Au coeur de la guerre

The Bang Bang Club, c’est le nom don­né à un groupe de pho­to­graphes tra­vaillant en Afrique du Sud juste avant les élec­tions qui ont por­té Nel­son Man­de­la au pou­voir. Et le Ca­na­dien Tay­lor Kitsch in­carne Ke­vin Carter, pho­to­re­por­ter sud-afri­cain, ga­gnant du p

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Isa­belle Hon­te­bey­rie

MONTRÉAL | Ce­la fai­sait des an­nées que le pro­jet du film The Bang Bang Club, ti­ré de l’ou­vrage The Life And Death Of Ke­vin Carter, était dans l’air. Et Tay­lor Kitsch était sur les rangs pour te­nir le rôle de Ke­vin Carter. C’est après la fin du tour­nage de X-Men les ori­gines : Wol­ve­rine qu’il a ren­con­tré le réa­li­sa­teur et scé­na­riste Ste­ven Silver et qu’il a été choi­si.

« Il m’était im­pos­sible de ne pas ai­mer ce pro­jet. Dé­pas­ser mes li­mites en tant qu’ac­teur, c’est ce qui dé­fi­nit mon tra­vail », de dire Tay­lor Kitsch. En deux mois et de­mi, entre son em­bauche et le dé­but du tour­nage, il a « per­du 35 lb », a « sui­vi un pho­to­graphe pro­fes­sion­nel » qui l’a ini­tié au ma­nie­ment du Lei­ka et s’est plon­gé dans l’histoire des der­niers mois du ré­gime de l’Apar­theid.

Il a ren­con­tré des proches et des membres de la fa­mille du pho­to­graphe qui s’est sui­ci­dé en 1994.

Mais l’exer­cice est pé­rilleux, car il ne s’agit pas de re­pro­duire quel­qu’un, mais de cap­ter son es­sence. « Bien sûr, il faut jouer ce qui est dans le scé­na­rio. Par contre, il faut aus­si faire pas­ser ce qui est im­por­tant de cette per­sonne. »

PO­SI­TION AN­TI-APAR­THEID

Avec ses col­lègues Greg Ma­ri­no­vich (Ryan Phil­lippe), Joao Sil­va (Neels Van Jaars­veld) et Ken Oos­ter­broek (Frank Rau­ten­bach), Carter a as­sis­té à des com­bats san­glants qui fai­saient rage en Afrique du Sud, il a d’ailleurs été le pre­mier pho­to­graphe à im­mor­ta­li­ser le meurtre d’un homme par le sup­plice du pneu. « Ke­vin avait be­soin de com­prendre pour­quoi ces choses ar­ri­vaient, il était ce­lui qui, après avoir été té­moin de cette vio­lence, ver­ba­li­sait le pour­quoi », ex­plique Tay­lor Kitsch.

Pour l’ac­teur, Carter était « le membre le plus fra­gile » du Bang Bang Club, « ce­lui qui a été le plus tou­ché » par la bar­ba­rie à la­quelle il a as­sis­té. Ces pho­to­graphes de com­bat sont d’ailleurs des per­sonnes am­bi­guës. « Oui, pour faire ce mé­tier, il faut être accro à l’adré­na­line, il faut ti­rer quelque chose du fait d’échap­per à la mort », dé­taille le co­mé­dien. « De ce que j’ai pu com­prendre, son tra­vail était aus­si une ma­nière de prendre po­si­tion contre ce qui se pas­sait dans son pays. Quand il était jeune, Carter s’est sou­vent sen­ti cou­pable d’être un blanc en Afrique du Sud. »

TÉ­MOIN DES ÉVÉ­NE­MENTS

In­car­ner quel­qu’un qui a vrai­ment exis­té n’est pas quelque chose de fa­cile, sur­tout quand un an­cien col­lègue (en l’oc­cur­rence Joao Sil­va) est sur le pla­teau, ser­vant de conseiller. « Oui, la pres­sion est ac­crue, bien sûr », confirme-t-il avant d’ajou­ter que le plus grand com­pli­ment qu’il a pu avoir pen­dant le tour­nage a été « les scènes par­ti­cu­liè­re­ment pé­nibles que Joao n’a pu re­gar­der » parce qu’elles lui rap­pe­laient des sou­ve­nirs. « En tant qu’ac­teur, quand on en­tend ce­la de la part d’une per­sonne qui a vé­cu ces évé­ne­ments, je ne peux qu’être fier de ce que j’ai fait. »

The Bang Bang Club de Ste­ven Silver avec Ryan Phi­lippe, Tay­lor Kitsch et Ma­lin Aker­man, prend l’af­fiche le 6 mai.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.