LA TÉ­LÉ quand et où je veux la voir

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - Guy Four­nier Col­la­bo­ra­tion spé­ciale gfour­nier@jour­nalmtl.com

La ré­vo­lu­tion nu­mé­rique ne met pas en dan­ger la té­lé­vi­sion tra­di­tion­nelle. Celle-ci est en­core et de­vrait res­ter le grand mé­dia de masse. Je ne vois vrai­ment pas par quoi on pour­rait la rem­pla­cer. C’est vrai que les chaînes gé­né­ra­listes ont per­du beau­coup d’au­di­teurs au pro­fit des chaînes spé­cia­li­sées, mais dans l’un et l’autre cas, ça reste de la té­lé­vi­sion. Pour avoir une idée juste de l’au­di­toire, il faut ad­di­tion­ner les au­diences de toutes les chaînes, en plus d’ajou­ter celles de la té­lé sur les autres pla­te­formes. On constate alors que la té­lé­vi­sion re­pré­sente tou­jours une force de frappe in­com­pa­rable.

Est-ce à dire que la ré­vo­lu­tion nu­mé­rique n’a rien chan­gé ? Loin de là. Au­jourd’hui, je peux re­gar­der la té­lé­vi­sion où et quand je veux. Tout un chan­ge­ment par rap­port au bon vieux temps de l’ana­lo­gique, qui m’obli­geait à toutes sortes de pi­rouettes pour ne rien man­quer. Quelques grands-messes de­meurent ( On connaît la chan­son, Le ban­quier, Tout le monde en parle, les sports en di­rect…), mais elles réunissent de moins en moins de fi­dèles de­vant le té­lé­vi­seur. De plus en plus d’ama­teurs y prennent part à comp­ter de leurs té­lé­phones in­tel­li­gents ou de leurs ta­blettes élec­tro­niques.

L’ÉCOUTE DE LA FIC­TION CHANGE

Plus que tout autre genre, ce sont les dra­ma­tiques qui voient leur écoute se trans­for­mer. À BBM ou Niel­sen, elles n’ont plus les cotes as­tro­no­miques d’au­tre­fois, ce qui ne si­gni­fie pas du tout qu’on s’y in­té­resse moins. On les vi­sionne de plus en plus sur son en­re­gis­treur per­son­nel ou sur une ta­blette et on achète les DVD de fa­çon à re­gar­der à la suite le nombre d’heures qu’on veut tout en évi­tant les in­ter­rup­tions com­mer­ciales.

L’au­dience de la vi­déo sur de­mande ne cesse de croître aus­si et ce n’est pas fi­ni. La vi­déo sur de­mande donne à la fic­tion la même flexi­bi­li­té qu’un livre. Cha­cun lit un ro­man à l’heure qu’il veut dans le lieu qu’il choi­sit. C’est cette li­ber­té que la vi­déo sur de­mande offre à la fic­tion.

MAIN­TE­NANT, ON VEUT BOU­GER…

Il n’y a pas si long­temps, la plu­part des foyers comp­taient des or­di­na­teurs « de table ». Des monstres! Au­jourd’hui, quand quel­qu’un achète un or­di­na­teur, il choi­sit plu­tôt un por­table. Plus per­sonne ne veut être cloué à la même chaise et au même pu­pitre du­rant des heures, puis­qu’il y a moyen de faire au­tre­ment. De là, l’in­croyable suc­cès des ta­blettes élec­tro­niques. Ima­gi­nez, presque les mêmes fonc­tion­na­li­tés qu’un or­di­na­teur, mais avec une ta­blette que je peux trans­por­ter n’im­porte où, aus­si fa­ci­le­ment qu’un livre ou un ma­ga­zi- ne. Avec ma ta­blette, je re­garde la té­lé en di­rect, je vi­sionne des émis­sions et des films, je lis des jour­naux et des ma­ga­zines et, bo­ni sup­plé­men­taire, j’ac­cède à In­ter­net et ses mil­lions de sites.

AT­TEN­TION : DAN­GER

Il y a plus d’un an, je met­tais mes lec­teurs en garde contre l’achat pré­ci­pi­té d’un té­lé­vi­seur 3D. S’il te­nait à payer un sup­plé­ment, je leur sug­gé­rais plu­tôt d’ache­ter un té­lé­vi­seur qu’on peut bran­cher sur In­ter­net. Les der­niers mois m’ont don­né rai­son. La vente des té­lé­vi­seurs 3D pique du nez, tan­dis que les ventes de té­lé­vi­seurs bran­chés aug­mentent. Tant qu’on de­vra re­gar­der la té­lé 3D avec des lu­nettes laides et en­com­brantes et qu’on en se­ra ré­duit à un cer­tain angle de vi­sion, il n’y a pas d’ave­nir pour la té­lé 3D.

Au ga­la de L’ADISQ, la mi­nistre des Af­faires cultu­relles ain­si que plu­sieurs ar­tistes n’ont pas man­qué de fus­ti­ger les ra­dios et les té­lés qui « font peu de place à la mu­sique d’ici ». Si l’ère nu­mé­rique per­met de re­gar­der tout ce qu’on veut quand on le veut et où on le sou­haite, c’est évident qu’elle fait cou­rir de sé­rieux risques aux conte­nus ca­na­diens. La se­maine pro­chaine, nous al­lons exa­mi­ner les ef­fets de la ré­vo­lu­tion nu­mé­rique sur le conte­nu de la té­lé­vi­sion et de la ra­dio. At­ten­tion, là, il y a dan­ger.

Il y a plus d’un an, je met­tais mes lec­teurs en garde contre l’achat pré­ci­pi­té d’un té­lé­vi­seur 3D. S’il te­nait à payer un sup­plé­ment, je leur sug­gé­rais plu­tôt d’ache­ter un té­lé­vi­seur qu’on peut bran­cher sur In­ter­net.

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