SAM FI­SHER A BE­SOIN DE VA­CANCES

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA -

Agence QMI | Les as créa­tifs d’Ubi­soft Montréal ont re­te­nu une le­çon ou deux de leur su­per agent se­cret Sam Fi­sher. La preuve se trouve dans Splin­ter Cell 3D, un jeu des plus sour­nois.

Sour­nois parce qu’on y re­trouve, fi­dèle au poste, l’ex­pé­rience du se­cret, des fu­sillades et des cous bri­sés propre à un jeu met­tant en ve­dette le vé­té­ran Fi­sher et ses ac­ti­vi­tés au sein de la NSA.

Mais éga­le­ment sour­nois parce qu’on a va­gue­ment l’im­pres­sion de se faire pro­mettre plus que ce qu’on nous livre.

En bou­tique pour la nou­velle console de jeu por­table 3DS de Nin­ten­do, Splin­ter

Cell 3D ne consti­tue pas un nou­veau cha­pitre dans les fi­lières de l’agent Fi­sher. Il s’agit en quelque sorte d’un re­make de Splin

ter Cell: Chaos Theo­ry (2005), consi­dé­ré par cer­tains comme le meilleur des Splin

ter Cell.

Ce fait n’est pas ré­vé­lé d’em­blée et de fa­çon ex­pli­cite. Ain­si, les mor­dus de Splin­ter

Cell qui ne sont pas au cou­rant risquent d’être sur­pris par l’im­mé­diate sen­sa­tion de fa­mi­lia­ri­té.

MÊME SCÉ­NA­RIO

Le scé­na­rio est de­meu­ré in­chan­gé, mais quelques coins ont été ar­ron­dis sur le plan du de­si­gn de ni­veaux, du vi­suel et de la mé­ca­nique de jeu pour faire en sorte que tout tourne ron­de­ment sur la pla­te­forme por­table. Quant aux modes mul­ti­joueurs in­no­vants, ils ont tous été sup­pri­més. Comme c’est le cas de tout jeu Splin­ter

Cell, le scé­na­rio de Splin­ter Cell 3D est un en­che­vê­tre­ment com­plexe à sou­hait (la­by­rin­thique, di­sons-le) de tra­hi­sons géo­po­li­tiques, dont l’en­jeu prin­ci­pal est une sé­quence d’al­go­rithmes in­for­ma­tiques au centre d'une me­nace ther­mo­nu­cléaire.

Une fois de plus, Sam Fi­sher doit in­fil­trer des en­ceintes for­ti­fiées, in­ter­ro­ger des per­sonnes ci­blées et sau­ver le monde en le dé­bar­ras­sant de ses pires mé­chants.

L’ap­proche fur­tive est un as­pect clas­sique des jeux Splin­ter Cell et cette fa­cette est as­sez bien ren­due sur la 3DS, lors­qu’on s’ha­bi­tue à contrô­ler le point de vue de la ca­mé­ra à l’aide des quatre bou­tons fron­taux plu­tôt qu’au moyen d’un se­cond joys­tick.

Les fonc­tions tac­tiles de l’écran servent à la sé­lec­tion de l’ar­se­nal de Fi­sher ou à des ac­tions contex­tuelles comme sai­sir des en­ne­mis ou ou­vrir des portes.

Le tout fonc­tionne rai­son­na­ble­ment bien dans l’en­semble et les ef­fets 3D ont un re­lief spec­ta­cu­laire, mais mal­gré tous les ef­forts d’Ubi­soft, on sent jus­te­ment que c’est for­cé. Les dé­pla­ce­ments, la vi­sée, l’uti­li­sa­tion des gad­gets et ce qu’im­plique gé­né­ra­le­ment le quo­ti­dien d’un dur de la trempe de Sam Fi­sher est tou­jours un peu plus dif­fi­cile à ac­com­plir que de rai­son : ar­mez­vous au préa­lable d’une bonne dose de pa­tience. Pour ceux qui ont man­qué Chaos Theo­ry,

Splin­ter Cell 3D au­ra des airs de nou­veau­té, même si le dé­cor de 2007 ap­pa­raît un tan­ti­net dé­mo­dé. Le jeu re­prend les scènes ci­né­ma­tiques de l’ori­gi­nal, de même que les voix des per­son­nages. Le Ca­na­dien Mi­chael Iron­side four­nit donc de nou­veau la voix gra­ve­leuse de Fi­sher.

Nous au­rions pré­fé­ré voir Ubi­soft mettre son ta­lent consi­dé­rable au ser­vice de nou­veaux pro­jets conçus à la base pour la 3DS, comme l’ex­cellent Ghost Re­con: Sha­dow

Wars. Lais­sons un peu de ré­pit à Sam Fi­sher. Notre homme en a drô­le­ment be­soin.

VER­DICT

Splin­ter Cell: Chaos Theo­ry était un jeu gé­nial à sa sor­tie il y a six ans de ce­la, mais en dé­pit des en­trailles re­la­ti­ve­ment puis­santes de la 3DS, ce re­make ap­pa­raît néan­moins comme une di­lu­tion de l'ori­gi­nal.

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