lo­mo al tra­po, un fi­let de boeuf en croûte de sel cuit au tor­chon. « On rô­tit le tout, ça de­vient dur, on casse la croûte et à l’in­té­rieur, il y a un mor­ceau de viande sai­gnante, suc­cu­lente, ju­teuse, sa­lée, ex­tra­or­di­naire. » D’un bout à l’autre de la pla­nète, Ste­ven Rai­chlen a été très bien re­çu par les gens qu’il a ren­con­trés. Il faut dire qu’il est dé­jà pas­sa­ble­ment connu, ses livres ayant été tra­duits en fran­çais, en al­le­mand, en hol­lan­dais, en es­pa­gnol, en hon­grois. « Dans les pays où les gens sont pauvres comme le Cam­bodge, le Laos et le Viet­nam, les gens qui font des grillades pro­fes­sion­nel­le­ment sont vrai­ment au bas de l’échelle so­ciale : ils font des grillades, car ils n’ont pas de sous pour ache­ter un wok et un brû­leur au gaz. Nor­ma­le­ment, les jour­na­listes ne s’in­té­ressent pas à eux. Je suis ve­nu avec mes ap­pa­reils, un tra­duc­teur, un car­net, quelques-uns de mes livres. Je po­sais des ques­tions. J’ai mon­tré de l’in­té­rêt pour ce qu’ils fai­saient et je les ai ap­pré­ciés d’une ma­nière que peut-être même leurs conci­toyens ne fai­saient pas. »

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