Peut-on PAR­DON­NER?

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger CE­DRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Isa­belle Blais ve­nait à peine de don­ner nais­sance à un pe­tit gar­çon quand elle a tour­né Le prix à payer, long-mé­trage dans le­quel son per­son­nage ac­couche d'un bé­bé mort-né après avoir été vic­time d'un dé­lit de fuite.

Sur une échelle de 1 à 10 des tour­nages ar­dus sur les émo­tions, Le prix à payer (le titre ori­gi­nal est The High Cost of Li­ving) ob­tient sû­re­ment un 11 pour la co­mé­dienne qué­bé­coise.

« Le tour­nage a été éprou­vant, confirme-telle. Phy­si­que­ment, parce que la pro­thèse que je traî­nais était as­sez lourde, et psy­cho­lo­gi­que­ment parce que j'étais dans des émo­tions as­sez lourdes, noires et dra­ma­tiques. Quand je fi­nis­sais mes jour­nées, j'étais fa­ti­guée et j'avais hâte d'en­le­ver ma be­daine. »

Dans ce pre­mier long-mé­trage de la Ca­na­dienne De­bo­rah Chow, Isa­belle Blais campe Na­tha­lie, une jeune femme en­ceinte de huit mois quand Hen­ry (Zach Braff) la heurte avec sa voi­ture et prend la fuite, la lais­sant gi­sant sur la route.

Sub­mer­gé par les re­mords, Hen­ry par­vient à en­trer en con­tact avec Na­tha­lie et, sans lui dé­voi­ler qu'il est la cause de ses mal­heurs, lui offre de l'aide et même le gîte. Au mo­ment où l'af­faire Ber­trand Can­tat inonde l'ac­tua­li­té, Le prix à payer aborde aus­si les no­tions de par­don et de ré­demp­tion, re­marque la co­mé­dienne.

« Peut-on par­don­ner?, de­mande-t-elle tout haut. Dans le contexte, c'est un peu par­ti­cu­lier parce que Na­tha­lie ap­prend à connaître Hen­ry, donc à voir que c'est une per­sonne qui a des qua­li­tés. Ça com­plique tout. Avoir su avant qu'il est le cou­pable, c'est clair qu'il n'y au­rait eu au­cune re­la­tion pos­sible. Mais elle est tel­le­ment dans le be­soin et il l'aide, alors elle prend tout ça les bras ou­verts », ana­lyse Isa­belle Blais, dont la condi­tion de jeune ma­man l'a évi­dem­ment ame­née à se de­man­der com­ment elle abor­de­rait une si­tua­tion aus­si dra­ma­tique.

« Je ne sais pas com­ment je ré­agi­rais. La fibre ma­ter­nelle était toute ré­cente dans ma vie et la sen­si­bi­li­té était très grande parce que je ve­nais de vivre ça. Ça m'a nour­rie d'une cer­taine ma­nière. Même si tu ne veux pas t'ima­gi­ner le pire, ce sont des scé­na­rios que tu te fais pa­reil. »

EN AN­GLAIS AVEC L'AC­CENT

En plus d'abor­der un thème dif­fi­cile, Le prix à payer est une oeuvre où l'an­glais pré­do­mine. Même si son per­son­nage est fran­co­phone, la ma­jo­ri­té des ré­pliques d'Isa­belle Blais était donc dans la langue de Sha­kes­peare.

« Ça de­mande plus de tra­vail, mais j'avais dans ce film la pos­si­bi­li­té de gar­der mon ac­cent. À cause peut-être des États-Unis, on tente de se faire pas­ser pour des Amé­ri­cains pour avoir plus de tra­vail. On es­saye tout le temps d'uni­for­mi­ser. Mais l'im­por­tant, c'est de se com­prendre. Je trouve que c'est une chance que j'ai eue d'être une Qué­bé­coise dans un film en an­glais », dit-elle, se di­sant ou­verte à « toutes les pos­si­bi­li­tés » dont celle d'al­ler tour­ner à l'étran­ger.

« Je suis prête à ou­vrir des portes avec plus de vo­lon­té et de convic­tion qu'avant car j'ai une en­vie plus grande de me mettre sous la dent des su­per per­son­nages. Ça m'est ar­ri­vé juste une fois. J'étais al­lée tour­ner deux mois en Aus­tra­lie. Mais je ne suis pas prête à m'ins­tal­ler ailleurs. Par­fois, il faut dé­mé­na­ger pour réus­sir à per­cer dans un autre mar­ché. Je suis prête à tra­vailler ailleurs, mais Montréal res­te­ra tou­jours ma ville. »

DANS LA MU­SIQUE

Le prix à payer est le seul film dans le­quel on ver­ra Isa­belle Blais en 2011. Son agen­da ne contient qu'un seul autre tour­nage, ce­lui de la deuxième sai­son de la sé­rie té­lé­vi­sée Pro­zac.

La co­mé­dienne pro­fite de l'ac­cal­mie pour re­lan­cer son groupe Caï­man Fu.

« Nous sommes en train de com­po­ser et on pré­voit en­re­gis­trer à l'au­tomne. Sou­vent, les tour­nages s'ar­rê­taient au dé­but de l'au­tomne et l'hi­ver de­vient donc un bon temps pour écrire. »

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