«Je ne re­grette rien»

- Mi­chèle Ri­chard

Le Journal de Quebec - Weekend - - BIOGRAPHIE DRESSÉE POUR - Mi­chelle Cou­dé-lord

MON­TRÉAL | Un livre sur la vie de Mi­chèle Ri­chard? Je vous en­tends dé­jà dire pour­quoi? On sait dé­jà tout ou presque de sa vie. Mais voi­là, cette bio­gra­phie sous le titre Dres­sée pour être star est un pre­mier pas pour un pro­jet de ci­né­ma. La Ri­chard ne fait ja­mais rien pour rien.

« Ceux qui vou­dront faire la vie de Mi­chèle Ri­chard au ci­né­ma ont main­te­nant ma ver­sion, ma vé­ri­té. Et je vous di­rais que je suis au­jourd’hui à 65 ans en par­faite fu­sion avec la star et Mi­chèle. On ne fait qu’un. J’ai vrai­ment fait ce livre pour un film, car ra­con­ter ma vie au dé­part ne m’in­té­res­sait pas. Mais un film oui… donc j’ai pris les moyens », me dit Mi­chèle Ri­chard lors d’une ren­contre dans un hô­tel mon­tréa­lais.

Dans ce livre, on fait la ren­contre de cette pe­tite fille unique dres­sée par sa mère pour être une star, et son père mu­si­cien, le fa­meux Ti-blanc, qui émeut en­core sa fille à chaque fois qu’elle pro­nonce son nom.

« À 12 ans, j’avais mon groupe de mu­si­ciens. Je ne connais­sais rien d’autre que le monde de la mu­sique. Oui, j’ai été dres­sée, mais avec amour. »

Elle est sou­vent tou­chante, Mi­chèle Ri­chard, en en­tre­vue. Et la femme que j’ai de­vant moi ne joue pas… elle est d’une ex­tra­va­gance sym­pa­thique. Au fond, elle est Mi­chèle Ri­chard. Elle l’avoue, c’est son pu­blic qui l’a sou­vent sau­vée.

« Si je ne l’ai pas, j’aban­donne. Je le crois fer­me­ment. Dans mes pires mo­ments de souf­france, je me tourne, et il est en­core là à me don­ner de l’amour. Donc, je conti­nue à les “en­ter­tai­ner” », dit-elle en sou­riant.

SES HOMMES

Pour ce livre, elle n’a pas ai­mé re­vi­si­ter cer­tains cha­pitres de sa vie, par­ti­cu­liè­re­ment cette pé­riode où elle est de­ve­nue la femme d’un pri­son­nier, son ex-ma­ri Yvan De­mers.

« J’en­tends en­core le bruit ter­rible de la porte qui se re­ferme sur nous. C’était hor­rible. Je l’ai sou­te­nu jus­qu’au bout. Je suis une femme très res­pon­sable. Et je les ai tous ai­més mes hommes de Guy Cloutier en pas­sant par Yvan sans ou­blier mon Claude F. Ar­cham­bault, un homme qui sort de la mê­lée, un être ex­cep­tion­nel. Elle lui a même fait le tour de la fille toute nue sous la toge pour le faire rire. Je les ai tous ame­nés dans un monde de fo­lie, le mien. Mais faut croire que j’ai ra­té un peu, car je suis seule à vieillir au­jourd’hui » laisse-t-elle tom­ber. Des larmes lui montent aux yeux.

CE CORPS POUR AL­LER DAN­SER…

Mais la voi­là qu’elle se met à par­ler de ce corps qui vieillit mal­gré elle.

« C’est hor­rible vieillir, et mon chirurgien es­thé­tique ne veut plus m’opé­rer. J’ai eu trois chirurgies, au ventre, aux jambes et au vi­sage. C’est ce­la, être dres­sée pour être star. Je suis tou­jours im­pec­cable. Comme au­jourd’hui, pour la pho­to j’ai même re­fait mes doigts de pied ». Elle me les montre fiè­re­ment… d’un rouge dis­tin­gué, je vous dis. De très beaux pieds, la Ri­chard.

ET ELLE AIME CE­LA

« Je vou­drais tou­jours être la plus belle pour al­ler dan­ser, être la plus belle pour tout, pour avan­cer, pour ai­mer. Mais mon Dieu, que c’est es­souf­flant ».

Elle se re­pose en voya­geant et épuise ses amis qui voyagent avec elle.

« J’ar­rive de Walt Dis­ney et j’ai es­sayé tous les ma­nèges. À 65 ans, je veux être en­core plus folle, pour mes 15 ans qui me res­tent à vivre pro­ba­ble­ment. À mes dé­ni­greurs, je les pré­viens, la Ri­chard ne prend pas de re­traite, et veut être plus folle que ja­mais. »

SES FO­LIES

Et par­lons-en de ses fo­lies… Que di­telle de ces écarts de conduite dans un mo­tel de Sher­brooke, et la perte de son per­mis de conduire… pour état d’ébrié­té.

« J’ai payé pour mes er­reurs, et pour ce qui est de Sher­brooke j’ai été trai­tée in­jus­te­ment par les po­li­ciers. Moi dans ma bio­gra­phie, je ne vou­lais même plus en par­ler, mais mes conseillers, mon édi­teur, m’ont dit que les gens al­laient croire que je vou­lais leur ca­cher des choses. Donc voi­là, on en parle. »

GAR­DEN PAR­TY

Pour Gar­den Par­ty qui lui don­nait à l’époque 90 000 $ pour un été, elle es­time avoir été vic­time de l’égo de Serge La­prade qui sen­tait qu’elle lui vo­lait du temps d’an­tenne… À ses yeux, elle est sor­tie ga­gnante de l’aven­ture, car elle est pour ses fans, et de­meu­re­ra tou­jours, l’unique Reine de Quatre-sai­sons.

« Si Serge me par­lait, je le sa­lue­rais si­non j’as­sume tous mes choix dans ma vie, comme ac­cep­ter que Da­nièle Oui­met ne soit plus mon amie. C’est elle qui l’a dé­ci­dée ain­si con­trai­re­ment à Re­née Mar­tel qui est comme une soeur. »

De Guy Cloutier, elle di­ra « moi je n’ai pas à lui par­don­ner rien. J’ai vé­cu de belles an­nées avec lui au dé­but de ma ving­taine. Je ne juge ja­mais per­sonne. »

Des mé­dias, elle di­ra « ils vou­laient me bouf­fer, et j’ai réa­li­sé que je ne pou­vais vivre sans eux et eux sans moi. Donc je me suis ar­ran­gée pour que tout le monde soit ga­gnant ».

Et au­jourd’hui celle qui ne re­grette rien at­tend quoi de la vie ?

« Je ra­len­ti­rais mes pro­jets de tra­vail de 80 pour cent pour un homme. Je le fe­rais pour ma vie de femme. J’es­père tou­cher ce nou­veau bon­heur. Mais je peux dire que mal­gré les em­bûches, je ne me sens pas per­dante… nulle part. » √ Mi­chèle Ri­chard, la bio­gra­phie Dres­sée pour être star avec la col­la­bo­ra­tion de Be­noit Gignac. Aux Édi­tions La Presse.

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