SA­VEUR MO­DERNE AUX AIRS TRA­DI­TION­NELS

Pen­dant que son frère Fred mène sa car­rière tam­bour bat­tant, Ni­co­las Pel­le­rin est en train de se bâ­tir une so­lide ré­pu­ta­tion dans le mi­lieu de la mu­sique tra­di­tion­nelle, qu’il s’est don­né comme mis­sion de mo­der­ni­ser avec son groupe Les grands hur­leurs.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric BÉ­LAN­GER Le Jour­nal de Qué­bec

Après un pre­mier ef­fort dé­co­ré du titre d’al­bum tra­di­tion­nel de l’an­née au ga­la de L’ADISQ, en 2010, le trio for­mé de Pel­le­rin, Si­mon Le­page et Si­mon Ma­rion est de re­tour avec Pe­tit grain d’or, en vente de­puis mar­di der­nier.

« C’est une suite plus raf­fi­née, plus peau­fi­née. Quand on a fait le pre­mier disque, ça fai­sait trois mois qu’on était en­semble. Mais, de­puis, on a fait plus de 200 shows, alors le son du groupe est éta­bli. La dé­marche ar­tis­tique est mieux dé­fi­nie. On sait où on s’en va », a confié Pel­le­rin, lors d’un arrêt à Qué­bec, il y a quelques jours.

En plus de pro­po­ser ses propres com­po­si­tions, le groupe s’amuse, comme il avait com­men­cé à le faire sur son pre­mier al­bum, à don­ner une nou­velle sa­veur à des airs tra­di­tion­nels.

« Des pu­ristes vont trou­ver qu’on “dé­viarge” trop le ré­per­toire. Mais c’est un ré­per­toire tra­di­tion­nel qui ap­par­tient à tout le monde, donc per­sonne n’a de droits là-des­sus. On le mo­der­nise, on le re­tra­vaille beau­coup, mais, en même temps, nous sommes res­pec­tueux de la source. C’est fa­cile faire de la fu­sion, de dire que tu fais du rock-trad parce que tu mets un gros beat de drum der­rière un reel, mais il faut que ce soit jus­ti­fié et que ça ap­porte quelque chose à la chan­son. »

Ain­si, on en­tend çà et là de l’élec­tro, un soup­çon de jazz alors que sur le titre d’ou­ver­ture, Tré­gate, les mu­si­ciens ont mis une touche afri­caine.

« On es­sayait de l’ar­ran­ger et on n’y ar­ri­vait pas. À un mo­ment don­né, on s’est mis à im­pro­vi­ser plus afri­cain pour dé­con­ner et on a trou­vé le groove. En­suite, j’ai com­po­sé un re­frain avec des tour­nures de phrases ré­pé­ti­tives dans un style afri­cain », re­late Ni­co­las Pel­le­rin.

LE TRAD EN VOGUE

Ce der­nier ne s’en cache pas. L’ob­ten­tion d’un Fé­lix a confor­té le groupe dans sa dé­marche ar­tis­tique qui dé­vie de la tra­di­tion.

« Quand on a lan­cé le pre­mier disque, dé­jà on ten­dait vers la marge de ce qui se fait dans le trad. Nous ne sa­vions pas comment ça se­rait per­çu. Le Fé­lix a été le coup de pouce qui nous a in­ci­tés à ou­vrir la ma­chine en­core plus », dit-il, ajou­tant que le trad compte « sur une re­lève hal­lu­ci­nante au Qué­bec ».

« Il y a de plus en plus d’écoles. Ça com­mence à être plus res­pec­table et res­pec­té de faire de la mu­sique tra­di­tion­nelle. Ve­nez nous voir en show et vous al­lez com­prendre qu’on est loin d’un par­ty du jour de l’an. »

Ils se­ront d’ailleurs en spec­tacle avec l’or­chestre sym­pho­nique de Qué­bec les 16 et 17 dé­cembre, au Co­li­sée Pep­si, pour La grande vi­rée de Noël. Cette fin de se­maine, ils se payent même une pe­tite vi­rée à Bar­ce­lone.

« Et nous avons joué en Al­le­magne cet été. Le trad qué­bé­cois marche beau­coup ailleurs. Il y a beau­coup de groupes qué­bé­cois qui vivent de leur art et dont on n’en­tend ja­mais par­ler au Qué­bec. Il y a un gros ré­seau de fes­ti­vals folk et de mu­sique du monde. En Al­le­magne, ça a été nos meilleurs shows à vie. Les gens ca­po­taient. »

LA PÉ­PI­NIÈRE DE SAINT-ÉLIE

Quant à une nou­velle col­la­bo­ra­tion entre les frères Pel­le­rin, elle n’est pas ex­clue. Les deux ont dé­jà un al­bum com­mun à leur ac­tif et Fred a écrit le texte de la pièce De fil en chan­son qui se re­trouve sur Pe­tit grain d’or. Mais chaque chose en son temps, dit Ni­co­las.

« Nous avons as­sez de pro­jets pour se cas­ser la tête cha­cun de notre cô­té que quand on tra­vaille en­semble, on ne veut pas se la cas­ser. Je le sais que, dans quelques an­nées, on va s’ap­pe­ler pour se dire : j’ai deux mois où c’est plus tran­quille, est-ce qu’on fait un disque? C’est vrai­ment spon­ta­né. »

En at­ten­dant, les Pel­le­rin ac­cu­mulent les ré­com­penses à L’ADISQ (deux autres pour Fred au ga­la de di­manche der­nier), tout comme leur ami d’en­fance de Saint-élie-deCax­ton Jeannot Bour­ni­val.

« Je pense qu’il y a plus de Fé­lix per ca­pi­ta à Saint-élie qu’à Mon­tréal. Nous en avons au moins une dou­zaine », blague Pel­le­rin, sou­li­gnant qu’un autre na­tif de Saint-élie, le vir­tuose de l’har­mo­ni­ca Pas­cal Veillette, pour­suit une car­rière in­té­res­sante à Mon­tréal.

« On a tous été éle­vés sur la rue Saint-pierre, à quelques mai­sons d’in­ter­valle. Nous sommes tous mu­si­ciens. C’est spé­cial quand on y re­pense. À un mo­ment don­né, on vou­lait faire un disque du band de la rue Saint-pierre. Fau­drait le faire un jour. » √ Ni­co­las Pel­le­rin et Les grands hur­leurs se­ront en spec­tacle au Club So­da, à Mon­tréal, dans le cadre de la soi­rée Jeunes Mu­si­ciens du monde, le 12 no­vembre, et au Co­li­sée Pep­si de Qué­bec, avec L’OSQ, les 16 et 17 dé­cembre.

NI­CO­LAS PEL­LE­RIN

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