AU GRAND ÉCRAN CET ÉTÉ

Une lutte fé­roce se pré­pare dans les salles de ci­né­ma du Qué­bec, cet été, alors que des mé­ga­pro­duc­tions amé­ri­caines à gros bud­gets et un trio de films qué­bé­cois at­ten­dus se dis­pu­te­ront vos pré­cieux dol­lars loi­sir. Da­vid tien­dra-t-il tête à Go­liath?

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Cé­dric Bé­lan­ger CE­DRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Avec Ger­ry, Starbuck et sur­tout Le sens de l’hu­mour, le Qué­bec semble bien équi­pé pour al­ler à la guerre et peut es­pé­rer des box-of­fices payants.

Mais l’in­va­sion amé­ri­caine, me­née par les

Har­ry Pot­ter, Thor, X-Men et Pi­rate des Ca­raïbes, s’an­nonce bru­tale. « Je pense que le dé­fer­le­ment de très gros films va peut-être faire mal (au ci­né­ma qué­bé­cois). Il y a en moyenne un gros titre amé­ri­cain qui sort par se­maine. C’est sou­vent le cas, mais, cette an­née, c’est par­ti­cu­liè­re­ment ser­ré, presque coup sur coup. Il y a de grosses suites de film, donc la com­pé­ti­tion se­ra fé­roce », pré­dit Pas­cale Dubé, por­te­pa­role de Ci­néac, so­cié­té qui com­pile les re­cettes aux gui­chets des films pré­sen­tés au Qué­bec.

Le pré­sident d’Al­liance Vi­va­films, qui dis­tri­bue Le sens de l’hu­mour, se montre da­van­tage op­ti­miste.

« C’est la même chose à chaque été avec les pro­duc­tions amé­ri­caines. À la fin, on se rend compte que ce n’était pas tous de gros films. La com­pé­ti­tion ne se­ra pas plus forte que la nor­male », croit Pa­trick Roy.

Pour contrer les voi­sins du Sud, au moins trois pro­duc­tions d’ici ont dé­ci­dé de prendre l’af­fiche un mer­cre­di plu­tôt que le ven­dre­di.

« Ça nous donne deux ou trois jours de plus au box-of­fice », note Pa­trick Roy.

En outre, deux des trois prin­ci­paux films qué­bé­cois sont des co­mé­dies, un genre qui al­lume par­ti­cu­liè­re­ment le ci­né­phile es­ti­val.

« Le pu­blic qué­bé­cois est très friand de voir ses ve­dettes au grand écran, et peut-être en rai­son de notre pas­sé très té­lé­vi­suel, on aime beau­coup l’hu­mour. Bien sûr, les co­mé­dies, c’est plus lé­ger, on n’a pas le goût de se cas­ser la tête. Le pu­blic d’été en est un plus large que ce­lui de la ren­trée au­tom­nale. Les films qui ont per­for­mé le mieux en été étaient des co­mé­dies », fait re­mar­quer Mme Dubé.

DÉ­BUT D’AN­NÉE MOCHE

Le ci­né­ma en gé­né­ral, pour sa part, en­tend faire ou­blier un dé­but d’an­née 2011 en de­mi­teintes.

« Le ci­né­ma est ex­trê­me­ment lent. Il y a une baisse pour l’en­semble du box-of­fice que j’es­time entre 15 et 20 % par rap­port à l’an pas­sé, ce qui est énorme », in­dique Mme Dubé, qui se dit in­ca­pable d’en ex­pli­quer la cause avec pré­ci­sion.

« Est-ce la qua­li­té des films en gé­né­ral, un dés­in­té­rêt face à la chose ci­né­ma­to­gra- phique, le contexte éco­no­mique? C’est dif­fi­cile à dire. Il n’y a pas eu de mé­ga­sor­ties, peut-être parce que les titres n’étaient pas suf­fi­sam­ment por­teurs pour faire l’ob­jet de sorties de 100 co­pies et plus. »

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