RE­TROU­VER SES RA­CINES QUÉ­BÉ­COISES

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Ra­phaël Gen­dron-mar­tin

MON­TRÉAL | Ha­bi­tant en France de­puis 28 ans, Diane Tell af­firme ne s’être ja­mais détachée de son Qué­bec na­tal, même si les pre­mières an­nées après son dé­part ont été dif­fi­ciles. Au­jourd’hui, elle sou­haite col­la­bo­rer da­van­tage avec des ar­tistes d’ici.

En 1983, après avoir lan­cé quatre al­bums au Qué­bec, re­çu plu­sieurs tro­phées et disques d’or, Diane Tell dé­ci­dait de s’of­frir une an­née sab­ba­tique en France. Rien n’était pré­vu à ce mo­ment-là. Mais se plai­sant beau­coup en Eu­rope, elle n’est fi­na­le­ment ja­mais re­ve­nue vivre au Qué­bec. « La re­la­tion avec le Qué­bec a été bri­sée dès le dé­part, dé­plore-t-elle. Je m’en ren­dais compte quand je re­ve­nais. Il y a eu des ar­ticles as­sez mé­chants sur moi dans les jour­naux d’ici. » Pen­dant 13 ans, soit jus­qu’à l’avè­ne­ment de son pre­mier site In­ter­net, elle a tri­mé dur pour conti­nuer à se faire ap­pré­cier au Qué­bec. « À par­tir de 1996, les choses ont chan­gé, fait-elle re­mar­quer. Le pu­blic qué­bé­cois pou­vait main­te­nant re­nouer avec moi à tra­vers la vé­ri­té. Car avant ça, c’était uni­que­ment à tra­vers les jour­naux. Et il y a cer­tains mé­dias qui avaient dé­ve­lop­pé une haine un peu ma­la­dive en­vers moi. »

MAL­HEU­REUSE À PA­RIS

Vi­vant à Pa­ris les pre­mières an­nées, Diane Tell a pris la dé­ci­sion de dé­mé­na­ger dans le Sud de la France, à Biar­ritz, en 1988. « Mon at­ta­ché de presse de l’époque m’a dit que ma car­rière était ter­mi­née. Mais je n’étais pas heu­reuse à Pa­ris. Je fai­sais l’olym­pia tous les deux ans, mais le reste du temps, je tour­nais ailleurs en pro­vince. Et quand j’es­sayais de com­po­ser, dans un pe­tit ap­par­te­ment en­tou­ré de voi­sin, il y a cer­taines per­son- nes qui se plai­gnaient. »

Elle a quit­té la Ville Lu­mière et sa car­rière s’est pour­sui­vie. A-t-elle pen­sé un jour re­ve­nir au Qué­bec ? « Non, j’ai plu­tôt son­gé quit­ter la France et par­tir vers le Sud, ré­pond-elle. Je se­rais par­tie pour sim­pli­fier ma vie, pas la com­pli­quer. Si je re­ve­nais au Qué­bec, ce ne se­rait pas pour faire un re­tour en ar­rière. Je ne suis pas contre l’idée de re­ve­nir un jour, mais il faut que ça se fasse na­tu­rel­le­ment. »

Dé­jà avec son nou­vel al­bum (lire autre texte), Diane Tell a créé de belles re­la­tions avec des ar­tistes d’ici, dont les Abi­ti­biens Serge For­tin et Ano­da­jay.

Que re­pré­sente l’abi­ti­bi, et prin­ci­pa­le­ment Val-d’or, pour elle ? « C’est la mai­son où j’ai gran­di, mon pays d’en­fance. Ç’a été très mar­quant pour moi, là où j’ai vé­cu mes pre­mières grandes émo­tions. Mes pa­rents se sont sé­pa­rés quand j’étais jeune, mais avant ça, c’est là-bas que j’ai eu une fa­mille qui vi­vait en­semble. C’est le seul en­droit au monde où j’ai eu ça. »

ANO­DA­JAY

Il y a quelques mois, Ano­da­jay a fait dé­cou­vrir Diane Tell à un tout nou­veau pu­blic en échan­tillon­nant sa chan­son Sou­vent, long­temps, énor­mé

ment sur le mor­ceau rap Ja­mais su. « Je ne le connais­sais pas à l’époque et quand je l’ai ren­con­tré, j’ai vu que c’était quel­qu’un de droit et d’hon­nête. Le tra­vail qu’il fait en Abi­ti­bi pour le rap, c’est ex­tra­or­di­naire. J’ai­mais aus­si bien sa ver­sion de la chan­son. Je trouve ça le fun que les gé­né­ra­tions se mé­langent. Il y a tel­le­ment de murs au­jourd’hui, c’en est fa­ti­gant. Mais quelque chose comme ça est plai­sant, car ce n’est pas for­cé. »

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