JOUER POUR CHAN­GER LES CHOSES

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Va­nes­sa Gui­mond Agence QMI

MON­TRÉAL | C’est parce qu’il souhaitait, à sa fa­çon, faire une dif­fé­rence que Claude Le­gault a ac­cep­té d’unir ses forces à celles de la Fon­da­tion An­dré Dé­dé For­tin, en 2010.

C’est aus­si pour cette rai­son, le 13 no­vembre, qu’il chaus­se­ra ses pa­tins à l’oc­ca­sion de la troi­sième édi­tion de Passe-moé la puck, évé­ne­ment spor­tif vi­sant à ré­col­ter des fonds pour la fon­da­tion, dont l’ob­jec­tif est de contri­buer aux ef­forts de prévention du sui­cide au Qué­bec.

« Mon­tréal était triste. Tout le monde était down », a af­fir­mé Claude Le­gault, se rap­pe­lant le jour où, au prin­temps 2000, le Qué­bec a ap­pris le sui­cide d’an­dré « Dé­dé » For­tin, chan­teur des Colocs.

« Ç’a don­né un coup, parce qu’il était très po­pu­laire. C’était quel­qu’un de fes­tif, qui était très im­pli­qué so­cia­le­ment et au ni­veau po­li­tique. Il était très ras­sem­bleur. C’était vrai­ment quel­qu’un qu’on ai­mait. Le Qué­bec n’avait pas vu ve­nir ça. C’est ça, le sui­cide. Ça fait mal. »

Afin d’ap­puyer ses pro­pos, Claude Le­gault com­pare l’onde de choc cau­sée par le sui­cide de quel­qu’un à celle d’une bombe ato­mique.

« Les amis proches, les amou­reux, les col­lègues sont tou­chés par cette onde ter­ri­fiante. C’est pour cette rai­son que j’ai choi­si d’en par­ler, que j’ai dé­ci­dé de m’im­pli­quer. »

En plus d’avoir ren­con­tré des gens pas­sion­nés et dé­voués, l’ac­teur dit avoir « évo­lué » de­puis son im­pli­ca­tion au­près de la Fon­da­tion et de ses ac­ti­vi­tés. « Je pen­sais que le sui­cide, c’était un choix, mais ce n’est pas ça, at-il af­fir­mé. Le sui­cide, c’est plu­tôt le re­flet d’une ab­sence de choix. C’est lors­qu’une per­sonne croit qu’il n’y a plus de so­lu­tion qu’elle va vers ça, mais ce n’est ja­mais le cas. Il y a des mains ten­dues. »

L’ac­teur dit être sen­si­bi­li­sé à cette cause parce qu’elle touche les ta­bous en­tou­rant la ma­la­die men­tale, l’ho­mo­pho­bie et l’in­ti­mi­da­tion. Se­lon lui, ces phé­no­mènes sont sou­vent liés di­rec­te­ment au sui­cide. « Je me rends compte qu’il y a des mots que je ne di­rai plus ja­mais, a-t-il af­fir­mé. Je re­pense aux deux pré­sen­ta­teurs (Claude Mail­hot et Alain Gold­berg) qui avaient ri d’un ath­lète (John­ny Weir) lors des der­niers Jeux olym­piques. C’était ma­ni­fes­te­ment de l’ho­mo­pho­bie dé­gui­sée. Ça m’avait mis en co­lère. »

LE PLAI­SIR

La Fon­da­tion An­dré Dé­dé For­tin, mise sur pied en 2006, sou­tient plu­sieurs évé­ne­ments en vue d’amas­ser des fonds pour les divers or­ga­nismes qu’elle sup­porte, dont Passe-moé la puck, par­tie de hockey à la­quelle de nom­breuses per­son­na­li­tés par­ti­cipent.

« Pour moi, par­ler de cette cause, ce n’est pas lourd, car les évé­ne­ments or­ga­ni­sés sont tou­jours fes­tifs. Nous nous amu­sons. Nous cé­lé­brons la vie pour contrer le sui­cide, cette mort qui n’est pas na­tu­relle. » √ La 3e édi­tion de Passe-moé la puck au­ra lieu à l’aré­na Saint-mi­chel, le 13 no­vembre, à 13 h 30. Plus d’in­for­ma­tions sur le site pas­se­moe­la­puck.com.

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