Un mi­roir de nous-mêmes pour Gregory Charles

Le nou­veau do­cu­men­taire des stu­dios Dis­neyna­ture, Fé­lins d’Afrique, a été pré­sen­té le 22 avril, jour de la Terre. Un mes­sage et un pro­jet que Gregory Charles ne pou­vait re­fu­ser. Le nar­ra­teur de cette épo­pée en pleine sa­vane y voit une ré­flexion pro­fonde s

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie

Choi­si parce que sa voix ap­porte, se­lon Greg Ma­son, vice-pré­sident, Mar­ke­ting, Walt Dis­ney Stu­dios Mo­tion Pic­tures Ca­na­da, « le mé­lange par­fait de ten­sion dra­ma­tique et d'émo­tion brute » comme nar­ra­teur de Fé­lins d’Afrique, Gregory Charles a tout de suite été sen­sible à la qua­li­té de ce qu’il qua­li­fie de « bio­pic » et non de simple do­cu­men­taire ani­ma­lier de cette pro­duc­tion.

« Le dé­brouillard en moi a été mar­qué par la scène de l’af­fron­te­ment entre le lion et le cro­co­dile qui com­porte quelque chose de psy­cho­lo­gique, ain­si que par la lutte presque ju­vé­nile entre les deux clans de lions. Le cô­té nou­veau ma­rié en moi a été tou­ché par le sens ins­tinc­tif de l’aban­don de cette mère trop lente pour suivre le groupe. La lionne qui af­fronte les lions m’a rap­pe­lé ma mère de 4’11 qui m’a tou­jours fait peur. Et l’autre mère, le gué­pard, qui reste face au dan­ger parce que ses pe­tits sont là... », énu­mère l’ar­tiste po­ly­va­lent quand on lui de­mande ce qui l’a mar­qué dans Fé­lins d’Afrique.

« Ces va­leurs de cou­rage sont celles qu’on re­trouve dans les gros block­bus­ters dans les­quels un Bruce Willis ou un Ben Af­fleck doit sau­ver le monde.

Fé­lins d’Afrique n’est pas un scé­na­rio, c’est la vie. C’est ça qui est ve­nu me cher­cher », n’hé­site-t-il pas à af­fir­mer quelques jours avant la sor­tie de ce long mé­trage qui s’adresse à toute la fa­mille.

PLUS LOIN QUE DES ANI­MAUX

Ce ne sont pas les longs mé­trages sur les ani­maux qui manquent et on ne peut s’em­pê­cher de de­man­der à Gregory Charles com­ment il ex­plique l’en­goue­ment constant du pu­blic pour ces gros chats. « C’est la li­ber­té qu’on ne re­trouve pas dans les océans par exemple, ni chez les oi­seaux. Les fé­lins sont libres. Ils ont le choix de la mo­bi­li­té ou de l’im­mo­bi­lisme, ce qui nous res­semble. Et ils ont aus­si des choix de sur­vie, comme nous. »

Cet ar­tiste au plein sens du terme élar­git en­suite la ré­flexion. « Fé­lins

d’Afrique est le genre de film dont on sort en se di­sant : “Et nous, où nous si­tuons-nous ? Et nous, quel est notre rôle ?” »

Op­ti­miste de na­ture, il se sou­vient alors de l’un de ses pro­fes­seurs de l’école se­con­daire qui ex­pli­quait à sa classe qu’on ne pou­vait ar­rê­ter la fin de la ci­vi­li­sa­tion qu’on ob­serve ac­tuel­le­ment.

« Il nous de­man­dait : “Qu’al­lez-vous faire pour pré­pa­rer l’ave­nir ?” Son mes­sage était de glo­ri­fier la cu­rio­si­té, la connais­sance et les com­pé­tences.

»Et, fai­sant le lien avec une cause qui lui tient à coeur (la Fon­da­tion Gregory lut­tant contre le dé­cro­chage sco­laire), il ajoute : « Pour ne pas dé­cro­cher, il faut sen­tir la né­ces­si­té d’ap­prendre et il faut pro­mou­voir et maxi­mi­ser l’ins­tinct de cu­rio­si­té na­tu­relle qu’il y a chez nous. » Une le­çon conte­nue, pour Gregory Charles, dans ces Fé­lins

d’Afrique.

FÉ­LINS D’AFRIQUE

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