10 ques­tions à Ma­rie-Re­née La­voie

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES -

MONTRÉAL | (VG) C’est grâce à son pre­mier ro­man La pe­tite et le vieux que l’au­teure Ma­rie-Re­née La­voie, ori­gi­naire de Qué­bec, a rem­por­té le Prix de la re­lève de la 11e édi­tion des Grands Prix lit­té­raires Ar­cham­bault, le 20 avril. Ac­com­pa­gné d’une bourse de 10 000 $, cet hon­neur n’est pas le seul que pour­rait rem­por­ter cette en­sei­gnante du cé­gep de Mai­son­neuve cette an­née, puisque La pe­tite et le vieux compte éga­le­ment par­mi les fi­na­listes du Prix lit­té­raire France-Qué­bec 2011, une ini­tia­tive qui vise à pro­mou­voir le meilleur de la lit­té­ra­ture qué­bé­coise en France.

COM­MENT RÉ­SU­ME­RIEZ-VOUS VOTRE RO­MAN?

C’est l’histoire d’une pe­tite fille cou­ra­geuse qui se lie d’ami­tié avec un vieux ron­chon qui va lui per­mettre de com­prendre que la vie est faite d’un tas de choses im­pos­sibles à com­prendre.

QUELLE EN A ÉTÉ L’INS­PI­RA­TION?

Mon amour pour Li­moi­lou et la re­dé­cou­verte de la sé­rie de des­sins ani­més La Rose de Ver­sailles, mieux connue sous le nom du per­son­nage prin­ci­pal La­dy Os­car. J’étais aus­si gui­dée par l’en­vie de peindre pour mes en­fants le por­trait d’un quar­tier et d’une époque qu’ils ne connaî­tront ja­mais.

QUELLE EST LA PLUS BELLE PHRASE DE VOTRE LIVRE?

Peut-être celle-ci : « Elle ne pou­vait pas com­prendre qu’il est né­ces­saire quel­que­fois d’ar­ran­ger les his­toires, de leur don­ner un tour un peu dif­fé­rent, parce que si on laisse tou­jours la réa­li­té s’im­po­ser tout en­tière, sans nuance, sans coup de crayon, la mer n’est que de l’eau sa­lée et les sau­veurs d’en­fants se pointent en re­tard. » Elle dit ce qu’on fait tou­jours en écri­vant, je pense, tout en in­vi­tant le lec­teur à se mé­fier de ce qu’on ra­conte. D’ailleurs, le sau­veur d’en­fant ar­rive à temps dans le ré­cit de Joe…

QUEL LIVRE AU­RIEZ-VOUS AI­MÉ ÉCRIRE?

Une pièce, Cy­ra­no de Ber­ge­rac, pour la per­fec­tion et la jus­tesse des vers dont la mé­lo­die et l’in­tel­li­gence ne s’es­soufflent ja­mais, il me semble.

QUEL EST LE PLUS BEAU MOT DE LA LANGUE FRAN­ÇAISE?

« Dé­bar­bouillette ». J’en­tends le frot­te­ment du linge sur la pe­tite bouille sa­lie de ma fille quand je le dis.

QUEL SE­RA LE SU­JET DE VOTRE PRO­CHAIN LIVRE?

Le bon­heur beige et, par­tant de là, l’in­som­nie, entre autres.

QUEL LIVRE LI­SEZ-VOUS EN CE MO­MENT?

L’amour ses cou­teaux, d’Isa­belle Fo­rest, et At­trac­tion ter­restre, d’Hé­lène Va­chon.

POUR LA LEC­TURE, QUE PRÉ­FÉ­REZ-VOUS : LE BON VIEUX LIVRE OU LE LIVRE NU­MÉ­RIQUE?

Je suis en­core à peu près in­ca­pable de lire sur un écran. J’im­prime mes propres textes pour me re­lire. Mais j’es­saie quand même d’être de mon temps : je me suis abon­née à cer­tains pé­rio­diques élec­tro­niques pour me faire l’oeil.

POUR VOUS, QUI EST UN AU­TEUR QUÉ­BÉ­COIS À SUR­VEILLER?

Do­mi­nique For­tier. Elle est de la trempe des grands au­teurs qui ont fi­ni par mar­quer l’histoire.

QUEL EST VOTRE AU­TEUR PRÉ­FÉ­RÉ?

Des tonnes, j’au­rais be­soin de faire une liste en fonc­tion des genres. Mais je ne peux pas m’em­pê­cher de nom­mer Ro­main Ga­ry et Syl­vain Tru­del.

PHO­TO COURTOISIE

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