VIO­LENCE, VENGEANCEet... PAR­DON

Dé­sor­mais connu des Qué­bé­cois comme le film qui a ra­vi l’os­car à In­cen­dies, In a Better World est une pre­nante ré­flexion sur le bien, le mal et les consé­quences de nos ac­tions.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger ce­dric.be­lan­ger@jour­nal­de­que­bec.com

Un film de Su­zanne Bier, met­tant en ve­dette Mi­kael Pers­brandt, Markus Ry­gaard et William Johnk Niel­sen. À l'af­fiche.

Vaut-il mieux par­don­ner à ce­lui qui nous fait du mal? Ou en­core lui rendre avec fé­ro­ci­té la mon­naie de sa pièce?

Voi­là le di­lemme mo­ral au­quel sont confron­tés les per­son­nages, adultes et en­fants, de ce on­zième long-mé­trage de la ta­len­tueuse réa­li­sa­trice da­noise Su­zanne Bier, celle qui nous avait of­fert le suc­cu­lent Après le ma­riage, can­di­dat dé­fait à l'os­car du meilleur film en langue étran­gère, en 2007.

Ch­ris­tian (William Johnk Niel­sen) a choi­si son camp. Fraî­che­ment ar­ri­vé au Da­ne­mark avec son père Claus (Ul­rich Thom­sen) en pro­ve­nance de Londres, ce ga­min de douze ans n'ac­cepte pas la mort de sa mère. Dès lors, gare à ceux qui se mettent en tra­vers de son che­min!

C'est dans ces cir­cons­tances qu'il ren­contre Elias (Markus Ry­gaard) le souffre-douleur à l'école. Les deux nouent une pro­fonde ami­tié quand Ch­ris­tian exerce une san­glante ven­geance contre un gar­çon ayant agres­sé Elias sous ses yeux.

Dans le camp du par­don, on re­trouve An­ton (Mi­kael Pers­brandt), le père d'Elias, un mé­de­cin qui par­tage son temps entre le Da­ne­mark et un camp de ré­fu­giés en Afrique, où il est té­moin des hor­reurs de la guerre.

Sé­pa­ré de sa femme, An­ton pré­fère tendre l'autre joue, même quand un ga­ra­giste ma­lo­tru le gifle sans rai­son de­vant Ch­ris­tian et Elias.

Cho­qué par ce qu'il in­ter­prète comme de la fai­blesse par le père d'Elias, Ch­ris­tian fo­mente des re­pré­sailles dont les consé­quences pour­raient être mor­telles.

DANS L’EN­GRE­NAGE DE LA VIO­LENCE

Dans In a Better World, Su­zanne Bier mise sur l'émo­tion brute pour se­couer les ci­né­philes. La pre­mière par­tie du film est par­ti­cu­liè­re­ment réus­sie. La ci­néaste dé­montre avec élo­quence com­ment le jeune Elias, gar­çon en ap­pa­rence pa­ci­fique, met le doigt mal­gré lui dans l'en­gre­nage de la vio­lence au con­tact de Ch­ris­tian.

Ma­gni­fi­que­ment fil­mé, In a Better World est por­té par des dia­logues justes (la scène de la confron­ta­tion ver­bale entre Ch­ris­tian et An­ton est un pe­tit bi­jou) et le jeu hon­nête d'une ex­cel­lente bro­chette d'ac­teurs aux noms in­con­nus de ce cô­té-ci de l'océan At­lan­tique.

En fait, In a Better World au­rait pu car­ré­ment de­ve­nir un pe­tit chef-d'oeuvre si Su­zanne Bier n'avait pas som­bré dans un sen­ti­men­ta­lisme trop ap­puyé dans une fi­nale à la mo­rale hol­ly­woo­dienne.

À trop vou­loir glo­ri­fier les ver­tus du par­don, la ci­néaste a joué du ci­seau dans le réa­lisme de son film.

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