BEAU­COUP DE LARMES DE JOIE

MON­TRÉAL | Une fois, peu­têtre, mais deux, elle n’y croyait pas. Ma­rie-mai, choi­sie In­ter­prète fé­mi­nine de l’an­née pour une deuxième fois d’af­fi­lée au ga­la de L’ADISQ, peine en­core à réa­li­ser tout ce qui lui ar­rive.

Le Journal de Quebec - Weekend - - ADISQ - Da­ny Bou­chard

« Il y a tel­le­ment d’émo­tions que je ne pour­rais même pas dire comment je me sens au­jourd’hui. De­puis les deux der­niers jours, j’ai l’im­pres­sion que j’ai constam­ment une boule dans la gorge, une boule dans les tripes. J’ai l’im­pres­sion que je n’ai pas pleu­ré toutes les larmes de joie que j’avais à pleu­rer », confie la jeune ar­tiste de 27 ans.

Po­sé sur la table de­vant elle, un écran de té­lé­phone ren­voie la pho­to de Ma­rieMai, de­bout sur la scène de L’ADISQ, di­manche soir, juste à cô­té d’une vieille pho­to d’elle, en­fant, at­ten­dant de re­ce­voir son ca­deau de Noël. Sur les deux pho­tos, Ma­rie-mai montre la même ex­pres­sion, sur­ex­ci­tée, dé­bor­dante de bon­heur. « In­tense », ré­sume la chan­teuse en riant.

Di­manche soir, à la grande fête an­nuelle de la mu­sique qué­bé­coise, Ma­rie-mai est mon­tée sur scène à deux re­prises, ré­com­pen­sée pour sa tour­née de Ver

sion 3.0 (Spec­tacle de l’an­née – In­ter­prète) et par un des prix les plus pres­ti­gieux de la soi­rée : In­ter­prète fé­mi­nine de l’an­née.

« Ce sont de grands mo­ments de stress, quand on pré­pare un nu­mé­ro, quand on doit mon­ter sur scène, mais ce sont de grands mo­ments de bon­heur aus­si, dit-elle à pro­pos des ga­las.

« La se­maine avant L’ADISQ on ne dort pas, et la se­maine après L’ADISQ, on ne dort pas parce qu’on est trop ex­ci­tée (rires). »

« Le prix d’in­ter­prète fé­mi­nine de l’an­née, c’est le prix que tout le monde veut, mais avec le­quel on se dit que c’est cor­rect si on ne le gagne pas. J’ai vé­cu c’est quoi la joie, l’eu­pho­rie, de sa­voir que les gens ont vo­té pour nous, qu’ils nous en­cou­ragent, qu’ils nous font confiance, dit-elle en évo­quant son prix d’in­ter­prète fé­mi­nine rem­por­té l’an der­nier.

« Mon pre­mier ré­flexe, ça a été de dire : « Je le sou­haite à quel­qu’un d’autre aus­si. » On ne peut pas se dire qu’on va ga­gner quand on a Gi­nette Re­no dans la course, qu’on a des Isa­belle Bou­lay, des ar­tistes qui ont fait leurs preuves mille et une fois au­pa­ra­vant. On se compte chan­ceux, c’est sûr », dit celle qui est à coup sûr ren­due à l’étape d’une car­rière in­ter­na­tio­nale.

« IL CONNAÎT SA FEMME »

En mon­tant sur scène la pre­mière fois di­manche soir, Ma­rie-mai a ou­blié de re­mer­cier Fred St-ge­lais, son ma­ri et com­plice de tous les jours. « Ce que je leur di­sais (aux jour­na­listes qui le lui ont fait re­mar­quer juste après), c’est que c’est lui, le pre­mier que j’ai re­mer­cié, dans le fond, en me le­vant pour al­ler cher­cher le prix, c’est lui que j’ai re­mer­cié, c’est lui que j’ai ser­ré dans mes bras. J’avais tel­le­ment de noms à nom­mer. C’est quand même une énu­mé­ra­tion; ma tour­née, c’est beau­coup de gens, je me di­sais : « Il ne faut pas que j’ou­blie-ci, il ne faut pas que j’ou­blie ça », que j’ai fi­ni par ou­blier Fred (rires). (...) Il connaît sa femme, il connaît sa blonde. »

À l’an­nonce de son nom, pour la se­conde fois de la soi­rée, son amou­reux lui a souf­flé quelques mots à l’oreille.

« Il m’a dit : « Je le sa­vais que t’al­lais l’avoir. » Lui, sa job, c’est de m’en­cou­ra­ger et de me dire qu’il sa­vait que j’al­lais l’avoir (rires). Moi, je n’y croyais pas né­ces­sai­re­ment. Il m’a dit, en fai­sant une blague : « Là, là, ou­blie pas de me re­mer­cier (rires). »

SA MÈRE

Au lieu de mar­cher vers la scène, Ma­rie-mai a d’ailleurs re­mon­té l’al­lée pour al­ler voir sa mère, as­sise quelques ran­gées plus haut.

« Quand je suis al­lée la voir…, je ne la re­con­nais­sais même pas. Elle était telle- ment sous le choc. Elle avait de la mi­sère à me par­ler, elle avait de la mi­sère à me dire « Fé­li­ci­ta­tions ». C’était les larmes, la joie. Je pense qu’elle a vu, comme je le di­sais dans mes re­mer­cie­ments, la pe­tite fille al­ler cher­cher un prix, confie la chan­teuse.

« Ma mère, c’est la pre­mière per­sonne à qui j’ai dit que j’al­lais de­ve­nir chan­teuse ». À sept ans, je lui ai dit : « Moi, c’est ça que je vais faire plus tard. Estce que tu me crois ? » Ma mère, en tant que bonne mère, m’a dit : « Ben oui, si c’est ça que tu veux faire, vas-y, fonce. » C’est elle la pre­mière qui y a cru. C’est elle la pre­mière qui m’a en­cou­ra­gée à le faire. Pour moi, c’était cer­tain que j’al­lais la voir (à L’ADISQ), mais j’ai l’im­pres­sion que, elle, elle ne s’y at­ten­dait pas. »

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