Le CON­TEUR qui pein­ture des images dans la tête du monde

FRED PEL­LE­RIN

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - DE­NISE MARTEL

Sur le point de quit­ter L’ar­ra­cheuse de temps, qu’il a pris soin de gra­ver sur DVD pour ne pas l’aban­don­ner — on ne sait ja­mais ce qu’une sor­cière peut faire —, l’at­ta­chante sim­pli­ci­té de Fred Pel­le­rin étonne à chaque ren­contre, contras­tant tou­jours un peu plus avec l’am­pleur du phé­no­mène et les nom­breux pro­jets qui l’oc­cupent. Après plus de 400 re­pré­sen­ta­tions,

L’ar­ra­cheuse de temps quit­te­ra la scène qué­bé­coise le 16 juin, en in­cluant un dé­tour par les Ma­ri­times, mais pour­sui­vra sa car­rière en France cet au­tomne, avec une cin­quan­taine de re­pré­sen­ta­tions. « Mine de rien, je suis quand même al­lé plus de 50 fois en France de­puis le dé­but de ma car­rière », sou­ligne tout bon­ne­ment Fred Pel­le­rin, de pas­sage à Qué­bec cette se­maine pour le lan­ce­ment de son DVD, le deuxième en quatre shows.

« Cet au­tomne, j’irai trois fois en France pour sept ou huit spec­tacles à chaque fois. Là-des­sus, il y en a six à Pa­ris et le reste sur la route. Je re­fuse de par­tir plus de 12 jours, parce que je veux voir mes en­fants », confie l’heu­reux pa­pa de deux fillettes de trois et cinq ans, tan­dis que le pe­tit der­nier a sept mois.

« J’ai le goût de tri­per avec ma blonde et les en­fants, de les ame­ner en voyage quand il n’y a pas trop de dé­pla­ce­ments. J’ai­me­rais bien si on pou­vait s’ins­tal­ler quelque part un jour pour un pe­tit bout de temps... », lance-t-il au fil de la conver­sa­tion.

Loin de se trou­ver au chô­mage ou en va­cances, même s’il pré­voit gar­der du temps pour « niai­ser » avec ses en­fants, en juillet il en­re­gis­tre­ra son deuxième DC, qui s’aligne pour s’in­ti­tu­ler C’est un monde. La sor­tie est pré­vue pour no­vembre, tan­dis que le pre­mier, Si­lence, s’est ven­du jus­qu’à main­te­nant à plus de 130000 exem­plaires.

LE DEUXIÈME FILM

En août, il pré­voit faire l’éponge sur le tour­nage d’Ési­mé­sac, réa­li­sé par Luc Pi­card, comme Ba­bine. « C’est le nom de l’homme fort, né sans ombre, is­su de Comme une his-

toire de muscles, mon deuxième spec­tacle, mais le titre va pro­ba­ble­ment chan­ger. Comme il était dans le ventre de sa mère, qui l’a por­té pen­dant 22 ans, dans le pre­mier film, on ne l’a ja­mais vu. Luc est en au­di­tions ac­tuel­le­ment pour trou­ver ce­lui qui l’in­car­ne­ra et quelques nou­veaux per­son­nages. Les autres co­mé­diens sont les mêmes », pré­cise Pel­le­rin.

« Je vais sur le tour­nage uni­que­ment pour le plai­sir. Je tiens à y al­ler, même quand les ou­vriers construi­ront le village. Pour moi, c’est im­por­tant et j’ap­prends plein de choses. C’est ex­tra­or­di­naire comme tout m’al­lume, tout me donne des idées. C’est une histoire qui a une co­lonne ver­té­brale, mieux struc­tu­rée que le pre­mier. Quand j’ai vu Ba­bine, je trou­vais qu’il y avait des fils qui dé­pas­saient. Cette fois, la couette de fils est tres­sée plus ser­ré. »

CONTE MU­SI­CAL

En plus de s’at­ta­quer à l’écri­ture de son pro­chain spec­tacle, qui ver­ra le jour en 2012, le con­teur de 34 ans tra­vaille aus­si à un gros pro­jet en com­pa­gnie du maestro Kent Na­ga­no, un conte sym­pho­nique qui se­ra créé sur la scène de la nou­velle salle de Place des Arts avec les mu­si­ciens de l’Or­chestre sym­pho­nique de Montréal, les 16 et 17 dé­cembre.

« Je ne sais pas en­core quelle forme ça pren­dra, mais ça m’in­trigue beau­coup parce que la ma­gie de mes spec­tacles ré­side dans le fait que je ré­agis avec le pu­blic. C’est ba­sé sur un échange dans les deux di­rec­tions et non à sens unique. On peut-tu jouer de la grande mu­sique sans struc­ture for­melle? » in­ter­roge le con­teur.

« Kent Na­ga­no dit: pas de pro­blèmes, on peut tout faire, mais il reste que la no­blesse de la mu­sique sym­pho­nique et l’ar­ti­sa­nat du con­teur, ce sont deux bulles as­sez éloi­gnées. Je ne sais pas en­core si je vais écrire pour le show ou si on uti­li­se­ra des textes exis­tants, mais ja­mais pu­bliés. On se re­voit le 28 avril... »

« Drôle de ha­sard, mon frère Ni­co­las et son trio ont été in­vi­tés par l’Or­chestre sym­pho­nique de Qué­bec pour deux concerts les mêmes soirs, les 16 et 17 dé­cembre! » ra­conte Pel­le­rin, éber­lué.

PHO­TO COURTOISIE

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