EM­BAL­LÉ PAR LA RE­LÈVE

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers Agence QMI

Après avoir joué, à une cer­taine époque, pour les Gilles Carle, Jean-claude La­brecque et Fran­cis Man­kie­wicz, le co­mé­dien Gil­bert Si­cotte ap­pré­cie de voir une jeune gé­né­ra­tion de ci­néastes lui per­mettre de re­nouer avec le ci­né­ma.

Gil­bert Si­cotte s’est fait dis­cret au grand écran pen­dant plu­sieurs an­nées, jus­qu’à ce que le réa­li­sa­teur Sté­phane La­pointe lui offre l’un des rôles prin­ci­paux de son pre­mier long mé­trage, La

vie se­crète des gens heu­reux, en 2006. De­puis, d’autres jeunes ci­néastes qué­bé­cois ont fait ap­pel à lui pour leurs pre­miers films : Sté­phane La­fleur pour

Conti­nen­tal, un film sans fu­sil (2007), Si­mon-oli­vier Fec­teau et Marc-an­dré La­voir pour Bluff (2007) et main­te­nant Sé­bas­tien Pi­lote pour Le ven­deur.

« Je trouve ça fa­bu­leux de voir cette jeune gé­né­ra­tion faire sa place, lance Gil­bert Si­cotte.

« Ça veut dire que notre culture ci­né­ma­to­gra­phique se pour­suit. À l’époque, il y a eu les Jean-claude La­brecque, Mi­chel Brault, Fran­cis Man­kie­wizc, puis il y a eu De­nys Ar­cand. Et main­te­nant, ce sont eux qui prennent la re­lève. C’est beau de voir que ça conti­nue. Et ce que j’aime, c’est que ces jeunes ci­néastes ont cha­cun leur vi­sion, une fa­çon de faire et de ra­con­ter une his­toire qui est la leur.

« Ce­la me ras­sure aus­si parce que je trouve que de­puis quelques an­nées, on es­saie trop sou­vent de faire des films et des lan­ce­ments de films à l’amé­ri­caine et que ce­la ne donne pas tou­jours des ré­sul­tats sa­tis­fai­sants. Je crois que ce n’est pas dans des films faits à l’amé­ri­caine qu’on de­vrait concen­trer nos éner­gies. »

PAS DE CARICATURE

Dans Le ven­deur, Gil­bert Si­cotte joue donc le per­son­nage de Mar­cel Lé­vesque, sym­pa­thique et ha­bile ven­deur d’au­to­mo­biles en fin de car­rière qui conti­nue de bien per­for­mer chez un conces­sion­naire si­tué pour­tant dans une pe­tite ville frap­pée de plein fouet par la mo­ro­si­té éco­no­mique.

Si­cotte par­vient à rendre at­ta­chant et hu­main ce per­son­nage de « ven­deur de chars » si sou­vent ca­ri­ca­tu­ré dans notre so­cié­té.

« Je n’ai pas peur des cli­chés ou de la caricature, avoue l’ac­teur de 63 ans à pro­pos de ce per­son­nage.

« Quand l’hu­ma­ni­té est dans le rôle, la caricature est hu­ma­ni­sée. Dans le cas du per­son­nage de Mar­cel, Sé­bas­tien Pi­lote était conscient de ce dan­ger, et il a plus axé le per­son­nage sur son plai­sir de connaître les gens, d’avoir des re­la­tions d’ami avec ses clients. C’était un rôle ma­gni­fi­que­ment écrit et tout était là. Il suf­fi­sait seule­ment de le faire exis­ter. »

Si­cotte ad­met avoir vu ra­pi­de­ment chez ce ven­deur quelque chose de son cé­lèbre Jean-paul Bel­leau, per­son­nage de sé­duc­teur du té­lé­ro­man Des dames de coeur qui a mar­qué l’his­toire de la té­lé­vi­sion qué­bé­coise.

« Comme Bel­leau, il aime sé­duire, sou­ligne-t-il. Mais pour lui, ça passe par son plai­sir à faire plai­sir aux gens en leur ven­dant une voi­ture neuve. »

Le ven­deur a été tour­né à Dol­beau, du­rant l’hi­ver 2010. Une ex­pé­rience cha­leu­reuse et unique, se­lon Gil­bert Si­cotte.

« On a tour­né pen­dant six se­maines à Dol­beau, et c’est le genre de chose qu’on ne fait plus sou­vent mal­heu­reu­se­ment, ob­serve-t-il.

« J’ai connu ce­la dans les an­nées 1980 ou on tour­nait sou­vent en lo­ca­tion. C’est très ins­pi­rant aus­si d’al­ler tour­ner ailleurs. Ça nous donne une autre ima­ge­rie. Au­jourd’hui, tout pra­ti­que­ment se tourne à Mon­tréal ou sur le Pla­teau Mont-royal. C’est le fun qu’on ouvre le ci­né­ma un peu plus. Le reste du Qué­bec est tel­le­ment dif­fé­rent. On a tel­le­ment l’im­pres­sion que ce qui se passe à Tout le

monde en parle, c’est ça la vie. Mais ce n’est pas vrai. »

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