CHARLES LA­FOR­TUNE UNE EN­VIE FOLLE D’ANI­MER LE GA­LA AR­TIS

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Agnès Gau­det

Charles La­for­tune re­lève pour la pre­mière fois le dé­fi du ga­la Ar­tis. Il pro­met des sou­rires en coin, de la ré­par­tie, du mor­dant et plu­sieurs hom­mages.

Charles La­for­tune ani­me­ra di­manche le Ga­la Ar­tis, son pre­mier grand ga­la en car­rière. Évi­dem­ment, tout le monde lui pose la ques­tion. Est-il in­quiet de chaus­ser les sou­liers des Grandes Gueules, le duo d’hu­mo­ristes ayant fait un su­per bou­lot lors des deux der­nières an­nées. Charles La­for­tune ré­pond… par l’hu­mour.

« Ça n’a pas dû être fa­cile pour eux, iro­nise-t-il. Être deux, pour faire la job qu’un seul ani­ma­teur est ca­pable de faire… »

Puis, il s’ex­plique, sé­rieu­se­ment. Oui, cer­tai­ne­ment qu’il est ner­veux. Mais, même s’il n’a ja­mais ani­mé ce genre de ga­la où « toute la té­lé est à tes pieds », il a ac­cu­mu­lé pas mal d’ex­pé­rience.

Charles La­for­tune a fait ses pre­mières armes à l’époque au ga­la de la Griffe d’or, il a sou­vent ani­mé des ga­las cor­po­ra­tifs et, mine de rien, il est chaque jour à l’ani­ma­tion du Cercle à TVA, sans comp­ter La Classe de 5e.

« On peut voir le verre à moi­tié vide où à moi­tié plein. Je choi­sis de le voir à moi­tié plein, » dit-il.

HOM­MAGES

Avec Charles La­for­tune, le ga­la Ar­tis pren­dra une nou­velle cou­leur. De­puis long­temps, l’ani­ma­teur a im­po­sé son propre style, un style que les té­lé­spec­ta­teurs ont vite adop­té, lui vouant un amour qua­si in­con­di­tion­nel, l’éli­sant à deux re­prises per­son­na­li­té de l’an­née et quatre fois meilleur ani­ma­teur de jeu. Mais quel est le style Charles La­for­tune ?

« C’est une ani­ma­tion avec un sou­rire en coin, de la bonne hu­meur et un dis­cours un peu caus­tique, tente d’ex­pli­quer l’ani­ma­teur. Je vais faire une sorte de standup d’ou­ver­ture, pour faire un sur­vol de ce qui s’est fait à la té­lé l’an der­nier, je vais uti­li­ser l’hu­mour et la ré­par­tie, mais je ne suis pas un stand-up co­mic. »

Pour Charles La­for­tune plu­sieurs points s’im­po­saient pour faire de ce ga­la de la té­lé­vi­sion un suc­cès. Di­manche pro­chain, il ren­dra hom­mage à plu­sieurs ca­té­go­ries de gens sou­vent lais­sés pour compte. Il met­tra l’ac­cent sur ceux qui font l’in­for­ma­tion, qui couvrent des tra­gé­dies comme celles d’Haï­ti et la ré­vo­lu­tion en­ta­mée en Tu­ni­sie. Il ren­dra aus­si hom­mage aux chroniqueurs té­lé qui scrutent chaque jour le pe­tit écran et fe­ra un clin d’oeil aux ani­ma­teurs té­lé avec un bout de film « su­per lé­ché, à la Pla­toon » .

On au­ra aus­si droit à un sketch avec Ju­lie Sny­der, Pa­trice L’Écuyer et les 50 ans de TVA se­ront sou­li­gnés.

LES PLUS BEAUX AU MONDE

Alors que plu­sieurs pré­sagent de mau­vais jours à la té­lé­vi­sion, concur­ren­cée par le Web, Charles La­for­tune fe­ra au contraire la dé­mons­tra­tion de son ex­cel­lente san­té, une té­lé om­ni­pré­sente et in­ter­ac­tive avec les nou­veaux mé­dias sociaux.

Dans le même ordre d’idées, les ga­gnants du ga­la pour­ront re­ce­voir des mes­sages de fé­li­ci­ta­tions, en temps réel par le biais de Twit­ter.

Quant au gra­tin pré­sent dans la salle, l’ani­ma­teur pro­met qu’on le ver­ra sur toutes ses cou­tures.

« J’ai les préoc­cu­pa­tions d’une per­sonne qui a dé­jà ga­gné, avoue Charles, quand tu montes sur la scène et que tu re­gardes la salle éclai­rée avec tous ces gens. C’est spec­ta­cu­laire. Je veux que le pu­blic voie ça, qu’il ait le fee­ling qu’on a sur scène. À l’ère de la té­lé plas­ma à cris­taux li­quides, on veut voir le monde sur nos écrans. Dans la salle, ce sont les plus beaux au monde. Et, ils sont là, gra­tos. On va en pro­fi­ter.

Le ga­la Ar­tis ne se­ra pas un show de salle dif­fu­sé à la té­lé, conclut Charles La­for­tune, mais un show de té­lé qui se passe dans une salle. Je veux que ce soit un par­ty au­quel tout le monde est in­vi­té. Je veux que ça pète à l’écran. »

UN LIEN AMOUR-HAINE

Charles La­for­tune a bien pré­pa­ré ses coups. Il ne se fie donc pas seule­ment à sa belle bouille et son ta­lent : « Mon ta­lent ? se ques­tionne-t-il, in­cer­tain. C’est à es­pé­rer qu’il va te­nir le coup, quand je vais avoir la bouche sèche et les mains moites sur scène. »

L’ani­ma­teur en­tre­tient un lien amou­rhaine avec ce ga­la qu’il va ani­mer di­manche. D’un cô­té, il avait une folle en­vie de ten­ter l’ex­pé­rience. De l’autre cô­té, il connais­sait les dan­gers de se je­ter dans la gueule du loup. Mais l’at­trait du dé­fi a été le plus fort.

« Une an­née, se sou­vient-il, Éric Sal­vail avait ani­mé le ga­la. J’étais dans la salle et je me di­sais : Il est vrai­ment chan­ceux. Je ne le ja­lou­sais pas, mais je l’en­viais. Je me di­sais quel rush ce doit être ! »

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