Coups de foudre au mi­lieu du monde

QUITO, Équa­teur | Pay­sages vol­ca­niques, fo­rêts sau­vages, jungle ma­gni­fique, am­biance tro­pi­cale, l’Équa­teur, si­tué au nord-ouest de l’Amé­rique du Sud, se dé­couvre pièce par pièce comme un casse-tête su­blime qu’on au­rait en­vie de re­faire à peine ter­mi­né.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TOURISME - Sa­rah-Émi­lie Nault

S’il faut sou­vent se ré­si­gner à n’ef­fleu­rer que quelques-unes des dou­ceurs d’un pays, il faut ab­so­lu­ment voir, en Équa­teur : la ca­pi­tale de Quito, le char­mant pe­tit village de Baños, la côte en­so­leillée du Pa­ci­fique et, au coeur de la jungle, l’ex­cen­trique éco­com­mu­nau­té de Min­do. De vé­ri­tables coups de foudre au mi­lieu du monde.

SOUS LES BRUMES DE QUITO

Du haut de ses 2800 m d’al­ti­tude, Quito, fière, a toutes les rai­sons de sou­rire. Le souffle un tan­ti­net plus court — l’al­ti­tude — on tra­verse la ville de Quito le coeur lé­ger jus­qu’au som­met du Pa­ne­cil­lo, cette mon­tagne sur­plom­bée par la Vierge du même nom, veillant dou­ce­ment sur la ville. À ses cô­tés, la vue de la ca­pi­tale est tout sim­ple­ment su­blime. Le soir, la sta­tue illu­mi­née ri­va­lise de beau­té avec sa ville à de­mi en­dor­mie et sou­vent en­ve­lop­pée d’une brume opaque, mys­té­rieuse.

On marche aus­si le long des ruelles de pierre du Vieux Quito en s’ar­rê­tant, comme il se doit, boire un verre de Ca­ne­la­zo, cette bois­son chaude ty­pique du pays, com­po­sée de li­queur al­coo­li­sée de canne à sucre, de fruits et de sucre, ser­vie di­rec­te­ment sur la rue, à même une énorme mar­mite fu­mante.

Il faut prendre le temps de re­gar­der ces hommes chan­tant pour leur femme, at­ta­blés au res­tau­rant, à l’unis­son avec les « so­nas », ces chan­teurs équa­to­riens au ré­per­toire ty­pique du pays.

À tra­vers la brume noc­turne fraî­che­ment tom­bée sur Quito ap­pa­raît le pa­lais du Pré­sident à la Pla­za Grande et le parc qui lui fait face. On se pro­mène entre ses arbres, ses fleurs et ses mo­nu­ments, dont la cha­pelle Can­tu­na, et on se laisse tran­quille­ment en­va­hir par cette am­biance énig­ma­tique.

À Quito, les gens ne parlent pas beau­coup. Les étran­gers — et par­ti­cu­liè­re­ment les étran­gères — se font fixer sans être abor­dés. C’est que les Équa­to­riens sont ti­mides. À nous alors de faire les pre­miers pas, des pas né­ces­saires qui dé­bouchent sou­vent, et comme par ma­gie, sur des ren­contres in­ou­bliables.

L’ANI­MA­TION À LA PLA­ZA

Au coeur de la Pla­za del Quinde, la ville s’anime, par­ti­cu­liè­re­ment en soi­rée. La Grande Place oc­cu­pée par ses res­tau­rants, bars, ter­rasses, ca­fés, dis­co­thèques et ca­si­nos vibre au son de la mu­sique po­pu­laire. Les bou­teilles de Pil­se­ner s’en­tre­choquent. Quito, en­tou­rée de sa fa­mille-vol­cans qui hé­site in­las­sa- ble­ment entre ac­ti­vi­té et pas­si­vi­té — le pa­pa Co­to­paxi, la ma­man Tun­gu­ra­hua et leur bé­bé Pi­chin­cha — est à dé­cou­vrir, la nuit comme le jour.

LES EAUX MI­RA­CU­LEUSES DE BAÑOS

À trois heures trente d’au­to­bus de Quito, la pe­tite ville de Baños est re­con­nue pour ses eaux ther­males, son vol­can et ses nom­breuses ac­ti­vi­tés, sou­vent ex­trêmes.

C’est à la Vierge Ro­sa­rio de Agua San­ta (Vierge de l’eau sainte) que de nom­breux voya­geurs se rendent im­plo­rer paix et gué­ri­son. Plu­sieurs mi­racles dont elle se­rait l’au­teure sont d’ailleurs ex­po­sés sur de ma­gni­fiques ta­bleaux re­cou­vrant les murs de l’Igle­sia An­ti­gua de Baños au centre de la ville.

Tun­gu­ra­hua, ce vol­can sur­nom­mé le « grand géant », règne sur l’en­droit du haut de ses 5000 m, la tête dans les nuages. On peut le mon­ter fa­ci­le­ment pour y em­prun­ter la route de la jungle.

Comme Baños si­gni­fie « bain », il faut plon­ger dans l’un de ses bains chauds en plein air et aux ver­tus thé­ra­peu-

tiques et pou­voir af­fir­mer avoir vé­cu l’ex­pé­rience. Très po­pu­laires, il faut s’y rendre tôt le ma­tin ou tard en soi­rée pour évi­ter la foule bruyante et très ac­tive.

Aux abords du « ter­mas de la vir­gen », les gens se rendent aus­si nom­breux pour rem­plir des cruches d’eau à l’ef­fi­gie de la Vierge, à même l’une des « mi­ra­cu­leuses fon­taines » de Baños. Ici, on croit aux mi­racles et aux chutes d’eau ma­giques.

AC­TI­VI­TÉS, PLAGE ET CAR­NA­VAL

Sub­ju­gué par la beau­té du pay­sage, vien­dra le mo­ment de choi­sir entre des ac­ti­vi­tés comme les pro­me­nades à che­val, le raf­ting, le bun­gee, la ty­ro­lienne, l’es­ca­lade et la tour­née de cas­cades de Baños. J’ai pour ma part sau­té sur un quatre roues (VTT) pour me rendre jus­qu’au Mi­ra­dore de la Cruz de bel­la­vis­ta, un en­droit d’où la ville peut être ad­mi­rée dans toute sa splen­deur. Baños à nos pieds, les mon­tagnes et les vol­cans tout au­tour, il faut bien prendre le temps de s'im­pré­gner de tant de beau­té.

Sur la côte du Pa­ci­fique, la ville de Ton­su­pa pos­sède sa propre plage du même nom, et elle a l’avan­tage d’être la plus près de Quito. À six heures de route de la ca­pi­tale, Ton­su­pa fait rê­ver. La plage y est ma­gni­fique, l’eau d’une tem­pé­ra­ture par­faite, le so­leil éblouis­sant et les ac­ti­vi­tés in­nom­brables.

Le Car­na­val, cé­lé­bré la der­nière se­maine de fé­vrier ou la pre­mière se­maine de mars, se tient sur la plage, sur­tout en soi­rée, alors que les ter­rasses et les bars, di­rec­te­ment sur le sable, sont en­va­his de jeunes bien dé­ci­dés à faire la fête. Dans les rues étroites en­tou­rant le pe­tit centre-ville, les en­fants — et les grands — ar­rosent les pas­sants avec des fu­sils rem­plis d’eau ou à l’aide de bon­bonnes lan­çant une sorte de mousse sem­blable à du sa­von. La mu­sique joue à tue-tête, les pistes de danse sont bon­dées, des bar­be­cues im­pro­vi­sés fument ici et là. Ricky, mon nou­vel ami équa­to­rien, s’as­sure tout de même ré­gu­liè­re­ment que sa com­pagne qué­bé­coise se porte bien. En Équa­teur, les hommes sont at­ten­tifs et char­mants.

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PHO­TOS SA­RAH-ÉMI­LIE NAULT | AGENCE QMI

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1. L’église de San Fran­cis­co à Quito. 2. À Quito, la Vierge veille sur la ville du haut du Pa­ne­cil­lo . 3. Vue sur Quito du haut du Pa­ne­cil­lo. 4. Min­do est une toute pe­tite ville fré­quen­tée par les aven­tu­riers et les amou­reux d’éco­tou­risme. 5. Aux abords du « ter­mas de la vir­gen», à Baños, les gens se rendent nom­breux pour rem­plir des cruches d’eau à l’ef­fi­gie de la Vierge, à même l’une des « mi­ra­cu­leuses fon­taines ».

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