Un Don­nie Dar­ko nou­veau genre

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin

Dix ans après la sor­tie du film culte Don­nie Dar­ko, le ci­néaste Mi­chael Gold­buch pro­pose un pre­mier long mé­trage qui en est for­te­ment ins­pi­ré. Voi­ci Dayd

ream Na­tion, un tri­angle amou­reux, sur fond d’apo­ca­lypse et de ques­tion­ne­ments ado­les­cents.

Don­nie Dar­ko avait sé­duit en 2001 par sa vi­sion fu­tu­riste et mys­té­rieuse. Lorsque Daydream Na­tion a été pré­sen­té l’an der­nier, dans dif­fé­rents fes­ti­vals, cer­tains ont dit que l’oeuvre de Mi­chael Gold­buch rap­pe­lait le tra­vail de Da­vid Lynch et qu’elle était une sorte de Don­nie Dar

ko plus lu­mi­neuse. Il ne fau­drait tou­te­fois pas s’em­por­ter avec ces com­men­taires un peu trop élo­gieux. Bien qu’il com­prenne sa part de qua­li­tés, le film de Mi­chael Gold­buch n’est pas dé­pour­vu de dé­fauts et il s’avère bien moins réus­si que le long mé­trage de Ri­chard Kel­ly.

L’histoire se dé­roule dans un pe­tit village de la Co­lom­bie-Bri­tan­nique. Ca­ro­line Wex­ler (Kat Den­nings) a 17 ans et elle vient d’y dé­mé­na­ger avec son père. Dans le village, un feu in­dus­triel brûle en per­ma­nence et tous les étu­diants de l’école semblent dro­gués. Voi­là pour la com­pa­rai­son avec Don­nie Dar­ko.

Elle qui doit re­par­tir à zé­ro en se fai­sant de nou­veaux amis, Ca­ro­line tombe plu­tôt sous le charme de son pro­fes­seur, Mr An­der­son (Josh Lu­cas). Pen­dant ce temps, un autre étu­diant est se­crè­te­ment amou­reux de la jo­lie bru­nette.

Au ni­veau de l’em­bal­lage, cette pro­duc­tion ca­na­dienne est vi­suel­le­ment réus­sie. Au­tant au ni­veau des plans, de la réa­li­sa­tion et du mon­tage, on a droit à une oeuvre pro­fes­sion­nelle qui n’a rien à en­vier à d’autres pro­duc­tions amé­ri­caines à plus gros bud­get.

As­su­ré­ment un grand mé­lo­mane, Gold­buch a ponc­tué son film de nom­breuses chan­sons in­té­res­santes. On y en­tend entre autres Beach House, Stars, Bro­ken So­cial Scene et Emi­ly Haines.

TROP DE GENRES

Dans le rôle-titre, Kat Den­nings dé­croche un autre per­son­nage à sa me­sure, après le très bon Nick and No­rah’s

In­fi­nite Play­list. Mais cette fois-ci, la jeune femme porte la grande ma­jo­ri­té du ré­cit sur ses seules épaules.

La pre­mière par­tie du film est cré­dible et on croit à cette histoire de tri­angle amou­reux entre Ca­ro­line, son en­sei­gnant et un autre étu­diant. Mais sans qu’on ne l’ait vu ve­nir, la co­mé­die dra­ma­tique bas­cule dans un genre de pseu­do thril­ler dif­fi­cile à croire. À vou­loir tou­cher à plu­sieurs genres, Mi­chael Gold­buch se perd com­plè­te­ment.

Aus­si, on se de­mande bien quel était l’in­té­rêt d’ajou­ter l’as­pect des meurtres en sé­rie dans une histoire qui n’en avait au­cu­ne­ment be­soin. Lors­qu’on parle de ce fa­meux meur­trier qui rôde dans le village, on ne fait que dé­vier l’at­ten­tion de l’histoire dé­jà in­té­res­sante de Ca­ro­line.

Pour sa mu­sique et les hon­nêtes pres­ta­tions des in­ter­prètes, Daydream Na­tion vaut le vi­sion­ne­ment. Mal­heu­reu­se­ment, le film avait le po­ten­tiel pour être vrai­ment su­pé­rieur.

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