LES SE­CRETS D'UNE VOIR MA­GIQUE

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Maxime De­mers

MON­TRÉAL | Après avoir pas­sé près de dix ans à Las Ve­gas, An­dré-phi­lippe Ga­gnon a re­trou­vé ses ra­cines en re­ve­nant vivre chez lui au Qué­bec. Même s’il pour­suit tou­jours sa car­rière in­ter­na­tio­nale, le sym­pa­thique imi­ta­teur aux al­lures d’éter­nel ga­min prend énor­mé­ment plai­sir au­jourd’hui à re­nouer avec son pu­blic qué­bé­cois, qui le force à être plus exi­geant en­vers lui-même.

« Au Qué­bec, je suis obli­gé de re­nou­ve­ler constam­ment mon ré­per­toire, ex­plique-t-il en en­tre­vue. « Quand je joue aux États-unis et que les spec­ta­teurs m’en­tendent faire Bar­ry White ou le saxo­phone, ils sont im­pres­sion­nés parce qu’ils ne me connaissent pas. Mais ici, les Qué­bé­cois connaissent ces nu­mé­ros. Ce­la nous oblige, Sté­phane (La­porte) et moi, à ar­ri­ver avec d’autres idées et d’autres imi­ta­tions pour sur­prendre le pu­blic qué­bé­cois. » « C’est un tra­vail constant à faire ici ; mais c’est aus­si un très beau dé­fi », ajoute son fi­dèle com­plice, Sté­phane La­porte, qui signe les textes et la mise en scène du spec­tacle. An­dré-phi­lippe Ga­gnon a beau être de re­tour au Qué­bec de­puis trois ans, il n’a pas mis sa car­rière in­ter­na­tio­nale de cô­té, bien au contraire. Alors qu’il pro­mène pré­sen­te­ment son plus ré­cent spec­tacle (in­ti­tu­lé An­dré-phi­lippe Ga­gnon est un

ré­seau so­cial) à tra­vers la pro­vince, de nou­veaux pro­jets de tour­nées sont dans l’air pour les États-unis, le Ca­na­da an­glais et la France. Bref, l’imi­ta­teur n’a pas fi­ni de faire le tour du monde. « An­dré-phi­lippe vit tou­jours dans ses va­lises, ob­serve Sté­phane La­porte qui tra­vaille avec lui de­puis ses dé­buts sur scène. « Sa vie, de­puis 25 ans, c’est de prendre l’avion. Per­son­nel­le­ment, je ne sais pas comment il fait… » L’imi­ta­teur pour­suit éga­le­ment la tour­née de son spec­tacle an­glo­phone, The

One Man Hit Pa­rade au Ca­na­da an­glais. Les an­nées las ve­gas C’est sa cé­lèbre imi­ta­tion de la chan­son

We Are the World, en 1985, qui lui a ou­vert les portes du monde. In­vi­té à chan­ter sur les grands pla­teaux de té­lé du monde, dont le

To­night Show de John­ny Car­son de­vant 15 mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs, le jeune imi­ta­teur qué­bé­cois n’a pas mis de temps à se pro­duire dans les grandes villes d’eu­rope et d’amé­rique du Nord. En 1999, lui et sa fa­mille ont élu do­mi­cile pen­dant sept ans à Las Ve­gas, pour s’ins­tal­ler de fa­çon per­ma­nente sur la scène du Ve­ni­tian puis sur celle de l’hô­tel Le Pa­ris. Après près d’une di­zaine d’an­nées pas­sées dans le dé­sert du Ne­va­da, la pe­tite fa­mille est re­ve­nue vivre à Mon­tréal il y a en­vi­ron trois ans.

« Re­ve­nir ici, et être plus près de la fa­mille, des amis et de mes proches col­la­bo­ra­teurs comme Sté­phane (La­porte), c’est sûr que ce­la nous a fait un grand bien à tous, ad­met An­dré-phi­lippe Ga­gnon.

« C’est drôle parce que quand j’ai dit à mes en­fants (âgés main­te­nant de 13 et 16 ans) qu’on re­ve­nait ha­bi­ter au Qué­bec, ils étaient dé­çus sur le coup, parce qu’ils avaient leurs amis et leurs ha­bi­tudes à Las Ve­gas. Mais après quelques mois, ils ne vou­laient plus re­tour­ner à Ve­gas. Ç’a été ins­tan­ta­né, ils ont re­trou­vé leurs ra­cines. Et moi aus­si.

« Car ce n’était pas tou­jours fa­cile, à Las Ve­gas. Pen­dant les der­nières an­nées, j’avais un ap­par­te­ment ici, à Mon­tréal, ou je ve­nais pour tra­vailler à chaque se­maine. J’étais à Las Ve­gas pour les spec­tacles du jeu­di au di­manche, je ve­nais à Mon­tréal au dé­but de la se­maine. J’ai­dais les en­fants à faire leurs de­voirs par email ou par fax. Ce n’était pas simple. »

Les an­nées pas­sées sur les scènes à Las Ve­gas lui ont tou­te­fois per­mis de s’amé­lio­rer et d’ap­prendre à se sur­pas­ser sur les planches.

« Le fait de faire 5 ou 6 spec­tacles par se­maine te per­met de t’amé­lio­rer constam­ment sur scène et à ap­pri­voi­ser chaque as­pect du mé­tier, comme l’im­pro­vi­sa­tion. Comme c’est sur­tout un pu­blic de tou­ristes, il faut le ga­gner à chaque soir. Et par­fois, ils ne sont pas né­ces­sai­re­ment de bonne hu­meur parce qu’ils viennent de perdre de l’ar­gent au jeu… Il faut réus­sir à al­ler les cher­cher quand même. »

PROXI­MI­TÉ

An­dré-phi­lippe Ga­gnon ne voit pas le fait qu’il soit re­ve­nu vivre au Qué­bec comme un frein pour sa car­rière in­ter­na­tio­nale. Au contraire, la proxi­mi­té de Mon­tréal pour­rait l’ai­der, croit-il.

« Bos­ton par exemple est à quatre heures et de­mie en voi­ture ou une heure d’avion. La France est moins loin d’ici que de Las Ve­gas.

« Le mar­ché aux États-unis est clai­re­ment plus fa­cile à opé­rer à par­tir d’ici. En ce mo­ment, il y a un pro­duc­teur de Bos­ton qui est très em­bal­lé par mon spec­tacle an­glo­phone

The One Man Hit-pa­rade. Il vou­drait pro­duite des spec­tacles en fé­vrier au Mill­bu­ry Theatre à Bos­ton. Il y a aus­si un pro­duc­teur en France qui veut me ra­me­ner au Ca­si­no de Pa­ris où j’ai dé­jà joué il y a plu­sieurs an­nées. Et on parle aus­si de spec­tacles ailleurs en France, en Bel­gique et en Suisse… »

√ Le spec­tacle An­dré-phi­lippe Ga­gnon est

un ré­seau so­cial est pré­sen­té pour la deuxième fois au Grand Théâtre de Qué­bec, ce soir, et du 17 au 19 no­vembre au Théâtre Mai­son­neuve de la Place des arts, à Mon­tréal.

PHO­TO AGENCE QMI | CHAN­TAL POI­RIER

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