Unamour in­ter­dit

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Jim Slo­tek

C’est peut-être parce qu’il est un uni­ver­si­taire à temps par­tiel dans la qua­ran­taine que Josh Lu­cas af­firme qu’il pré­fère la com­pa­gnie des jeunes ac­teurs. En at­ten­dant la sor­tie de Daydream Na­tion, dans le­quel il joue le rôle d’un en­sei­gnant au se­con­daire ayant une liai­son avec une étu­diante re­belle (Kat Den­nings), l’ac­teur ac­cla­mé par le pu­blic a conti­nué à fré­quen­ter l’Uni­ver­si­té de New York pen­dant l’an­née, ac­cu­mu­lant les cré­dits en étu­diant l’histoire de l’art.

L’ac­teur se sent donc très confor­table à l’idée d’être le seul adulte dé­fen­dant un rôle prin­ci­pal dans le drame Day

dream Na­tion. « C’était in­té­res­sant de tra­vailler avec eux », ex­plique-t-il, fai­sant ré­fé­rence à la dis­tri­bu­tion d’ado­les­cents et de jeunes dans la ving­taine choi­sis par le di­rec­teur ca­na­dien Mike Gold­bach et de cette ex­pé­rience de tra­vail en Co­lom­bie-Bri­tan­nique.

« Tu re­viens du tra­vail, t’as­soies de­vant ton or­di­na­teur, tu joues pra­ti­que­ment la mu­sique de l’autre et tu es­saies de sur­pas­ser ce­lui qui a la mu­sique la plus in­té­res­sante et la plus éclec­tique ja­mais en­ten­due. En fait, c’est une ses­sion de DJ par or­di­na­teur. »

« Kat a ga­gné haut la main », a-t-il ex­pli­qué alors qu’il fai­sait la pro­mo­tion de son film au Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de films de To­ron­to. « Elle a dé­ni­ché une chan­son des Beatles ti­rée d’un al­bum que per­sonne n’a ja­mais en­ten­due. J’était comme “Hey, com­ment se fait-il que je n’aie pas en­ten­du ce­la avant ?” »

« Il y a une ex­ci­ta­tion, une vi­bra­tion et une soif que les jeunes ac­teurs ont en­vers leur car­rière. Les ac­teurs plus vieux sont sou­vent as­sez grin­cheux. C’est la norme se­lon où les gens sont ren­dus dans leur vie. »

DÉ­PRI­MANTE VILLE IN­DUS­TRIELLE

Au­cune ex­ci­ta­tion pour­tant ne se re­trouve dans cette dé­pri­mante ville in­dus­trielle où le per­son­nage ur­bain et mé­con­tent de Den­nings, Ca­ro­line, dé­mé­nage au dé­but de Day

dream Na­tion (le titre du film est ti­ré d’un al­bum de So­nic Youth). Un in­cen­die de pneus laisse la ville dans un nuage chi­mique, les étu­diants sont des dro­gués et il y a aus­si un tueur en sé­rie. Déses­pé­rée par cette at­mo­sphère mo­ri­bonde, Ca­ro­line s’en­nuie, sé­duit son pro­fes­seur (Lu­cas) et joue aus­si avec l’af­fec­tion d’un de ses ca­ma­rades de classe, Thurs­ton (Reece Thomp­son). Les pre­mières im­pres­sions fondent dou­ce­ment. Le beau et lit­té­raire M. An­der­son com­mence à dé­mon­trer ses dé­fauts cachés alors que Thurs­ton com­mence à ré­vé­ler la pro­fon­deur de sa per­son­na­li­té.

Iro­ni­que­ment, Lu­cas a briè­ve­ment fré­quen­té la même école d’Orange Coun­ty où la pro­fes­seure Ma­ry Kay Le­Tour­neau a été ar­rê­tée dans les an­nées 90 pour avoir eu une aven­ture avec un étu­diant pré­nom­mé Vi­li Fua­laau.

« Peu de gens savent qu’ils se sont ma­riés et qu’ils ont au­jourd’hui trois en­fants, dit Lu­cas. Elle était en­sei­gnante quand j’y étu­diais alors j’ai sui­vi com­ment ce­la s’est dé­ve­lop­pé. C’est ce qui fait qu’un film comme Daydream Na­tion est si amu­sant pour moi à re­gar­der. C’est in­té­res­sant et com­pli­qué et ce­la me rap­pelle beau­coup de choses que j’ai vues et connues dans ma vie. »

« Ce qu’il y a avec le fait de jouer un per­son­nage qui est si ri­di­cu­leu­se­ment tra­gique, se­lon moi, c’est qu’il est vrai.

C’est un bon gar­çon qui es­saie d’être un bon en­sei­gnant, et boum, sou­dai­ne­ment, il se fait sé­duire. Il passe alors d’un per­son­nage nor­mal à un autre sau­va­ge­ment amou­reux, sau­va­ge­ment ex­ci­té, qui croit sou­dai­ne­ment qu’il est un écri­vain ex­tra­or­di­naire, un ex­cellent pro­fes­seur et il en est dingue. Il n’y a rien de tout ce­ci qui est vrai. Ce n’est pas un homme qui es­saie de cou­cher avec ses étu­diantes, ce­la ne lui a ja­mais trans­per­cé l’es­prit au­pa­ra­vant. »

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