Le so­leil après la tem­pête

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE -

Va­nes­sa

Gui­mond

AGENCE QMI

MON­TRÉAL | C’est à un An­toine Grat­ton qui pro­fi­tait de la vie flo­ri­dienne, à Mia­mi, avec qui le Jour­nal s’est en­tre­te­nu, en dé­but de se­maine. Même s’il consacre dé­jà ses éner­gies à un autre pro­jet, l’ar­tiste s’est fait un plai­sir de dis­cu­ter de la sor­tie de son qua­trième al­bum, un disque in­ti­tu­lé La

dé­fense du titre, à pa­raître le 15 no­vembre.

De­puis main­te­nant deux mois, le mu­si­cien est exi­lé chez nos voi­sins du sud afin de com­po­ser des chan­sons pour un fu­tur al­bum.

« De­puis mon pas­sage à Musexpo, au mois de mai der­nier, à Los An­geles, nous tra­vaillons sur des chan­sons en an­glais, a ex­pli­qué ce­lui qui a écrit à Los An­geles et Pa­ris, au cours des der­niers mois. Pour l’ins­tant, il n’y a rien de confir­mé, mais nous nous amu­sons. »

Même si cette pé­riode de créa­tion s’avère des plus plai­santes (« je suis quand même à deux pas de la plage », tient-il à pré­ci­ser), l’ar­tiste ne cache pas que sa vie mont­réa­laise com­mence à lui man­quer.

« Écrire et com­po­ser, c’est plai­sant, mais je suis ha­bi­tué de jouer de la mu­sique plu­sieurs fois par se­maine, pré­cise-t-il. Je com­mence à avoir les doigts qui piquent. »

Après ces quelques mois pas­sés à l’étran­ger, le chan­teur se dit heu­reux de pou­voir pré­sen­ter son plus ré­cent al­bum au Qué­bec, un disque né du­rant une pé- riode plu­tôt sombre, dans sa vie.

« Tout ça a com­men­cé il y a deux ans. Ça va avoir l’air cli­ché, mais c’est un al­bum qui est né des suites d’une peine d’amour (NDLR : An­toine était avec Ma­ra Trem­blay). Ç’a été l’élé­ment dé­clen­cheur, je di­rais. »

Pour­tant, même s’il com­porte des pièces par­ti­cu­liè­re­ment tou­chantes ( Pinte

de rousse et Et ton coeur est un guer­rier, écrite par Ma­ra Trem­blay), ce nou­vel opus ne se veut pas lourd ou mé­lo, en­core moins tris­tou­net.

« J’ai fait l’ef­fort de ne pas trop chia­ler, a sim­ple­ment af­fir­mé An­toine Grat­ton. J’ai dé­ci­dé de faire l’exer­cice de ne pas écrire à pro­pos de la peine, mais plu­tôt de ce que l’on peut faire avec. Je vou­lais que ce soit des chan­sons thé­ra­peu­tiques. »

UN FRÈRE

Sur ce qua­trième al­bum, An­toine Grat­ton s’est une fois de plus en­tou­ré de son fi­dèle col­la­bo­ra­teur Éloi Pain­chaud, avec qui il a réa­li­sé ses deux pré­cé­dents disques.

« Outre mes al­bums, nous avons tra­vaillé en­semble sur plu­sieurs autres pro­duc­tions. Quand il réa­lise, je suis comme son plom­bier de ser­vice. Il m’ap­pelle pour jouer cer­tains ins­tru­ments, pour des or­ches­tra­tions, a-t-il ra­con­té. Main­te­nant, nous n’avons plus be­soin de nous par­ler pour nous com­prendre. Notre re­la­tion est de­ve­nue fra­ter­nelle. Je ne peux même plus l’ap­pe­ler mon ami. »

PLU­SIEURS COL­LA­BO­RA­TEURS

En plus d’avoir re­trou­vé son com­plice, An­toine a en­fin pu réa­li­ser un pro­jet avec la for­ma­tion Mis­teur Va­laire, dont les membres sont des amis. Par­fois ac­com­pa­gnés de Fan­ny Bloom, an­cien­ne­ment de La Pa­tère Rose, on peut les en­tendre sur quatre des neuf chan­sons qui com­posent l’al­bum, qui com­prend éga­le­ment un pro­logue, un épi­logue et deux in­ter­ludes.

« Nous avions presque com­plé­té l’en­re­gis­tre­ment et j’avais joué de tous les ins­tru­ments. Fi­na­le­ment, ques­tion de bras­ser la sauce, nous avons ap­pe­lé Mis­teur Va­laire. Ils ont joué par-des­sus ce que nous avions fait. Ils sont ar­ri­vés avec leur ca­mion­nette pleine d’ins­tru­ments, se sont ins­tal­lés, et nous avons fait un peu n’im­porte quoi sur toutes les chan­sons. C’était tri­pant. »

On peut éga­le­ment y en­tendre l’au­teur­com­po­si­teur-in­ter­prète Ma­nuel Gasse ( New York Ci­ty), ain­si que Les Pe­tits Chan­teurs du Mont-royal ( Let Go Let Go).

« J’ai fait par­tie de cette cho­rale pen­dant plu­sieurs an­nées, de l’âge de 8 ans jus­qu’à l’âge de 16 ans, a-t-il ex­pli­qué. Ce sont eux qui m’ont ap­pris la mu­sique. Tout ce que je sais faire, je leur dois. De tra­vailler avec eux, c’était na­tu­rel pour moi. Ça de­vait ar­ri­ver un jour. »

COR­NEILLE

No­tons que l’al­bum de­vait conte­nir une chan­son de plus, un duo in­ter­pré­té avec Cor­neille in­ti­tu­lé Comme un homme. Puisque le chan­teur est pré­sen­te­ment en conflit avec Deja Mu­sique, sa mai­son de disque, il doit res­pec­ter une in­jonc­tion qui lui in­ter­dit de dif­fu­ser ou de vendre ses oeuvres au Ca­na­da, ce qui in­clut ses col­la­bo­ra­tions avec d’autres ar­tistes.

« C’est dom­mage, parce que c’était ma chan­son pré­fé­rée, sur l’al­bum, a af­fir­mé An­toine Grat­ton. Par contre, la pièce est là. Nous la gar­dons. Nous ver­rons ce que nous pour­rons en faire lorsque le conflit se­ra ré­glé. »

√ La dé­fense du titre se­ra dis­po­nible dans sa ver­sion phy­sique le 15 no­vembre. Le lan­ce­ment de l’al­bum au­ra lieu à l’in­té­rieur de la sta­tion de mé­tro BER­RI-UQAM, le jour de sa sor­tie.

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