LA VAGUE LMFAO FRAPPE QUÉ­BEC

À moins d’avoir pas­sé la der­nière an­née sur une île dé­serte, im­pos­sible d’y échap­per. Pro­pul­sée par l’im­mense suc­cès Par­ty Rock An­them, une in­vi­ta­tion à faire la fête et le dé­sor­mais cé­lèbre shuffle, la vague LMFAO a dé­fer­lé comme un tsu­na­mi.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Cé­dric Bé­lan­ger CE­DRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

Les fans qué­bé­cois du duo for­mé de Redfoo et Sky Blu se­ront sub­mer­gés puisque LMFAO se­ra de pas­sage au Co­li­sée Pep­si, à Qué­bec, di­manche, et au Centre Bell, à Mon­tréal, mar­di, en tant que tête d’af­fiche de la tour­née Cher­ry­tree Pop Al­ter­na

tive.

Ces deux spec­tacles, qui de­vraient se te­nir à gui­chets fer­més, se­ront une belle oc­ca­sion de consta­ter l’en­goue­ment gé­né­ré par LMFAO de­puis le lan­ce­ment de son se­cond opus, Sor­ry for Par­ty Roc

king, en juin. Pas moins de 90 000 les ont vus as­su­rer la pre­mière par­tie du spec­tacle de Ke$ha, en août, à l’in­ter­na­tio­nale de mont­gol­fières de Saint-jean-sur-ri­che­lieu.

« Au dé­but, les gens de Ke$ha nous avaient sug­gé­ré LMFAO, mais nous n’é- tions pas cer­tains et on avait dé­ci­dé de pas­ser notre tour. Puis, je me suis mise à re­gar­der les pal­ma­rès et je me suis dit que ça n’avait pas de bon sens, qu’on ne pou­vait pas pas­ser à cô­té de ça », se rap­pelle avec amu­se­ment la di­rec­trice des spec­tacles, Louise La­mou­reux.

EN FEU

Les sta­tions de ra­dio com­mer­ciales ont évi­dem­ment em­boî­té le pas avec un en­thou­siasme à la hau­teur de ce­lui au­quel car­bu­raient leurs au­di­teurs.

« C’est comme si tout ce que LMFAO tou­chait était en feu. Ré­cem­ment, il y avait trois chan­sons ( Par­ty Rock An­them,

Cham­pagne Sho­wers et Sexy and I Know It) de LMFAO en même temps au 6 à 6. Il y a très long­temps que je n’avais pas vu ça. La der­nière fois que c’est ar­ri­vé, ça re­monte à la fin des an­nées 1990 avec les Backs­treet Boys », note le di­rec­teur mu­si­cal de CKOI, Guy Brouillard.

Ge­ne­viève Mo­reau, qui oc­cupe les mêmes fonc­tions chez Éner­gie, ob­serve que « même en pa­ro­die, l’im­pact du groupe est très pré­sent ». « Nous avons fait une re­prise en fran­çais de Sexy and I Know It, qui s’ap­pelle Je suis sexy et ça t’ex­cite. On a tour­né un clip avec Anne-ma­rie Lo­sique, le lut­teur Jacques Rou­geau, les Grandes Gueules et quelques autres. En tout, au­tant pour le ma­king of que le clip, le pro­jet a sus­ci­té 300 000 clics en trois se­maines. »

FAIRE DAN­SER LE MONDE

Pour le jour­na­liste et ani­ma­teur de Mu­sique Plus Ni­co­las Tit­tley, la po­pu­la­ri­té de LMFAO tient au­tant à leur mu­sique « pop ul­tra-lé­gère » qu’à leur es­thé­tique par­ty.

« Ça va tout en­semble, c’est comme un style de vie : les vê­te­ments co­lo­rés, la culture de clubs. Leurs chan­sons ne parlent que de ça : boire des shoo­ters, dan­ser, crui­ser des filles et avoir du fun. (...) C’est fon­ciè­re­ment niai­seux, mais c’est as­su­mé. Ils ne veulent pas chan­ger le monde, ils veulent le faire dan­ser », dit-il, ajou­tant que le duo a beau faire les co­miques, ils ne sont pas stu­pides pour au­tant. « Ils ont des liens as­sez di­rects avec une cer­taine royauté de la mu­sique (NDLR : ils sont les fils et pe­tit-fils de Ber­ry Gor­dy, fon­da­teur de l’éti­quette Mo­town). Ils sont is­sus de gens qui connaissent la game. Je pense qu’il y a quelque chose de très cal­cu­lé là- de­dans. Ils ont choi­si une niche, vu qu’il y avait une place à prendre dans cette culture de par­ty. Ils sont à la mu­sique pop ce que Jer­sey Shore est à la té­lé­vi­sion. »

ÉTOILE FI­LANTE

Mais l’his­toire nous l’a maintes fois prou­vé, LMFAO ne se­ra pro­ba­ble­ment qu’une étoile fi­lante dans l’uni­vers de la pop.

« C’est la sa­veur du jour, on ne peut même pas par­ler de sa­veur du mois. Ça n’a mal­heu­reu­se­ment pas une du­rée de vie très longue », dit Guy Brouillard.

D’où l’im­por­tance pour Redfoo et Sky Blu de pro­fi­ter au maxi­mum de la manne tan­dis qu’elle passe, d’au­tant plus que le vent leur souffle dans le dos, sou­lève Ni­co­las Tit­tley.

« Nous sommes ac­tuel­le­ment dans le haut de la vague d’un mou­ve­ment de mu­sique dance-pop. Nous sommes dans l’ère de Da­vid Guet­ta et de la mu­sique de par­ty. Et LMFAO in­carne la mu­sique de par­ty. Il n’y a pas de mal parce que ça prend des choses lé­gères de temps en temps. Mais je n’irais pas jus­qu’à ana­ly­ser toute notre époque à par­tir de ce groupe. »

LMFAO se­ra de pas­sage au Co­li­sée Pep­si, à Qué­bec, de­main, et au Centre Bell, à Mon­tréal, mar­di.

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