DE FER­LAND À COEUR DE PI­RATE

Mi­chel Dru­cker a le Qué­bec col­lé au coeur. Les ar­tistes qué­bé­cois, il les aime pro­fon­dé­ment et en parle avec une grande af­fec­tion.

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Mi­chelle Cou­dé-Lord MCLORD@JOURNALMTL.COM

« Mon aven­ture avec le Qué­bec a com­men­cé avec Jean-Pierre Fer­land, en 1964, à Pa­ris, avec Je re­viens chez nous, puis je fus correspondant pour CFGL, à La­val ; peu de gens le savent. J’ai aus­si tra­vaillé avec Su­zanne Lé­vesque à CKAC, puis j’ai connu Do­mi­nique Mi­chel, Fé­lix, Du­bois, Char­le­bois…

En­suite, j’ai vé­cu la grande aven­ture de Star­ma­nia avec Ber­ger et Pla­mon­don. Au fait, j’en suis à ma troi­sième gé­né­ra­tion d’ar­tistes qué­bé­cois, car j’ai re­çu, ré­cem­ment, Coeur de Pi­rate… De là, il y a eu l’aven­ture Cé­line Dion, que j’ai connue lors­qu’elle avait 15 ans et qui a fait de moi le vé­ri­table am­bas­sa­deur des ar­tistes qué­bé­cois en France. Il y a Re­né Angelil, que j’ai connu lors­qu’il s’oc­cu­pait de Gi­nette Re­no, puis il y a eu Gilles Ville­neuve. Je connais tout de tous ces grands Qué­bé­cois, et je les aime et les ad­mire. J’ai ou­vert le pre­mier fes­ti­val Juste pour rire. J’ai pré­sen­té An­dré-Phi­lippe Ga­gnon aux Fran­çais. J’ai un rap­port très par­ti­cu­lier avec votre pays, et je vous suis fi­dèle. Que dire du par­cours de Ju­lie Sny­der ? », confie un Mi­chel Dru­cker tou­chant.

LE QUÉ­BEC EN VOIX

Com­ment ex­plique-t-il le suc­cès des ar­tistes qué­bé­cois en France ? « Vos chan­teurs, en plus d’avoir des voix ex­tra­or­di­naires, ont une ri­gueur in­croyable de tra­vail. Je les ad­mire en­core plus, car ils par­viennent à chan­ter dans leur langue, le fran­çais, même en vi­vant au cô­té du géant amé­ri­cain. Ce qui est en­core plus fort, c’est que la chan­teuse la plus po­pu­laire du monde, Cé­line Dion, est fran­co­phone et vient d’un pe­tit village du Qué­bec. C’est mer­veilleux. »

Mi­chel Dru­cker est di­thy­ram­bique en­vers les in­ter­prètes qué­bé­cois.

« Ils ont une telle dis­ci­pline et des voix in­éga­lées. Ils savent chan­ter et, même s’ils ont été éle­vés aux portes de la concur­rence la plus sau­vage du monde, aux portes de l’Amé­rique, ils chantent en­core dans leur langue. J’ai vu des choses qu’au­cun chan­teur fran­çais n’est ca­pable de faire, comme Isa­belle Bou­lay, en di­rect, a ca­pel­la, le soir du pas­sage à l’an 2000, au grand froid, de­vant la Tour Eif­fel, sans fausse note, avec une telle émo­tion. Ja­mais un fran­çais ne se­rait ca­pable de faire ce­la. Ja­mais. Je n’ai ja­mais été dé­çu par l’ar­tiste qué­bé­cois. C’est une école re­dou­table parce que l’Amé­rique est à ses portes. Gi­nette Re­no au­rait pu faire une car­rière comme Cé­line si la vie en avait dé­ci­dé au­tre­ment. J’ai une ad­mi­ra­tion sans bornes pour ces deux femmes de coeur, de pas­sion. Cé­line et Re­né sont de grands amis », sou­ligne Mi­chel Dru­cker.

Les ar­tistes qué­bé­cois ont-ils dé­ran­gé, en France, avec leur ta­lent, leur voix ?

« Non, ils n’ont pas dé­ran­gé. C’était trop beau, je crois. Nous sommes de­ve­nus des frères. Tout a com­men­cé avec Star­ma­nia, j’aime le rap­pe­ler. Il y a eu de beaux échanges avec les Ca­brel, Bruel, Aza­na­vour et, au­jourd’hui, le pont entre le Qué­bec et la France est à ja­mais construit et es­sen­tiel. Ce spec­tacle, Le re­tour de nos idoles, est de bien belles re­trou­vailles. Il n’y a rien de plus agréable que de pou­voir ap­plau­dir et en­tendre de nou­veau les idoles de son ado­les­cence », conclut le plus qué­bé­cois des Fran­çais, Mi­chel Dru­cker. √ Ses deux livres : Mais qu’est-ce qu’on

va faire de toi ? et Rap­pelle-moi √ Le re­tour de nos idoles : un ren­dez­vous au Co­li­sée de Qué­bec, les 6 et 7 mai.

Claude Du­bois

Ca­the­rine L ara

I s a b e l l e Aub ret

H e r v é Vil l a rd

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