Dre Scar­pet­ta confron­trée à des EN­QUÊTES PLUS POUSSÉES

Pa­tri­cia Corn­well, la « reine amé­ri­caine du thril­ler», ex­plore l’au­top­sie vir­tuelle et les ro­bots sol­dats dans Havre des morts, un ro­man au rythme sou­te­nu où la science et la tech­no­lo­gie de pointe cô­toient le crime.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Ma­rie-France BOR­NAIS

Havre des morts dé­bute sur la base mi­li­taire de Do­ver, au De­la­ware. Il s’agit de la seule base mi­li­taire amé­ri­caine à re­ce­voir les sol­dats morts au com­bat. La mé­de­cin-lé­giste Kay Scar­pet­ta, l’hé­roïne créée par Pa­tri­cia Corn­well, y a re­çu une for­ma­tion sur l’au­top­sie vir­tuelle et de­vra ra­pi­de­ment ap­pli­quer ses nou­velles connais­sances.

Bien vite, elle est confron­tée à un cas étrange et in­quié­tant, puisqu’un jeune homme est trou­vé mort près de chez elle à Cam­bridge. Crise car­diaque, se­lon les pre­mières consta­ta­tions. Cau­che­mar pour les spé­cia­listes : le corps s’est mis à sai­gner une fois ar­ri­vé à la morgue. Après sa mort.

RO­BOTS RÉELS

Une ra­dio­gra­phie en 3D ré­vèle des bles­sures aux­quelles la Dre Scar­pet­ta n’a ja­mais été confron­tée. Sans hé­si­ta­tion, elle uti­lise les tech­niques ap­prises dans l’ar­mée pour confir­mer ses soup­çons, dans une course contre la montre.

Pa­tri­cia Corn­well rap­pelle dans une note aux lec­teurs que les pro­cé­dures mé­di­cales et de mé­de­cine lé­gale, les tech­no­lo­gies et les armes dé­crites dans le ro­man existent bel et bien au­jourd’hui. Les in­quié­tants SWORDS évo­qués dans le ro­man — des ro­bots de com­bat — existent éga­le­ment.

« Je trouve la pos­si­bi­li­té d’uti­li­ser des ro­bots ar­més ter­ri­fiante, spé­cia­le­ment s’ils s’in­filtrent dans des si­tua­tions qui ne sont pas celles du com­bat, par exemple dans le do­maine ci­vil de l’ap­pli­ca­tion de la loi », com­mente-t-elle par cour­riel à ce su­jet.

En re­vanche, le MORT (Mor­tua­ry Ope­ra­tio­nal Re­mo­val Trans­port), un ro­bot char­gé d’éva­cuer les bles­sés sur un champ de ba­taille, sort tout droit de son ima­gi­na­tion. « Il est ins­pi­ré par de réels ro­bots qui sont uti­li­sés pen­dant la guerre et de tech­no­lo­gies pré­sen­te­ment en dé­ve­lop­pe­ment », pré­cise-t-elle.

Le cas de Norton’s Woods dont elle fait men­tion dans le ro­man — un cauche- mar pour les spé­cia­listes — n’existe pas, à sa connais­sance. « Mais l’arme et sa ca­pa­ci­té des­truc­trice sont ab­so­lu­ment réelles. »

EX­PER­TISE

Pour s’as­su­rer de l’exac­ti­tude de ses des­crip­tions, Pa­tri­cia Corn­well s’est en­tou­rée de gens com­pé­tents en la ma­tière, dont la Dre Mar­cel­la Fier­ro, ex­mé­de­cin ex­perte en chef de la Virginie, et le Dr Ja­mie Brown, mé­de­cin lé­giste à Sa­van­nah, en Géor­gie.

« Ils m’ont ai­dée avec quan­ti­té de dé­tails de mé­de­cine lé­gale et ont re­lu mon ma­nus­crit fi­nal pour s’as­su­rer que je ne fai­sais pas d’er­reurs fla­grantes, as­sure-t-elle à ce su­jet. Plu­sieurs consul­tants sont as­sez ai­mables pour me prê­ter leur ex­per­tise, in­cluant ma par­te­naire, la Dre Sta­ci Gru­ber, neu­ro­lo­giste. » Le ma­riage ho­mo­sexuel est en ef­fet au­to­ri­sé de­puis 2004 dans l’État du Mas­sa­chus­setts, où ha­bite l’au­teure.

Pour par­faire ses connais­sances, Pa­tri­cia Corn­well s’est éga­le­ment ren­due sur la base de Do­ver. « J’ai été éton­née par ce qui me sur­prend tou­jours lorsque je vi­site n’im­porte quelle base mi­li­taire : la gen­tillesse in­croyable, la po­li­tesse et la mo­des­tie de la ma­jo­ri­té du per­son­nel mi­li­taire. Je suis tou­jours sub­mer­gée par le pro­fes­sion­na­lisme et les bonne ma­nières de nos mi­li­taires. »

Ré­cem­ment de pas­sage à Pa­ris pour une tour­née pro­mo­tion­nelle, Pa­tri­cia Corn­well a dé­cla­ré à l’AFP être contre la peine de mort et « ter­ri­fiée » de la mon­tée du mou­ve­ment po­li­tique contes­ta­taire Tea Par­ty aux États-Unis. « Je ne veux pas que notre dé­mo­cra­tie se trans­forme en théo­cra­tie », a-t-elle ob­ser­vé. Le stu­dio Fox a ache­té les droits des aven­tures de Kay Scar­pet­ta en 2009. L’adap­ta­tion ci­né­ma­to­gra­phique de­vrait mettre en ve­dette An­ge­li­na Jo­lie.

Il semble que l’ob­jet avec le­quel cet homme a été poi­gnar­dé ait pro­vo­qué une for­mi­dable pres­sion à l’in­té­rieur de sa poi­trine et une im­por­tante em­bo­lie ga­zeuse. Il au­rait ter­ri­ble­ment souf­fert et se­rait mort en l’es­pace de quelques mi­nutes, ce qui est co­hé­rent avec les des­crip­tions des té­moins, di­sant qu’il s’est agrip­pé la poi­trine et s’est ef­fon­dré. »

Pa­tri­cia Corn­well, Havre des morts

PA­TRI­CIA CORN­WELL a re­çu en mars l’in­signe de Che­va­lier des arts et lettres en France.

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