Dé­cla­ra­tion d’amour au Bré­sil

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Jim Slo­tek

Réa­li­sa­teur : Car­los Sal­dan­ha.

Dis­tri­bu­tion : les voix de Jesse Ei­sen­berg, Anne Ha­tha­way et George Lo­pez. À l’af­fiche. Tout d’abord, un aver­tis­se­ment s’im­pose de la part du parent ex­pé­ri­men­té que je suis : quand le sucre du comp­toir à bon­bons at­teint le cer­veau des en­fants, quelque chose de lu­mi­neux et d’en­dia­blé doit se dé­ployer sur le grand écran pour se syn­chro­ni­ser avec tous ces neu­rones en fo­lie.

Sur ce point, le long mé­trage d’ani­ma­tion

Rio, vé­ri­table dé­cla­ra­tion d’amour faite au Bré­sil, est le plus touf­fu et aveu­glant film ayant ja­mais ob­te­nu un vi­sa gé­né­ral. Il prend l’af­fiche dans les ci­né­mas cette se­maine.

La pa­lette de cou­leurs à la­quelle a eu re­cours le réa­li­sa­teur bré­si­lien Car­los Sal­dan­ha est si exa­gé­rée qu’il vau­drait mieux por­ter des lu­nettes de so­leil à la place des lu­nettes 3D.

De­puis son ou­ver­ture dans la fo­rêt tro­pi­cale, où des di­zaines d’oi­seaux exo­tiques volent dans une cho­ré­gra­phie de mu­sique sam­ba jus­qu’aux scènes de car­na­val, en pas­sant les pa­no­ra­mas à cou­per le souffle de Rio de Janeiro et les sur­vols de la gi­gan­tesque sta­tue art dé­co du Ch­rist Ré­demp­teur, il y a tou­jours quelque chose qui brille dans le film, ce qui met à mal votre ca­pa­ci­té de concen­tra­tion.

MINCE HISTOIRE

Toute cette sur­brillance est là, sans sur­prise, pour faire ou­blier le fait que l’histoire est mince. Il y a eu tant de films d’ani­ma­tion dans les­quels des hu­mo­ristes sur­payés ont cam­pé des ani­maux-clowns (re­tour­nons jus­qu’à

Alad­din en 1992), qu’il de­vrait main­te­nant exis­ter un mo­dèle in­for­ma­tique pour en écrire les scé­na­rios. Il suf­fi­rait de chan­ger le lieu géo­gra­phique et l’es­pèce concer­née, et bin­go, tout se­rait ré­glé.

À Rio, après que l’hom­mage aviaire ren­du aux co­mé­dies mu­si­cales des an­nées 1930 fut bru­ta­le­ment in­ter­rom­pu, un bé­bé per­ro­quet, un ara bleu, est ex­pé­dié par des bra­con­niers dans le froid État amé­ri­cain du Min­ne­so­ta. Après un ac­ci­dent de ca­mion, l’oi­seau fi­nit aux bons soins d’une pe­tite fille pré­nom­mée Lin­da, qui le bap­tise « Bleu ». Dans une scène ins­pi­rée du film Là-haut, Bleu et Lin­da gran­dissent en­semble dans un mon­tage sans pa­roles.

Une fois de­ve­nus grands, Lin­da et Bleu prennent res­pec­ti­ve­ment les voix de Les­lie Mann et de Jesse Ei­sen­berg (ce der­nier lui donne un ton ty­pique de pe­tit gé­nie, ce qui n’échap­pe­ra d’ailleurs pas aux autres oi­seaux qui le trai­te­ront de « nerd » pour mar­te­ler ce point).

Un jour, un or­ni­tho­logue bré­si­lien nom­mé Tu­lio (Ro­dri­go San­to­ro) dé­barque dans la li­brai­rie de Lin­da pour lui dire que Bleu est le der­nier mâle de son es­pèce, et qu’il se­rait cri­mi­nel de ne pas l’ac­cou­pler avec la der­nière fe­melle, Jewel (Anne Ha­tha­way).

Pro­chain ar­rêt, Rio, où des cri­mi­nels hu­mains se sont joints à des ani­maux du même aca­bit, no­tam­ment le vi­lain ca­ca­toès Ni­gel (Je­maine Cle­ment), pour kid­nap­per Blue et Jewel, et ain­si ti­rer pro­fit d’eux alors que le car­na­val de Rio bat son plein.

Le point culmi­nant de la scène de pour­suite a ef­fec­ti­ve­ment lieu en plein mi­lieu du dé­fi­lé, une ex­plo­sion de cou­leurs et d’ac­tion qui peut fa­ci­li­ter la prise de contrôle du cer­veau des en­fants ayant abu­sé des su­cre­ries. Un vrai bo­ni pour les pa­rents!

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.