DEUX CO­MIQUES TRÈS SÉ­RIEUX

Cette se­maine, nous avons dis­cu­té avec deux jeunes hommes qui prennent la po­li­tique, la pa­ter­ni­té et les exi­gences de la cé­lé­bri­té très au sé­rieux. Deux gars mieux connus sous les noms de Ha­rold et Ku­mar.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Liz Braun Agence QMI

Les ci­né­philes connaissent-ils l’édu­ca­tion su­pé­rieure, le sé­rieux et l’in­té­rêt pour la po­li­tique, dans la vraie vie, de leurs hé­ros ge­lés?

« En gé­né­ral, les gens sont sur­pris d’ap­prendre que nous sommes, en fait, aux an­ti­podes de nos per­son­nages », a dit John Cho, 39 ans, un ac­teur et mu­si­cien connu de mil­lions d’ad­mi­ra­teurs sous le nom de Ha­rold.

« Il y en a qui nous crient, dans la rue: “Yo! Ha­rold, Ku­mar!” et c’est plai­sant de voir qu’ils ont ap­pré­cié le film, mais il y en a d’autres qui ai­me­raient peut-être en ap­prendre plus sur les ac­teurs, ou même lire cer­taines des lettres édi­to­riales que j’ai écrites au su­jet de notre pré­sident, par exemple », a ajou­té Kal­pen Su­resh Mo­di, 34 ans (dont le nom d’ac­teur est Kal Penn), connu comme le fu­meur de pot in­vé­té­ré Ku­mar.

Les deux ac­teurs étaient ré­cem­ment de pas­sage à Toronto pour la pro­mo­tion de

Ha­rold et Ku­mar fêtent Noël (en 3 D), troi­sième film de leur sé­rie de co­mé­dies sur deux ma­niaques de l’herbe en ca­vale. Dans leur film de Noël, même le père Noël fume un joint.

NOËL EN DÉ­ROUTE

Au dé­but de Ha­rold et Ku­mar fêtent Noël, nos deux com­pères sont sur deux voies dif­fé­rentes de la vie. Ha­rold est de­ve­nu un homme de fa­mille sé­rieux, qui cherche à im­pres­sion­ner son beau-père, alors que Ku­mar, tou­jours aus­si « po­teux » et flem­mard en­dur­ci, n’a pas en­core vé­cu de vé­ri­table tran­si­tion à la vie adulte.

Ha­rold et Ku­mar doivent éven­tuel­le­ment unir leurs forces pour sau­ver la fête de Noël et, bien sûr, res­tau­rer leur ami­tié. Ce fai­sant, ils font face à des tueurs de l’eu­rope de l’est, de­viennent des per­son­nages ani­més en pâte à mo­de­ler, font fu­mer ac­ci- den­tel­le­ment un pou­pon et passent près de tuer le père Noël.

Ajou­tez au mé­lange les per­son­nages de Neil Pa­trick Har­ris (lui-même), de Ro­sen­berg (Ed­die Kaye Tho­mas) et de Gold­stein (Da­vid Krum­holtz), et les ver­tus du confor­misme en prennent pour leur rhume.

En réa­li­té, leur vie se lit plu­tôt comme suit : John Cho par­tage son temps entre les mé­tiers d’ac­teur et de mu­si­cien, il a un fils de trois ans et il a par­ti­ci­pé, le mois der­nier, à un dî­ner d’état en l’hon­neur du pré­sident de la Co­rée du Sud.

Kal Penn, comme l’on sait, est re­ve­nu au mé­tier d’ac­teur après deux an­nées d’ab­sence pas­sées au sein du per­son­nel du pré­sident Oba­ma. On croi­rait que ces gars sont de­ve­nus des mo­dèles à suivre dans les com­mu­nau­tés co­réennes et in­diennes.

LES AC­TEURS ET LEUR PER­SON­NAGE

Euh… non, mer­ci, a dit Penn. « Nous sommes heu­reux que les scé­na­ristes Jon Hur­witz et Hay­den Schloss­berg aient créé les per­son­nages de Ha­rold et Ku­mar et leur uni­vers ori­gi­nal. Mais de pen­ser être des fi­gures de proue cultu­relles, ce se­rait s’a- ven­tu­rer sur un ter­rain glis­sant dans le contexte de ce que nous in­car­nons comme ac­teurs que de se per­mettre de ju­ger quoi que ce soit. »

« J’aime le fait que ces per­son­nages, au lieu de lut­ter contre les sté­réo­types en pro­je­tant une image par­faite, se per­mettent plu­tôt de vivre leur li­ber­té en étant ri­di­cules, gaf­feurs et ex­pli­ci­te­ment ir­res­pon­sables. D’une cer­taine fa­çon, c’est ce que nous vi­sons au ci­né­ma et à la té­lé : se don­ner la li­ber­té d’être qui nous vou­lons, d’in­car­ner ce qui nous plaît. Cette lé­gè­re­té est, en quelque sorte, plus ef­fi­cace que d’es­sayer de créer des per­son­nages sé­rieux et confor­mistes », a dit Cho.

Et d’ajou­ter Penn : « On se laisse par­fois prendre dans un di­lemme au su­jet d’un per­son­nage, à sa­voir s’il est po­si­tif ou né­ga­tif. Les deux points de vue sont ri­di­cules. Les hu­mains sont im­par­faits à la base et c’est ce qui nous rend in­té­res­sants. C’est un réel plai­sir de jouer des per­son­nages comme Ha­rold et Ku­mar parce qu’ils sont im­par­faits, et ils sont pré­oc­cu­pés par les mêmes ques­tions mo­rales que le reste du monde. C’est ce que j’aime de Ku­mar parce qu’il a un grand coeur, mais il a une fa­çon si crasse de l’ex­pri­mer. »

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