<< LES GRANDS PER­SON­NAGES QUI ONT MAR­QUÉ'NOTRE JEU­NESSE NE MEURENT JA­MAIS>>

Mi­chael Dru­cker presente le re­tour de nos idoles

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Mi­chelle Cou­dé-Lord MCLORD@JOURNALMTL.COM

« Au fait, le gé­nie des pro­duc­teurs Mi­chel et Fran­çoise Al­gay fut de res­sus­ci­ter et de mettre en scène des chan­sons et de grands in­ter­prètes des an­nées 70 et 80 avec les équi­pe­ments tech­niques ac­tuels. Et ça donne un ré­sul­tat in­croyable.

« Le re­tour de nos idoles fut, au point de dé­part, un spec­tacle re­gar­dé de haut en France par cer­tains ar­tistes qui ne vou­laient pas être ju­gés comme has been et dé­mo­dés. Or, au­jourd’hui, tout le monde veut y par­ti­ci­per. Et quand Isa­belle Au­bret ar­rive sur scène pour in­ter­pré­ter les grands suc­cès de Jean Fer­rat… c’est l’ova­tion et l’émo­tion à son comble. La preuve que les grandes chan­sons ne meurent ja­mais », af­fir­mait lors d’un en­tre­tien té­lé­pho­nique l’unique Mi­chel Dru­cker.

LE RE­TOUR DE NOS IDOLES… EX­PLI­CA­TION D’UN SUC­CÈS

Dru­cker n’en­vie pas les jeunes ar­tistes d’au­jourd’hui qu’ils com­parent à des « ve­dettes mé­téores créées ins­tan­ta­né­ment sur in­ter­net. »

« Ces ar­tistes, qui par­ti­cipent au Re­tour de nos idoles, n’ont ja­mais été rem­pla­cés. Ils étaient plus que des sa­veurs du jour ou du mois. Ce sont de vraies stars », pré­cise fiè­re­ment l’ani­ma­teur.

Il parle des De­mis Rous­sos, Isa­belle Au­bret, Mi­chel Lou­vain, Claude Du­bois, Ca­the­rine La­ra, Her­bert Léo­nard… Ils se­ront seize ar­tistes au Co­li­sée de Qué­bec ven­dre­di et sa­me­di pro­chains à faire re­vivre leur époque ja­mais vrai­ment ou­bliée.

SE FOUTRE DE L’ÂGE

Mi­chel Dru­cker évoque alors la ques­tion d’âgisme.

« Il y a eu un mo­ment où, dès que nous avions les tempes qui se fai­saient blanches, nous étions vic­times du ra­cisme de l’âge… Main­te­nant c’est en train de se ren­ver­ser. Sou­dai­ne­ment, notre ex­pé­rience compte, et c’est si im­por­tant. Le spec­tacle Le re­tour de nos idoles est un dé­men­ti cin­glant au jeu­nisme. Les chan­sons po­pu­laires et bien écrites ne meurent ja­mais. Je le dis haut et fort. C’est pour­quoi je suis si fier d’y être as­so­cié. Au fait, ce qui em­pêche de du­rer, c’est d’être à la mode. Il ne faut pas cou­rir après les jeunes, car on ne les rat­trape ja­mais. Il faut être soi, as­su­mer son âge et sur­tout faire pro­fi­ter les autres de son ex­pé­rience », nous dit Mi­chel Dru­cker de sa mai­son de Pro­vence d’où il nous ap­pelle.

SON VOI­SIN… UN BEL EXEMPLE

Et il dit avoir un ex­cellent exemple en son voi­sin… qui a pour nom Charles Az­na­vour.

« Il a 87 ans, pré­pare sa ren­trée à l’Olym­pia cet au­tomne et a des pro­jets jus­qu’en 2013. Il n’ar­rête ja­mais. Je vais le sa­luer à bi­cy­clette, il de­meure à huit mi­nutes de chez moi, et il me rap­pelle que la vie n’a pas d’âge si on reste en san­té et heu­reux. »

EM­BRAS­SER LA VIE

Mi­chel Dru­cker sou­ligne avec fier­té que son émis­sion Vi­ve­ment di­manche, qui vient de cé­lé­brer sa 500e, re­joint de grands au­di­toires en lais­sant la pa­role aux ar­tistes de toutes les gé­né­ra­tions.

« Un de mes meilleurs scores fut lorsque j’ai fait une émis­sion in­ti­tu­lée J’ai quatre fois vingt ans avec les Az­na­vour, Gis­card D’Es­taing, An­nie Cor­di, Line Re­no. On a par­lé de la vie et d’une vraie car­rière qui dure. Pour moi, ces gens sont de vraies stars. Au­jourd’hui, tout a chan­gé, le té­lé­char­ge­ment a tué l’in­dus­trie du disque ; il n’y au­ra plus de car­rières très longues. Le re­tour de nos idoles est en soi un rap­pel à l’ordre. Je le ré­pète et le dit haut et fort les grands ne meurent ja­mais ».

Mi­chel Dru­cker avoue avoir la même pas­sion pour le mé­tier.

« Je l’aime en­core plus qu’avant, mais je sais aus­si qu’il y a autre chose dans la vie. La mort de mon frère Jean, il y a sept ans, fut un séisme in­croyable. Il avait créé la chaîne de té­lé M6, était un peu per­du et nous de­vions nous re­trou­ver dans un pro­jet com­mun té­lé­vi­suel… et puis bang, il est mort bru­ta­le­ment. Je lui dé­die d’ailleurs mon se­cond livre Rap­pel­le­moi… dans le­quel je lui ra­conte les sept der­nières an­nées. C’est un beau suc­cès en France tout comme le fut mon pre­mier livre Mais qu’est-ce qu’on va faire de toi ? Plus de 500 000 exem­plaires ont été ven­dus. Ce fut si in­at­ten­du. J’aime écrire. Pour moi, c’est comme al­ler à la ren­contre des gens d’une autre ma­nière. Et le bon­heur, c’est qu’ils sont là pour moi à nou­veau. Je suis pri­vi­lé­gié », nous dit un Mi­chel Dru­cker, fier, confiant, mais sur­tout heu­reux de re­trou­ver son Qué­bec, « une terre qui me touche pro­fon­dé­ment et ces gens qui l’ha­bitent ».

Le re­tour de nos idoles au Co­li­sée Pep­si à Qué­bec les ven­dre­di et sa­me­di 6 et 7 mai pro­chain, deux re­pré­sen­ta­tions par jour : à 13 h 30, l’autre à 19 h 30 √ Ren­dez-vous avec Ca­the­rine La­ra, Isa­belle Au­bret, Mi­chel Lou­vain, De­mis Rous­sos, Claude Bar­zot­ti, Chan­tal Pa­ry, Jen­ny Rock, La com­pa­gnie créole, Her­bert Leo­nard, Pao­lo Noël, Her­vé Villard, Tou­louse.

À gauche : Mi­chel Dru­cker en 1994, tel qu’il ap­pa­rais­sait en page couverture de son livre :

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