UNE NOU­VELLE AVEN­TURE QUI COM­MENCE

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - Ra­phaël Gen­dron-mar­tin Agence QMI

PA­RIS | Ça y est, « son ex­cel­lence », Mar­tin Matte, est

of­fi­ciel­le­ment par­ti sé­duire les Fran­çais. Comment se dé­rou­le­ra cette nou­velle aven­ture qui s’avère un jo­li dé­fi pour ce­lui qui n’a plus rien à prou­ver au Qué­bec ? Le Jour­nal est al­lé en dis­cu­ter, à Pa­ris, avec le prin­ci­pal in­té­res­sé.

As­sis dans la cui­sine où se dé­roule le tour­nage de C’est la crise, la nou­velle émis­sion fran­çaise à la­quelle il par­ti­cipe, Mar­tin Matte s’est mon­tré très sin­cère en en­tre­vue, con­trai­re­ment au per­son­nage pré­ten­tieux qu’il ar­bore sou­vent au Qué­bec.

Oui, il est conscient que cette nou­velle aven­ture fran­çaise ne se­ra pas fa­cile et qu’il y a une grande part d’in­con­nu. Mais l’hu­mo­riste re­con­naît en avoir be­soin. « Ça fait par­tie de l’être hu­main d’avoir be­soin de temps en temps d’un dé­fi qui dé­sta­bi­lise. Au Qué­bec, j’ai fait 40 fois la salle Wil­frid-pel­le­tier, à 3 000 per­sonnes, à gui­chets fer­més, et le Centre Bell, à 10 000 par soir. J’ai vé­cu plein de belles choses et je veux al­ler ten­ter d’autres choses, même si c’est dif­fi­cile. Je ne pas­se­rai pas sept ans ici si ça ne lève pas à mon goût. Le pro­duc­teur le sait. Je viens pour que je sois heu­reux, que ça marche vite. »

TÉ­LÉ ET SCÈNE

Mal­gré tout, Mar­tin Matte sait qu’il de­vra être patient et in­ves­tir du temps avant de pou­voir pen­ser at­teindre le même sta­tut qu’il a au Qué­bec. « Je ne suis pas con. Je vois des humoristes à la té­lé et à la ra­dio, en France, et ils jouent dans des pe­tites salles qui ne sont pas pleines. Je re­pars à zé­ro ici, mais avec un po­ten­tiel. J’ai 1 000 shows en ar­rière de la cravate, deux one-man-show. Le dé­fi est un peu biai­sé. On va voir comment je vais ap­pri­voi­ser tout ça, mais les pro­duc­teurs y croient beau­coup. »

Vé­ri­table ve­dette chez nous, Mar­tin Matte a dû re­tour­ner dans l’ano­ny­mat le plus com­plet une fois ar­ri­vé à Pa­ris. Une si­tua­tion qu’il n’avait pas vé­cue de­puis une quin­zaine d’an­nées. « Les pre­miers jours que t’ar­rives ici, tu tournes 12 à 13 heures par jour, tu t’en vas sou­per, il pleut, t’es tout seul, t’as pas d’amis, pas de fa­mille. C’est pas si gla­mour que ça ! Après, t’as quelques jours de congé, tu vas faire des ac­ti­vi­tés, voir des shows. »

En dé­cembre, l’hu­mo­riste fou­le­ra pour la toute pre­mière fois des planches fran­çaises en so­lo. Son bon ami, Fran­çois Avard, vien­dra l’ai­der pour l’adap­ta­tion des textes. « Il est se­lon moi le meilleur scrip­té­di­teur qui existe. Et il sort avec une Fran­çaise ! »

Les deux pre­miers mois de 2012 se­ront prin­ci­pa­le­ment consa­crés au tour­nage de C’est la crise, émis­sion qui met en ve­dette Anne Rou­ma­noff. Et c’est par la suite que Mar­tin Matte en­chaî­ne­ra vé­ri­ta­ble­ment les spec­tacles, dans l’op­tique de faire une ren­trée pa­ri­sienne en sep­tembre.

Gar­de­ra-t-il son fa­meux per­son­nage de pré­ten­tieux au­près du pu­blic fran­çais ? « Ça va être à ex­plo­rer. Mais pour être franc, je ne le sais pas. Au Qué­bec, c’est de­ve­nu plus grand que na­ture à cause des mé­dias. Je ne crois pas au fait d’avoir une stra­té­gie bien dé­fi­nie pour ici. Mais c’est sûr que je vais l’es­sayer sur scène. »

EN BAS DE L’ÉCHELLE

L’hu­mo­riste re­com­men­ce­ra vé­ri­ta­ble­ment en bas de l’échelle, en France, alors qu’il de­vrait jouer dans de toutes pe­tites salles. « Les pro­duc­teurs m’ont dit qu’ils trou­vaient ça grand, une salle de 400 places. Grand ? Nous, au Qué­bec, c’est 2 000 à 3 000, que je leur ai dit ! Ils m’ont par­lé de faire une belle salle de 200 places. Je ne fai­sais même pas ça à mes dé­buts. J’ai com­men­cé et je fai­sais le St-de­nis ! Mais al­lons-y... »

Si ja­mais sa po­pu­la­ri­té de­vait ex­plo­ser en France, Mar­tin Matte ne sait pas en­core ce qu’il fe­ra. « Je suis très heu­reux au Qué­bec. Je me sens bien, je suis ai­mé. J’ai plein de pos­si­bi­li­tés là-bas. Je n’ai pas d’am­bi­tion de m’ins­tal­ler ici. On va le gé­rer au fur et à me­sure que ça va se pas­ser. Avec mon gé­rant, Fran­çois Ro­zon, et ma blonde, on va bien­tôt re­gar­der le ca­len­drier en­semble et se faire un plan de match. Il va y avoir de grosses dé­ci­sions à prendre, comme de choi­sir si on sort les en­fants (ils ont 7 et 9 ans) de l’école pour les faire ve­nir ici pen­dant un an. Tout est dans l’air.

Tout est pos­sible. Il y a bien des ques­tions sans ré­ponse. »

Dans cinq ans, où se voit l’hu­mo­riste ? « En boule, en des­sous d’un via­duc, à crier : “Je n’au­rais pas dû !”. Sé­rieu­se­ment, je ne sais pas. J’ai de la mi­sère à dire pour l’an­née pro­chaine. Pour le mo­ment, c’est une aven­ture ex­tra­or­di­naire, as­sez fas­ci­nante et en­ri­chis­sante. J’y crois. Dans cinq ans, j’es­père avoir fait un bon bout de che­min. Je sou­haite être heu­reux et que le show marche bien. »

Anne Rou­ma­noff et Mar­tin Matte sont les pa­rents d’une fa­mille de trois en­fants dans la nou­velle sé­rie

co­mique fran­çaise, C’est la crise.

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