Une autre ma­ni­fes­ta­tion de notre re­vi­go­rant prin­temps

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - PHO­TOS JEAN LÉ­VEILLÉ

Ba­vardes, en­jouées, ser­rées les unes der­rière les autres, elles re­lèvent puis abaissent en ca­dence leurs puis­santes ailes de ber­naches. Elles m’ap­pa­raissent cette an­née en­core plus res­plen­dis­santes avec leur tête à ca­lotte noire et leur cou al­lon­gé pour mieux fendre l’air.

Comme à l’ha­bi­tude, elles af­fichent ces élé­gants cos­tumes qui les ont ren­dues si cé­lèbres de par le monde. Une te­nue uni­sexe tou­jours au pal­ma­rès des plus grands suc­cès de la na­ture.

Leurs courtes pattes noires aux pieds pal­més plus adap­tés à la natation qu’aux dé­fi­lés sur les planches, les forcent, sur terre, à se dé­han­cher un peu comme le font cer­tains man­ne­quins pro­fes­sion­nels.

Avec leurs yeux bruns plus grands que la panse, ces vé­gé­ta­riennes in­sa­tiables cherchent leurs mets fa­vo­ris. En sai­son, elles se ré­galent de jeunes pousses, de feuilles vertes, de fruits, de baies sau­vages, de joncs, de bulbes par­se­més le long de leurs haltes de grandes no­mades.

CE SONT DES BER­NACHES ET NON DES OU­TARDES, SAUF QUE…

Mais de plus en plus sou­vent, cer­taines, après avoir per­du leur ter­ri­toire de re­pro­duc­tion, ont ten­dance à de­ve­nir sé­den­taires et se laissent ten­ter par l’herbe fraîche et com­bien plus tendre des pe­louses de plus en plus ré­pan­dues à la cam­pagne.

C’est sans comp­ter tous ces ter­rains de jeux ou « d’af­faires » de gol­feurs sé­rieux, dont les greens tou­jours par­faits offrent des bien belles brin­dilles et des se­mences à pro­fu­sion à lon­gueur d’an­née ou presque.

Par­mi les ob­ser­va­teurs, un pro­prié­taire d’une mai­son de cam­pagne pa­raît moins en­chan­té de voir re­ve­nir ces aus­tra­da, de l’an­cien la­tin, de­ve­nues au cours des siècles les avis tar­da, ces grands oi­seaux lents, ces ou­tardes que beau­coup aiment confondre avec les ber­naches, ou l’in­verse…

AP­PRENDRE À SUIVRE DE JU­DI­CIEUX CONSEILS DE…

Notre ci­ta­din-cam­pa­gnard ignore les re­com­man­da­tions du ser­vice ca­na­dien de la faune vi­sant à dé­cou­ra­ger ces gros oi­seaux de ve­nir brou­ter son ma­gni­fique re­fuge si bien amé­na­gé au bord d’un des nom­breux cours d’eau du Qué­bec.

Il de­vrait sa­voir que pour éloi­gner ces vi­si­teuses, il faut lais­ser pous­ser les hautes herbes, les ar­bustes, les fleurs sau­vages le long des rives. Il pour­rait aus­si dé­cou­ra­ger la ni­di­fi­ca­tion par la dif­fu­sion de cris de dé­tresse, ou à l’aide de chiens spé­cia­le­ment dres­sés et, dans les si­tua­tions ex­trêmes, ob­te­nir un per­mis spécial. Il est in­utile de dé­truire le nid d’un couple aus­si dé­ter­mi­né que ce­lui d’une ber­nache, car ce­lui­ci en­tre­pren­dra im­mé­dia­te­ment une re­cons­truc­tion à quelques pas de la pre­mière.

Bien plus ju­di­cieuse se­rait cette at­ti­tude de pré­ser­ver des mi­lieux hu­mides, ces lieux riches de leurs mets fa­vo­ris qu’elles af­fec­tionnent et où les ex­plo­ra­teurs du XVIIe siècle ont, pour la pre­mière fois, suc­com­bé aux charmes des ber­naches du Ca­na­da…

1. Vive le prin­temps ! 2. Bien­ve­nue chez nous. 3. Elles af­fec­tionnent ces lieux. 4. Quelle tête!

1

2

3

4

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.