J. ED­GAR HOO­VER VU PAR CLINT EAST­WOOD

LOS AN­GELES | Clint East­wood re­pousse conti­nuel­le­ment le jour de la re­traite. Ça fait dé­jà qua­rante qu’il songe à ces­ser de jouer.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Ke­vin William­son Agence QMI

« En 1970, quand j’ai com­men­cé à réa­li­ser, je me suis dit : “Si j’ar­rê­tais de jouer, je pour­rais peut-être un jour me re­trou­ver der­rière la ca­mé­ra pour de bon”. Mais je n’y suis ja­mais ar­ri­vé puis­qu’il y avait tou­jours quel­qu’un pour m’of­frir un rôle. »

En 2009, Gran To­ri­no avait été dé­crit comme la der­nière per­for­mance d’east­wood en tant qu’ac­teur. Du moins jus­qu’à ce que la ré­cente nou­velle nous par­vienne : il joue­ra le rôle d’un an­cien joueur de ba­se­ball qui part à l’aven­ture avec sa fille dans un film – qu’il ne di­ri­ge­ra pas – in­ti­tu­lé Trouble with the Curve.

« Main­te­nant, aus­si­tôt qu’ils ont un rôle de vieux grin­cheux à don­ner, ils pensent tout de suite à moi. Donc, on ver­ra bien. In­dé­pen­dam­ment de l’âge, je crois que la plu­part des ac­teurs se­raient d’ac­cord avec moi sur le fait que ça dé­pend du rôle lui-même. L’es­sence même du rôle doit éveiller quelque chose en nous. »

Ce­la dit, l’ac­teur os­ca­ri­sé de 81 ans est très clair lors­qu’il as­sure qu’il sou­haite tra­vailler aus­si long­temps qu’il le peut, que ce­la im­plique ou non l’ac­cep­ta­tion de nou­veaux rôles.

« Je suis en paix avec l’idée de vieillir, du moins jus­qu’à main­te­nant. Nous vi­vons dans une so­cié­té qui voue un culte à la jeu­nesse, mais il y a des avan­tages à tous les âges. Je suis meilleur pour faire cer­taines choses au­jourd’hui que j’ai pu l’être dans le pas­sé, tout comme il y en a que je fai­sais mieux avant. Je crois qu’il est bon de se te­nir oc­cu­pé. Les gens sont tou­jours pres­sés de prendre leur re­traite. En Eu­rope, les gens parlent de dé­pla­cer l’âge de la re­traite à 67 ans ou quelque chose comme ça. Mais quand ils ont com­men­cé à mettre sur pied des fonds de re­traite, l’âge moyen était de 60 ou 70 ans. Main­te­nant, tout d’un coup, c’est 80. Si vous vous te­nez men­ta­le­ment en forme, il y a bien des chances pour que le phy­sique suive. »

Ce ven­dre­di, la toute der­nière réa­li­sa­tion de Clint East­wood sor­ti­ra en salle. « D’un point de vue ex­té­rieur, c’est in­croyable ce qu’il ar­rive à faire, ra­conte Di­ca­prio à pro­pos d’east­wood. S’il ne réa­lise pas un film, il joue de­dans ou il en com­pose la mu­sique. Son en­ga­ge­ment est éton­nant. »

Ra­con­té en fla­sh­backs, le film J. Ed­gar re­late la vie du cé­lèbre per­son­nage à par­tir de 1919. Était-il un être ré­pu­gnant ou pa­ra­noïaque? Pi­toyable ou sym­pa­thique? Le film pro­pose un di­lemme mo­ral am­bi­gu tout en évi­tant les rac­cour­cis sim­plistes.

« Hoo­ver, j’en suis sûr, sen­tait qu’il avait rai­son d’agir comme il agis­sait. Tout le monde se croit tou­jours dans le droit che­min, même à tort, dé­clare East­wood, qui se rap­pelle avoir gran­di en pen­sant qu’hoo­ver était un hé­ros. C’était avant l’ère de l’in­for­ma­tion, on ne connais­sait donc pas Hoo­ver au­tre­ment que par ce que les jour­naux ra­con­taient à son su­jet. »

« Ça a été in­té­res­sant de plon­ger dans la vie d’un per­son­nage dont on a tou­jours en­ten­du par­ler, mais qu’on ne connaît pas vrai­ment, et ten­ter de dé­mê­ler tout ça. Nous sommes tous en train d’ap­prendre l’his­toire, d’y mar­quer le sceau de notre in­ter­pré­ta­tion. Je suis cer­tain que bien des choses ne sont pas vé­ri­ta­ble­ment dé­rou­lées comme dans le film, mais elles ne sont sû­re­ment pas si loin de la réa­li­té. »

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.