LES RIFFS DE LA MA­TU­RI­TÉ

Leur troi­sième al­bum a été bap­ti­sé ju­di­cieu­se­ment Le tour du cha­peau et la for­ma­tion du Lac-saint-jean les Dales Ha­wer­chuk croit avoir créé le disque qui leur per­met­tra d’at­teindre leur but : être re­con­nus comme un des bons bands de rock du Qué­bec.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Cé­dric Bé­lan­ger CE­DRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Le chan­teur-gui­ta­riste Syl­vain Séguin sait bien que le rock al­ter­na­tif de son groupe ne ré­vo­lu­tionne rien mais il es­père que les « gens vont em­bar­quer ». Sur­tout que pour la pre­mière fois de son exis­tence, le qua­tuor com­plé­té par Sé­bas­tien Séguin (le frère de Syl­vain), Pierre For­tin et Charles Per­ron bé­né­fi­ciait d’une sub­ven­tion du Conseil des arts, lui don­nant en­fin « les moyens de ses am­bi­tions ».

Sur le deuxième al­bum, rap­pelle Séguin, « ce n’était pas le son que je vou­lais mais on n’avait pas une crisse de cenne ».

Flan­qué à la réa­li­sa­tion d’oli­vier Lan­ge­vin, les Dales ont pu faire son­ner Le tour du cha­peau comme ils le dé­si­raient.

« Oli­vier a tra­vaillé avec des gros noms (Ma­ra Trem­blay, Ariane Mof­fatt, Gilles Vi­gneault). Il sait comment sonne une bat­te­rie avec tel mi­cro, il sait que tel am­pli avec telle gui­tare va faire quelque chose de dé­bile. On veut que sur le disque, ça sonne comme quand on les joue dans le lo­cal. Sou­vent, en l’écou­tant sur le cd, on trouve qu’on a man­qué notre coup. Dans ce disque, au­cune chan­son ne m’a dé­çu, tout est par­fait. Oli­vier a réus­si à trans­po­ser ça sur une ga­lette qui sonne bé­ton. Avec ce disque, je pense qu’on va être re­con­nus comme un bon band de rock au Qué­bec. »

PLUS SAGES

Le jeu des quatre Dales, sou­lève aus­si Séguin, s’est amé­lio­ré à force de par­cou­rir le Qué­bec pour don­ner des spec­tacles. Moins ra­pide, leur rock est plus ma­ture. Idem pour les textes, qui prennent un peu de sa­gesse.

« Mais je ne pense pas qu’on va être des Fé­lix Le­clerc bien­tôt », s’es­claffe Syl­vain Séguin, en sou­li­gnant que les textes de par­tys de­meurent pré­sents.

« On ne s’en sort pas. Mais c’est parce que le riff de gui­tare ne nous don­nait pas d’autre op­tion. Pour Rhum and coke, on ne pou­vait pas par­ler de pro­blèmes de pé­do­phi­lie au Qué­bec avec ce riff. Mais on parle de dé­pres­sion dans Fou par­lant, Amour foudre est une his­toire d’amours dé­chues qui fi­nit vrai­ment mal dans la cui­sine. J’fais mon che­min est une chan­son bio­gra­phique des Dales Ha­wer­chuk. On dit qu’on ne fait peu­têtre pas ça comme les autres, peut-être que c’est pas la bonne ma­nière mais c’est de même qu’on fait. »

LE QUÉ­BEC AVANT LA FRANCE

Après la sor­tie de l’al­bum mar­di pro­chain, les Dales Ha­wer­chuk se donnent quelques mois pour mon­ter le spec­tacle qu’ils ont l’in­ten­tion de pré­sen­ter aux quatre coins de la pro­vince, à par­tir de fé­vrier 2012.

L’au­tomne sui­vant se­ra consa­cré à l’ouest ca­na­dien avant un pos­sible re­tour en France, en 2013, sous une forme qui reste à pré­ci­ser.

« S’il y a une sor­tie d’al­bum, ça in­clut une grosse tour­née. La ques­tion est de sa­voir si on veut vrai­ment al­ler en France pour trois mois afin de s’éta­blir puisque nous avons des en­fants. Nous sommes en train de re­gar­der ça. »

LES JETS

Chose cer­taine, le re­tour des Jets de Win­ni­peg (Dale Ha­wer­chuk était un joueur ve­dette du club ma­ni­to­bain dans les an­nées 80) dans la Ligue na­tio­nale pour­rait mous­ser la po­pu­la­ri­té du groupe à l’ouest du Ca­nal Ri­deau.

« Quand on a fait notre tour­née dans l’ouest ca­na­dien, on avait eu un ac­cueil de feu à Win­ni­peg. La salle était pleine et tout le monde avait son chan­dail des Jets. Ils se sont ap­pro­priés les Dales comme le band qui re­pré­sente leur équipe de hockey dans leur ville même si on vient de Mon­tréal. On prend ça comme un pont pour al­ler dans l’ouest », dit Séguin, en re­la­tant la ren­contre du groupe avec le vrai Dale Ha­wer­chuk.

« Quand on l’a ren­con­tré, ce­la a confir­mé qu’on a bien fait de choi­sir ce nom. C’est un gent­le­man. La seule af­faire qu’il nous a dit, c’est: vous avez le droit de prendre mon nom mais te­nez-vous loin de la pri­son. On lui a dit de ne pas s’in­quié­ter, qu’on ne se fe­rait pas po­gner comme Éric La­pointe à Can­cun. » √ L’al­bum Le tour du cha­peau, des Dales Ha­wer­chuk, se­ra en vente à comp­ter de mar­di.

DALES HA­WER­CHUK

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