Re­dé­cou­vrir Ca­the­rine De­neuve

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND -

Gé­rard De­par­dieu a dé­jà dit : « De­neuve est l’homme que j’au­rais vou­lu être. » Ce à quoi De­neuve a ré­pon­du : « De­par­dieu est la femme que j’au­rais ai­mé être. » C’est le genre d’anec­dotes sa­vou­reuses qu’on peut lire dans un en­tre­tien pas­sion­nant avec la grande Ca­the­rine De­neuve, pa­ru dans le ma­ga­zine fran­çais Psy­cho­lo­gies.

La co­mé­dienne, qu’on pour­ra voir dans le film Po­tiche dès le 13 mai pro­chain, ré­flé­chit à voix haute sur dif­fé­rents as­pects de son mé­tier… et c’est pas­sion­nant. Sur­tout qu’elle parle ha­bi­tuel­le­ment très peu d’elle en en­tre­vue et qu’elle pré­serve tou­jours très bien son in­ti­mi­té.

On y ap­prend qu’elle ne re­voit ja­mais les films dans les­quels elle a joué. On y dé­couvre qu’elle dé­teste son nom de fa­mille, De­neuve, qui est en fait ce­lui de sa mère. Elle a ces­sé de s’ap­pe­ler Ca­the­rine Dor­léac pour qu’on ne la confonde pas avec sa soeur, la co­mé­dienne Fran­çoise Dor­léac, morte dans un ac­ci­dent de voi­ture en 1967. Une soeur à qui elle voue beau­coup d’ad­mi­ra­tion puisqu’elle lance : « La vraie ac­trice, c’était elle. Elle avait pris des cours de théâtre, pas moi. » Qui au­rait cru que la co­mé­dienne de Belle de jour et des Pa­ra­pluies de Cher­bourg était au fond aus­si mo­deste ?

Quand le jour­na­liste de Psy­cho­lo­gies lui de­mande si elle n’est pas un écran sur le­quel les réa­li­sa­teurs peuvent tout pro­je­ter, elle ré­pond : « Je suis l’équi­valent d’une pou­pée pour en­fant. Une pou­pée ne doit pas être trop ex­pres­sive, afin que l’en­fant puisse fan­tas­mer, lui prê­ter les sen­ti­ments qu’il veut, lui faire ra­con­ter ses propres his­toires. »

En­fin, quand on lui de­mande ce qui l’en­nuie le plus dans l’idée de vieillir, elle ré­pond : « La dé­cré­pi­tude. D’être dé­ca­tie, de ne plus avoir la force de faire les choses que j’aime faire, de la ma­nière dont j’ai l’ha­bi­tude de les faire. Et lorsque l’on évo­lue dans ce mé­tier, il faut ac­cep­ter à la fois de vieillir et d’être fil­mée d’une fa­çon qui soit ac­cep­table pour tout le monde, pour le per­son­nage, pour la réa­li­té du film… et pour moi. »

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