BON­HEUR Le est sur le che­min

Les an­nées 60 sont un vé­ri­table ai­mant pour les ci­néastes qué­bé­cois, qui s’y sont aven­tu­rés à de nom­breuses re­prises ces der­nières an­nées, la ma­jo­ri­té du temps avec suc­cès, comme c’est le cas pour le der­nier en lice, Frisson des col­lines.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger

Os­cil­lant entre ré­cit au­to­bio­gra­phique et re­gard lu­dique sur une époque où tout sem­blait per­mis, ce pre­mier long mé­trage en fran­çais de­puis dix ans du réa­li­sa­teur Ri­chard Roy nous ra­mène di­rec­te­ment en 1969, quand Neil Arm­strong a mar­ché sur la Lune et Ji­mi Hen­drix a dé­truit l’hymne na­tio­nal amé­ri­cain sur la scène de Wood­stock.

C’est du­rant cet été que Frisson des col­lines (An­toine-Oli­vier Pi­lon), un ga­min de douze ans du village de Sainte-Agasse, est de­ve­nu un homme.

Pen­dant que sa mère (Anick Le­may) pleure la mort tra­gique de son ma­ri (Pa­trice Ro­bi­taille), le blon­di­net Frisson vit des va­cances sexe, drogue et rock’n’roll.

Se­crè­te­ment amou­reux de son en­sei­gnante (Éve­lyne Bro­chu), il l’es­pionne quand elle se dé­vêt dans sa mai­son.

Avec son ami le gros Thi­bault, il fait la pluie et le beau temps, au grand dam de Bur­ger (An­toine Ber­trand), leur cible de pré­di­lec­tion. Mais l’ob­jec­tif ul­time, c’est d’al­ler voir Ji­mi Hen­drix à Wood­stock. Et comme son père n’est plus, les es­poirs de Frisson re­posent dé­sor­mais sur les épaules de l’ami de son père, le mo­tard Tom Fau­cher (Guillaume Le­may-Thi­vierge), qu’il ne lâche pas d’une se­melle. Pour­ra-t-il le convaincre de lui faire une place sur sa Har­ley?

SOU­VE­NIRS D’EN­FANCE

Ri­chard Roy est ori­gi­naire de Saint-Aga­pit et a pi­gé dans ses sou­ve­nirs d’en­fance pour créer un film mignon et sans pré­ten­tion, illu­mi­né des cou­leurs vives d’une autre époque.

À la dif­fé­rence des autres oeuvres ( C.R.A.Z.Y, C’est pas moi je le jure, Ma­man

est chez le coif­feur...) consa­crées aux an­nées 60 et met­tant en scène une fa­mille en crise,

Frisson des col­lines ne met pas l’ac­cent sur le drame, même si on y ef­fleure le deuil et la vio­lence do­mes­tique entre autres.

Roy a pré­fé­ré joué la carte du feel good

movie, choix ju­di­cieux d’au­tant plus qu’il a eu la main heu­reuse en re­grou­pant une équipe d’ac­teurs en phase avec le ton du ré­cit. À com­men­cer par le jeune An­toine-Oli­vier Pi­lon, qui montre de belles pro­messes dans ce pre­mier em­ploi au grand écran.

Cer­tains choix scé­na­ris­tiques de­meurent dis­cu­tables. Ain­si, à l’ex­cep­tion d’une scène où il crie sa rage, Frisson ne semble pas souf­frir outre me­sure du dé­cès de son père.

Quant à l’idylle entre Tom et la belle en­sei­gnante, elle était té­lé­gra­phiée, tout comme un re­tour­ne­ment de si­tua­tion, en fi­nale, clai­re­ment des­ti­né à sa­tis­faire les bons sen­ti­ments du pu­blic.

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