LA CAP­PA­DOCE, PAYS DE FÉES

TUR­QUIE | Al­ler en Cap­pa­doce, c’est en­trer dans un autre monde. Entre le pay­sage lu­naire et le dé­sert, cette ré­gion de la Tur­quie offre au re­gard des ki­lo­mètres de val­lées dé­co­rées de hauts ro­chers poin­tant vers le ciel. Étrange, fas­ci­nante, pit­to­resque :

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Vé­ro­nique Le­duc

La ré­gion est, avec Istanbul, un in­con­tour­nable, lors d’un voyage au pays. Une fois sur place, on se de­mande fran­che­ment pour­quoi la Cap­pa­doce n’est pas plus connue. Peu à peu, on en­tre­prend de dé­cou­vrir ce se­cret qui reste étran­ge­ment bien gar­dé. De­vant nous, des gorges, des val­lées, mais, sur­tout, de hauts ro­chers, que l’on dé­signe, au pays, les « che­mi­nées de fées » et qui donnent à l’en­droit un air ir­réel.

La ré­gion de la Cap­pa­doce s’étend au centre du pays sur 15 000 ki­lo­mètres car­rés, et il faut pré­voir plu­sieurs jours si on dé­sire s’im­pré­gner des lieux et vi­si­ter les nom­breuses val­lées qui offrent toutes dif­fé­rents pay­sages. Dans la val­lée de Gö­reme, par exemple, on croit voir des pics de crème fouet­tée ; dans la val­lée du Cha­meau, le plus haut ro- cher rap­pelle un cha­meau; dans la val­lée cu­rieu­se­ment ap­pe­lée val­lée des zi­zis, les ro­chers rap­pellent la forme de… Bref, il y a beau­coup à voir, en Cap­pa­doce, et chaque val­lée, unique, vaut le dé­tour.

BEAU­TÉS NA­TU­RELLES

Les pay­sages de la Cap­pa­doce sont dé­ci­dé­ment éton­nants, et il semble in­con­gru que ces grands pics aux formes sur­pre­nantes se soient for­més na­tu­rel­le­ment. Pour­tant, ce sont les dé­pôts de vol­cans en érup­tion, qui se sont ac­cu­mu­lés pen­dant des mil­lions d’an­nées, qui ont des­si­né les che­mi­nées de fées.

Au fil du temps, l’éro­sion a créé des plaines dans les dé­pôts les plus tendres, lais­sant les ac­cu­mu­la­tions les plus so­lides prendre la forme de cônes. Ce tra­vail conti­nue tou­jours : on dit que les pi­tons ac­tuels sont voués à dis­pa­raître, alors que d'autres se dé­gagent, peu à peu, en bor­dure des pla­teaux.

En plus d’af­fi­cher une beau­té à cou­per le souffle, les vastes val­lées de la Cap­pa­doce cachent des se­crets sur­pre­nants.

PA­TRI­MOINE MON­DIAL

On trouve, dans la ré­gion, près de 3000 cha­pelles creu­sées à même les pics, que l’on at­tri­bue aux com­mu­nau­tés mo­nas­tiques du Moyen Âge. Dé­cou­vertes au fil des ans, les églises, de pe­tites pièces creu­sées en hau­teur dans la pierre, valent à la ré­gion d’être ins­crite au pa­tri­moine mon­dial de l’UNESCO de­puis 1985. À l’in­té­rieur de cer­taines des cha­pelles, on peut tou­jours voir les fresques re­li­gieuses et les écri­tures de l’époque. C’est dans la val­lée de Gö­reme, qui a d’ailleurs le sta­tut de mu­sée, que l’on peut vi­si­ter les cha­pelles les mieux conser­vées.

Les vi­si­teurs peuvent dé­cou­vrir, en Cap­pa­doce, de vastes ci­tés sou­ter­raines qui ont été construites et ha­bi­tées par les com­mu­nau­tés chré­tiennes au­tre­fois per­sé­cu­tées. Une fois l’en­trée fran­chie, on se re­trouve dans un vaste re­fuge de plu­sieurs étages, pou­vant s’étendre sur des ki­lo­mètres.

Une vi­site de l’une de ces ci­tés est éton­nante. On y de­vine en­core claire- ment les lieux de pré­pa­ra­tion de la nour­ri­ture, les pièces d’en­tre­po­sage et les es­ca­liers. Entre les pièces, on trouve en­core d’im­menses et très lourdes meules de pierre, que l’on dé­pla­çait de­vant les ou­ver­tures afin d’em­pê­cher les en­ne­mis d’en­trer. Les com­mu­nau­tés chré­tiennes qui y vi­vaient pou­vaient être condam­nées à ces es­paces sou­ter­rains pen­dant plu­sieurs mois : il va­lait donc mieux être bien ins­tal­lé !

Moins bien ca­mou­flées, les ha­bi­ta­tions tro­glo­dy­tiques creu­sées à même les che­mi­nées de fées n’en res­tent pas moins éton­nantes et font étran­ge­ment pen­ser à des mai­sons de bons­hommes ani­més. Cer­taines sont ha­bi­tées par des fa­milles, alors que d’autres ont été res­tau­rées et ac­cueillent des res­tau­rants ou des hô­tels.

Si la Cap­pa­doce est splen­dide, vue du sol, elle l’est en­core plus, vue du ciel! C’est pour­quoi de nom­breuses com­pa­gnies offrent des tours de mont­gol­fière. Il faut se le­ver avant l’aube, et le voyage est as­sez dis­pen­dieux, mais, une fois dans les airs, au le­ver du so­leil, de­vant ce pay­sage lu­naire qui s’étend à perte de vue, verre de mi­mo­sa à la main, on se dit que, pour ce mo­ment, le voyage en va­lait la peine.

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