« ON CHERCHE DES SAU­VEURS »

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - San­dra Go­din Agence QMI

MON­TRÉAL | « Le Par­ti qué­bé­cois est da­van­tage un mou­ve­ment qu’un par­ti po­li­tique. Il fait la dé­mons­tra­tion que l’on se cherche, plu­tôt que l’on sait où on va », es­time l’ani­ma­teur Jean-luc Mongrain, alors ques­tion­né sur la si­tua­tion dans la­quelle est ac­tuel­le­ment le Par­ti Qué­bé­cois.

Tout en gar­dant une ré­serve face à ses ap­par­te­nances po­li­tiques, l’ani­ma­teur a pour­sui­vi en di­sant que le PQ « est un mou­ve­ment sou­ve­rai­niste qui s’est in­car­né der­rière un homme plein de pro­messes, Re­né Lé­vesque, et après ça, ç’a été soit de la ré­pé­ti­tion, ou en­core d’autres ten­ta­tives d’ar­ri­ver à l’ob­jec­tif su­prême, la sou­ve­rai­ne­té. C’est dé­plo­rable de voir un mou­ve­ment po­li­tique qui sur­vit à ses chefs et qui les as­sas­sine ré­gu­liè­re­ment ».

La se­maine der­nière, Jean-luc Mongrain a re­çu, sur les ondes de LCN, la po­li­ti­cienne Pau­line Ma­rois, pour qui les grandes en­tre­vues ac­cor­dées à la té­lé­vi­sion sont plu­tôt rares. Dans un contexte de crise qui plane sur le Par­ti qué­bé­cois, il a ac­cep­té de nous li­vrer ses com­men­taires sur ce qu’il pen­sait de la po­li­tique au Qué­bec.

Il croit que l’ « on cherche des sau­veurs plu­tôt que des gens qui sont prêts à ser­vir. Ça me fait craindre un peu sur l’ave­nir des po­li­ti­ciens, et aus­si sur l’ave­nir de M. Du­ceppe, qu’on voit comme un sau­veur ».

PAR­FOIS DUR ET CIN­GLANT

Cu­mu­lant 37 ans d’ex­pé­rience dans le monde mé­dia­tique, l’ani­ma­teur di­plô­mé en théo­lo­gie es­time, et avec rai­son, avoir « une connais­sance gé­né­rale des choses, du monde po­li­tique et de l’ac­tua­li­té ».

Il aborde les su­jets de fa­çon très di­recte, est re­con­nu pour ses mon­tées de lait spec­ta­cu­laires et est par­fois dur et cin­glant avec ses in­vi­tés, mais tou­jours au pro­fit des té­lé­spec­ta­teurs. « Je pose les ques­tions que les gens ai­me­raient po­ser. C’est ça mon mé­tier », dé­fend-il.

TRAI­TE­MENT PAS TRÈS « DIGNE »

Quelques jours avant cet en­tre­tien avec Jean-luc Mongrain, le dé­pu­té pé­quiste Claude Pi­nard a af­fir­mé qu’« être une femme » était un « han­di­cap » pour l’as­cen­sion au pou­voir de Pau­line Ma­rois. À la suite de l’in­di­gna­tion qu’ont sus­ci­tée ces pro­pos, dont une forte ré­ac­tion de la part du Par­ti li­bé­ral, l’ani­ma­teur af­firme que « M. Pi­nard est un dé­pu­té par­mi tant d’autres et il est is­su de la po­pu­la­tion. Il y a des gens de toutes les opi­nions, et ce qu’il vient re­muer là, c’est à mon point de vue quelque chose qui n’est pas conforme au Qué­bec mo­derne. S’il y a des gens iso­lés dans leur do­mi­cile qui nour­rissent ces idées-là, je pense qu’on a un gros tra­vail d’édu­ca­tion po­pu­laire à faire ». M. Mongrain ne trouve pas très « digne » le trai­te­ment qui est in­fli­gé à la chef pé­quiste Pau­line Ma­rois, de la part des membres de son clan. « Cette femme a ser­vi les in­té­rêts et l’ad­mi­nis­tra­tion pu­blique de son par­ti pen­dant des an­nées, elle a consa­cré sa vie à une convic­tion, et voi­là main­te­nant que des gens qui ont eu soif de voir leur poste ga­ran­ti au pou­voir, s’ap­prêtent à lui ti­rer le ta­pis sous les pieds », ex­plique-t-il. L’ani­ma­teur a ajou­té qu’il ne croyait pas au vote de confiance de la part des membres des par­tis. Ils servent se­lon lui à « dé­mon­trer une cer­taine uni­té et prou­ver que tout le monde est uni der­rière le chef. C’est pour la ga­le­rie que l’on fait ça. C’est comme lors­qu’on voit en confé­rence de presse, en cau­cus, tout le monde ap­plau­dir le chef, on rem­plit des au­to­bus de par­ti­sans pour ve­nir rem­plir les salles, ça pa­raît mieux pour la té­lé et les mé­dias. Ça vaut pour tous les par­tis po­li­tiques confon­dus ». La preuve, c’est que quelques mois après, les chefs sont « conclus ».

Jean-luc Mongrain a re­çu Pau­line Ma­rois en en­tre­vue, la se­maine der­nière.

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