Cri­tiques élo­gieuses en France pour Curling, de De­nis Cô­té

Le Journal de Quebec - Weekend - - CE QUI SE PASSE À PARIS - Vé­ro­nique Beau­det Col­la­bo­ra­tion spé­ciale ve­ro­nique.beau­det@jour­nalmtl.com

Sor­ti dans les salles fran­çaises le 26 oc­tobre der­nier, le cin­quième long-mé­trage du ci­néaste qué­bé­cois De­nis Cô­té a convain­cu la cri­tique fran­çaise.

Après avoir été pré­sen­té aux fes­ti­vals Ci­né­ma du Qué­bec à Pa­ris l’an der­nier et Pa­ris Ci­né­ma en juillet, et après avoir fait le tour des fes­ti­vals in­ter­na­tio­naux, ra­flant au pas­sage deux prix à Lo­car­no (meilleur réa­li­sa­teur et meilleur ac­teur pour Em­ma­nuel Bi­lo­deau), Curling est fi­na­le­ment sor­ti en salles en France. Il s’agit du pre­mier film de De­nis Cô­té à sor­tir dans l’hexa­gone. Une sor­tie dis­crète, mais re­mar­quée par la cri­tique.

Ce film contem­pla­tif et an­xio­gène qui ra­conte l’his­toire d’un père sur­pro­tec­teur (Em­ma­nuel Bi­lo­deau) et de sa fille (Phi­lo­mène Bi­lo­deau) vi­vant dans une mai­son iso­lée d’un coin per­du du Qué­bec a en ef­fet re­çu la fa­veur de la plu­part des mé­dias. Le quo­ti­dien Le Monde lui a ré­ser­vé une cri­tique plus que po­si­tive, com­pa­rant Curling à Psychose d’hit­ch­cock. « On prend conscience sou­dain de se trou­ver face à une va­ria­tion brillante, ori­gi­nale et in­at­ten­due de Psychose, un re­make où l’on au­rait sub­sti­tué au couple mère-fils un tan­dem pè­re­fille », écrit le quo­ti­dien, ajou­tant « qu’on ne voit pas un tel tra­vail ci­né­ma­to­gra­phique tous les jours ».

Li­bé­ra­tion sou­ligne « le tra­vail hal­lu­ci­nant » de la di­rec­trice de la photographie Jo­sée Deshaies, qui « fi­nit d’éle­ver Curling au rang des bi­joux vus cette an­née. Sai­sis­sant », conclut le jour­nal. Même son de cloche dans le jour­nal La Croix, où l’on dit de De­nis Cô­té qu’il est « l’un des met­teurs en scène les plus ex­ci­tants de sa gé­né­ra­tion ». Dans une cri­tique de quelques lignes, Ci­né Live parle du film comme d’un « jeu de piste nar­ra­tif aty­pique, op­ti­mi­sé par une mise en scène sans cesse in­no­vante », alors que Té­lé­ra­ma, tout aus­si convain­cu, écrit : « Un vrai charme émane de ce film sombre et cu­rieu­se­ment aveu­glant, comme la neige om­ni­pré­sente. »

Alors que L’hu­ma­ni­té parle d’un film « tout en nuances, sin­gu­lier, pour spec­ta­teur at­ten­tif », Les In­ro­ckup­tibles trouvent tou­te­fois que Cô­té abuse un peu des plans­sé­quences et du sym­bo­lisme, mais re­con­naît que Curling « reste une ex­pé­rience fas­ci­nante, un film han­té par le doute et la culpa­bi­li­té. » La seule cri­tique né­ga­tive que l’on a pu trou­ver est celle du ma­ga­zine de ci­né­ma Ex­ces­sif, qui voit quant à lui des li­mites à mi­ser sur « l’in­tel­li­gence du spec­ta­teur en égre­nant des per­son­nages, des in­dices et des ba­lises sans né­ces­sai­re­ment don­ner de ré­ponses sa­tis­fai­santes. » Consé­quence : « Plus le film avance, moins il sé­duit », conclut le ma­ga­zine.

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