LE G­TEAU NE LÈVE PAS

Un film de Cé­dric Kla­pisch : met­tant en ve­dette Ka­rin Viard et Gilles Lel­louch.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Cé­dric Bé­lan­ger Le Jour­nal de Qué­bec

La crise éco­no­mique mon­diale com­mence à ins­pi­rer les ci­néastes. Avec Ma part du gâ­teau, le Fran­çais Cé­dric Kla­pisch jette sur la dé­bâcle fi­nan­cière un re­gard pam­phlé­taire et par­fois la­bo­rieux, res­ca­pé par le jeu écla­té de Ka­rin Viard.

Ils passent un sale quart d'heure, les hommes d'ar­gent, ac­cu­sés de jouer sans scru­pule avec le des­tin des tra­vailleurs dans le dixième long-mé­trage de ce­lui qu'on a sur­tout connu ici pour les suc­cès po­pu­laires L'au­berge es­pa­gnole et Les pou­pées russes.

Pour illus­trer son pro­pos, Kla­pisch em­prunte la for­mule mille fois éprou­vée des deux uni­vers qui s'op­posent. D'un cô­té, France (Ka­rin Viard), une ou­vrière de Dun­kerque (pe­tite ville tissée ser­rée du nord de la France) qui se re­trouve sans em­ploi à la suite de la fer­me­ture de l'usine où elle bos­sait. De l'autre, Steve (Gilles Lel­louch), un

trader qui se ba­lade entre Londres et Pa­ris, col­lec­tionne les conquêtes et jongle avec les mil­lions de dol­lars comme on dé­cide si ce se­ra spa­ghet­ti ou la­sagne pour le sou­per.

Puis­qu'il faut bien nour­rir ses trois filles, France part pour Pa­ris, où elle de­vient femme de mé­nage. Où? Mais dans le luxueux loft de Steve, voyons! Tel que le spec­ta­teur l'an­ti­cipe sans peine, ces deux êtres aux vies op­po­sées fi­ni­ront par se rap­pro­cher, fa­çon Pret­ty

Wo­man jus­qu'à ce que France ap­prenne que Steve a joué un rôle dé­ter­mi­nant dans la fer­me­ture de l'usine.

MEILLEUR QUAND CO­MIQUE

Al­ter­nant entre le drame so­cial et la co­mé­die ro­man­tique, Ma part du

gâ­teau peine à gar­der son rythme d'un bout à l'autre.

Même s'il fait le plein de cli­chés, le film se ré­vèle sous son plus beau jour lors­qu'il nous em­mène jus­qu'aux portes de l'im­pro­bable conte de fées. Eu­pho­rique et tendre à la fois, Ka­rin Viard tient tête à un Lel­louch qui com­pose un fi­nan­cier qui fait grin­cer des dents par son ap­pa­rente in­sen­si­bi­li­té.

Mais le film s'égare quand le co­mique est mis de cô­té pour pa­ver la voie à une der­nière por­tion in­co­hé­rente, mar­quée de re­bon­dis­se­ments in­vrai­sem­blables. Certes, il fal­lait évi­ter de som­brer dans une fi­nale à l'eau de rose. Mais pas au point que tout ça ne fasse pas sé­rieux.

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