le fu­tur Re­tour vers

L’hu­mour ab­surde Paul et Paul re­fait sur­face avec le jeune vé­té­ran Jacques Gri­sé, qui, après avoir en­fin sur­mon­té ses an­goisses, a dé­ci­dé de prendre la route avec son pre­mier spec­tacle, qui ra­con­te­ra son long che­mi­ne­ment comme hu­mo­riste.

Le Journal de Quebec - Weekend - - STARS - PIERRE O. NA­DEAU Jacques Gri­sé, en spec­tacle le 12 mai, au Théâtre Pe­tit Cham­plain, à Qué­bec.

Les plus vieux se rap­pel­le­ront qu’avant Ding et Dong, il y a eu Paul et Paul, un trio qui réunis­sait Claude Meu­nier, Serge Thé­riault et Jacques Gri­sé. En cinq ans, de 1976 à 1981, le joyeux trio qui in­ven­tait l’hu­mour ab­surde a fait un mal­heur dans les pe­tites et grandes salles du Qué­bec en en­chaî­nant trois spec­tacles dif­fé­rents.

« Au­jourd’hui, nos hu­mo­ristes peuvent pro­me­ner un spec­tacle du­rant trois ou quatre ans; nous, nous ap­por­tions un nou­veau spec­tacle après avoir rou­lé l’an­cien du­rant à peine un an, un an et de­mi. C’était tout un dé­fi d’écri­ture. »

Les deux pre­miers spec­tacles ont connu un suc­cès fa­bu­leux, mais le troi­sième a été un échec après avoir été dé­mo­li par la cri­tique. C’est là que Paul et Paul s’est dis­sous. « Contrai­re­ment à ce qui a été dit, non, il n’y a pas eu de chi­cane; nous nous sommes quit­tés en bons termes. Quand Claude Meu­nier m’a té­lé­pho­né pour m’an­non­cer qu’il créait un nou­veau spec­tacle avec Serge Thé­riault en re­pre­nant le nu­mé­ro à suc­cès de Ding et Dong (un des mo­ments forts de Paul et Paul), je lui ai dit que c’était une ex­cel­lente idée, et je leur ai sou­hai­té bonne chance. Je suis al­lé voir leur spec­tacle et j’ai beau­coup ri. »

LA PA­TER­NI­TÉ DE DING ET DONG

Il faut at­tri­buer à Jacques Gri­sé la pa­ter­ni­té de Ding et Dong. Il avait ren­con­tré Claude Meu­nier sur les bancs du cé­gep. « Comme le prof de grec était plate, on s’est mis à im­pro­vi­ser de­vant la classe. Le nombre d’élèves se mul­ti­pliait de se­maine en se­maine », se sou­vient Jacques Gri­sé en riant.

C’est en for­mule de duo qu’ils ont pré­sen­té leurs pre­miers spec­tacles. « Ce n’était pas fa­cile de gar­der le rythme du spec­tacle à deux avec tous les chan­ge­ments de cos­tumes; alors j’ai dit à Claude qu’il nous fal­lait un troi­sième com­plice. Et j’ai tout de suite pen­sé à Serge Thé­riault, qui évo­luait alors comme co­mé­dien dans la po­pu­laire té­lé­sé­rie Quelle fa­mille!. Il per­for­mait aus­si sur scène ou sein de la troupe La que­nouille bleue avec entre autres Mi­chel Ri­vard. »

Lors­qu’on de­mande à Jacques Gri­sé s’il a un peu l’im­pres­sion d’être pas­sé à cô­té du mil­lion, il ré­pond : « Non parce que après l’aven­ture de Paul et Paul, je me suis lan­cé dans l’aven­ture de la té­lé; c’était aus­si ‘‘tri­pant’’, et je fai­sais pas mal d’ar­gent. »

Il met­tra son ta­lent de scrip­teur et de re­cher­chiste au­près de plu­sieurs per­son­na­li­tés de la té­lé, dont So­nia Be­nez­ra, Pa­trice l’Écuyer et Gregory Charles quand cha­cun ani­mait son talk-show. On lui doit aus­si plu­sieurs des gags de

Sur­prise sur prise. De 1979 à 1992, le nom de Jacques Gri­sé fut aus­si as­so­cié au ma­ga­zine d’hu­mour à suc­cès Crocs.

En­core au­jourd’hui, il est ac­co­lé à la té­lé, ayant ser­vi der­niè­re­ment comme re­cher­chiste pour la pro­chaine sé­rie de Louis Saia por­tant sur l’uni­vers des huis­siers.

« PRENDRE LE CRA­CHOIR »

Et parce qu’il avait le goût de se faire plai­sir, il a dé­ci­dé de « prendre le cra­choir » et de mon­ter son pre­mier spec­tacle so­lo, qu’il vien­dra pré­sen­ter le jeu­di 12 mai, au Théâtre Pe­tit Cham­plain, à Qué­bec.

« Je m’en viens ra­con­ter des anec­dotes de car­rière, comme cette fois où en tour­née avec Paul et Paul, Meu­nier et Thé­riault m’ont ou­blié sur le bord du che­min à Ta­dous­sac, alors que j’étais des­cen­du de l’au­to pour al­ler pis­ser. Ils pen­saient que je m’étais al­lon­gé sur le banc ar­rière comme j’avais l’ha­bi­tude de le faire. Ils ont dé­cou­vert mon ab­sence alors qu’ils étaient ar­ri­vés près de Qué­bec... »

Jacques Gri­sé pré­fère l’éti­quette de ra­con­teur à celle d’hu­mo­riste « parce que je ne fais pas du stand up tra­di­tion­nel », ter­mine le joueur de tours qui s’est dé­jà fait ar­rê­ter par la po­lice amé­ri­caine après avoir ou­blié une barre de cho­co­lat dans son ca­le­çon dans son imi­ta­tion pu­blique de Tom Jones!

PHO­TO COURTOISIE

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