Paul Si­mon, la beau­té de la li­ber­té

TO­RON­TO | Après plus de 50 ans de car­rière, Paul Si­mon lan­çait, mar­di, son 12e al­bum so­lo, So Beau­ti­ful or So What. L’au­teur-com­po­si­teur-in­ter­prète de 69 ans a avoué tou­te­fois ne pas res­sen­tir la même ex­ci­ta­tion que lors­qu’il sor­tait un al­bum dans les an

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Dar­ryl Ster­dan

« J’étais plus ex­ci­té, à l’époque, mais c’est pro­ba­ble­ment parce que presque tout m’ex­ci­tait », a confié Si­mon, joint après une jour­née de ré­pé­ti­tions dans un stu­dio du Con­nec­ti­cut.

« Tou­te­fois, ce nou­vel al­bum m’en­chante ; je ne veux sur­tout pas don­ner l’im­pres­sion que ce n’est pas le cas », s’est-il em­pres­sé d’ajou­ter.

Le chan­teur a de quoi se ré­jouir. Son al­bum So Beau­ti­ful or So What a été sa­lué par la cri­tique, qui l’a pré­sen­té comme l’un de ses meilleurs opus des der­nières dé­cen­nies. C’est son mé­lange im­pec­cable de dif­fé­rents styles qui plaît, avec, au pre­mier plan, le folk acous­tique et l’afro-pop, aux­quels se greffent des rythmes de gos­pel et de pop or­ches­trale et des pa­roles ins­pi­rées par l’amour, la vie, la mort et la spiritualité.

Ce­lui qui se pré­pare à prendre la route, avec son équipe, pour une tour­née de spec­tacles (qui com­prend un ar­rêt à To­ron­to, le 6 mai pro­chain) a par­lé de son ob­ses­sion de l’écri­ture, de son ap­pren­tis­sage de l’es­pa­gnol et de sa col­la­bo­ra­tion avec Ar­thur Gar­fun­kel.

Vous avez dé­jà dit que vous pré­fé­riez être en stu­dio plu­tôt que d’écrire des chan­sons. Pour­quoi ?

C’est pro­ba­ble­ment la par­tie la plus agréable du pro­ces­sus. J’aime créer des so­no­ri­tés et des rythmes, jouer de la gui­tare. Je pré­fère, de loin, com­po­ser des mé­lo­dies que d’écrire des pa­roles, car c’est vrai­ment la par­tie la plus dif­fi­cile. Tou­te­fois, quand je par­viens à écrire une bonne chan­son, je suis vrai­ment heu­reux. Pour moi, la dé­fi­ni­tion d’une bonne chan­son, c’est quand j’y crois. Elle n’a pas be­soin d’être par­ti­cu­liè­re­ment in­gé­nieuse ou de ré­in­ven­ter le genre. Si elle dit quelque chose que j’en­dosse, alors, je suis à l’aise. Il y a tou­te­fois de nom­breux su­jets que je ne sou­haite pas abor­der dans une chan­son, par exemple, la po­li­tique. Je pré­fère ne pas écrire de chan­sons po­li­ti­sées. J’en ai dé­jà écrit quelques-unes, mais je n’ai ja­mais été vrai­ment bon pour ce genre de choses. Les gens sont tel­le­ment di­vi­sés sur cette ques­tion, de nos jours, que ça de­vient dé­li­cat. Pour cer­tains, vous de­ve­nez comme un pré­di­ca­teur, mais les autres ne sont pas in­té­res­sés à en­tendre ce que vous avez à dire. Ain­si, pour­quoi s’em­bê­ter ?

Est-ce que votre âge ajoute une cer­taine no­tion d’ur­gence à votre mu­sique ou, au contraire, vous sen­tez-vous da­van­tage af­fran­chi comme ar­tiste ?

Je res­sens un sen­ti­ment de li­ber­té. Je sais que je suis au­jourd’hui moins sus­cep­tible de pro­duire un hit qui trô­ne­ra au som­met des pal­ma­rès, mais ça m’im­porte peu. J’ai ma propre opi­nion sur mon tra­vail et sur la qua­li­té de mes chan­sons. Ce n’est pas vrai­ment im­por­tant, pour moi, ce que les autres en disent, qu’ils louangent mon tra­vail ou qu’ils le cri­tiquent. Je suis, mal­gré tout, cu­rieux de connaître la ré­ac­tion du pu­blic, mais ça ne chan­ge­ra pas ma per­cep­tion de mon tra­vail.

Pour­quoi jouez-vous dans de pe­tites salles plu­tôt que dans de grands aré­nas ?

C’est parce que le son y est bien meilleur ; ça suf­fit pour me rendre heu­reux. En outre, ça per­met d’at­ti­rer, avant tout, mon « noyau dur » d’ad­mi­ra­teurs. Je peux ain­si jouer plus de chan­sons de mon ré­per­toire. Dans une pe­tite salle, les gens sont plus at­ten­tifs.

Ar­thur Gar­fun­kel et vous avez dû an­nu­ler votre tour­née ca­na­dienne l’été der­nier en rai­son des pro­blèmes vo­caux de votre aco­lyte ? Com­ment se porte-t-il, au­jourd’hui?

Il a ré­cem­ment pu­blié un com­mu­ni­qué pour dire qu’il se­rait en me­sure de re­prendre ses ac­ti­vi­tés vers la fin de l’an­née. J’es­père que ça se concré­ti­se­ra. Il ne semble pas y avoir de mé­di­ca­ments qui puissent ai­der. Il doit donc se re­po­ser, ou re­cou­rir à dif­fé­rents types de mé­de­cine al­ter­na­tive. Si son pro­blème de voix fi­nit par se ré­soudre, nous re­pren­drons la tour­née et fe­rons les spec­tacles annulés.

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