Guillaume CA­NET touche-à-tout

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Me­dia­film.ca

Ac­teur, réa­li­sa­teur, scé­na­riste, pro­duc­teur, Guillaume Ca­net a tous les ta­lents et trans­forme en or tout ce qu’il touche. Son ac­tua­li­té foi­sonne. On le re­trou­ve­ra à l’été dans Last Night aux cô­tés de Kei­ra Knight­ley. Son troi­sième long mé­trage à titre de réa­li­sa­teur et scé­na­riste, Les Pe­tits Mou­choirs, met­tant en ve­dette une dis­tri­bu­tion cinq étoiles com­pre­nant François Clu­zet, Jean Dujardin et son épouse à la ville Ma­rion Co­tillard, a pris l’af­fiche chez nous hier. À ce­la s’ajoute L’Af­faire Fa­re­well, thril­ler po­li­tique cam­pé entre Mos­cou et Pa­ris au cré­pus­cule de la Guerre froide, pa­ru en DVD cette se­maine.

L’oc­ca­sion est trop belle pour faire le tour du jar­din d’une per­son­na­li­té qui, mal­gré la re­la­tive in­dif­fé­rence des jeunes Qué­bé­cois visà-vis du ci­né­ma fran­çais, a réus­si à s’im­po­ser au­près d’eux grâce à ses com­po­si­tions dans La Plage, aux cô­tés de Leo­nar­do Di Ca­prio, et plus ré­cem­ment dans l’adap­ta­tion du ro­man d’An­na Ga­val­da par Claude Ber­ri, En­semble, c’est tout, avec Audrey Tautou.

Né le 10 avril 1973 en ban­lieue de Pa­ris (Bou­logne-Billan­court), Guillaume Ca­net est ar­ri­vé au ci­né­ma par la voie du théâtre. À 22 ans, il se fait re­mar­quer dans la pièce La Ville dont le prince est un en­fant de Hen­ry de Mon­ther­lant, mise en scène par Christophe Ma­la­voy. Nous sommes en 1995, et ses pho­tos cir­culent dans toutes les agences de cas­ting pa­ri­siennes, où

sa car­rure ath­lé­tique sur­mon­tée d’un ba­by-face fait des ra­vages. Pierre Jo­li­vet lui confie en 1998 son pre­mier rôle d’im­por­tance dans En plein coeur, face à Gé­rard Lan­vin.

Mais c’est Ré­mi Wa­te­rhouse qui l’a dé­fi­ni­ti­ve­ment mis en or­bite grâce à Je règle mon pas sur le pas de mon père, une co­mé­die qui rem­porte en France un grand suc­cès, dans la­quelle Ca­net campe un jeune cui­si­nier qui re­trouve son père illé­gi­time (Jean Yanne, dans un de ses der­niers grands rôles), un pe­tit es­croc qui le prend comme as­so­cié en igno­rant sa vé­ri­table iden­ti­té.

PRE­MIER LONG-MÉ­TRAGE

Un cha­pe­let de rôles plus tard (dans no­tam­ment Vi­docq, Les Mor­sures de l’aube et Le Frère du guer­rier) et quelques courts mé­trages pour se faire la main (Je t’aime, J’peux pas dor­mir), Ca­net est en 2002 fin prêt pour réa­li­ser son pre­mier long mé­trage, Mon idole. Dans cette co­mé­die grinçante sur le monde du show­biz­ness, il s’est don­né le rôle d’un jeune am­bi­tieux qui, rê­vant de de­ve­nir ani­ma­teur de té­lé­vi­sion, tombe sous la coupe d'un puis­sant pro­duc­teur (François Ber­léand) et de son épouse (Diane Kru­ger).

Ce film lui vaut une no­mi­na­tion pour le Cé­sar du meilleur pre­mier film et ins­talle sa ré­pu­ta­tion de touche-à-tout doué. Il re­joint dé­fi­ni­ti­ve­ment l’élite des réa­li­sa­teurs fran­çais avec Ne le dis à per­sonne, où il met en scène Ma­rie-Jo­sée Croze dans le rôle d’une femme dis­pa­rue sous le nez de son ma­ri pé­diatre joué par François Clu­zet, in­jus­te­ment soup­çon­né de l’avoir tuée.

Le Cé­sar du meilleur réa­li­sa­teur ré­com­pense son tra­vail, à l’heure où l’ac­teur re­prend plus in­ten­sé­ment du ser­vice et en­chaîne les suc­cès : Joyeux Noël, En­semble, c’est tout, et plus ré­cem­ment Es­pion(s) et L’Af­faire Fa­re­well, qui en font dé­sor­mais une des fi­gures les plus adu­lées de l’Hexa­gone.

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