LA VIE APRÈS BROUE

MON­TRÉAL | De l’avis de Mi­chel Cô­té, sa car­rière au­rait été gran­de­ment dif­fé­rente sans la pièce Broue. Et pour cause, le spec­tacle dure de­puis 32 ans et a sé­duit plus de trois mil­lions de Qué­bé­cois. Avec la fin qui ap­proche, le co­mé­dien veut pro­fi­ter des

Le Journal de Quebec - Weekend - - ALBUM HOMMAGE À ROGER TABRA - Ra­phaël Gen­dron-mar­tin AGENCE QMI

Broue se­ra de re­tour à Mon­tréal, au Mo­nu­ment-na­tio­nal, du 18 au 21 avril 2012. Et se­lon Mi­chel Cô­té, il pour­rait bien s’agir du tout der­nier pas­sage de la pièce dans la mé­tro­pole. « Dans les villes où l’on passe pré­sen­te­ment au Qué­bec, si ce n’est pas la der­nière fois, c’est l’avant­der­nière. »

Même si la date de la fin de Broue n’a pas en­core été dé­ter­mi­née, le co­mé­dien men­tionne que « ça ne dé­pas­se­ra ja­mais le 21 mars 2014. Mais ça pour­rait fi­nir à l’au­tomne 2013. On ne sait pas où se­ra la der­nière. Ça pour­rait être à Al­ma ou Chi­cou­ti­mi. Une place où l’on va pou­voir brailler en ca­chette. »

Pour Mi­chel Cô­té et Mar­cel Gauthier, il s’agi­ra d’un re­tour sur les planches du Mo­nu­ment-na­tio­nal, eux qui ont étu­dié à l’école na­tio­nale de théâtre. « On a connu le Mo­nu­ment dans le temps qu’il y avait en­core la loge de Sa­rah Bern­hardt et des fan­tômes, dit-il. Nous sommes très contents d’y re­tour­ner. Ça va sû­re­ment ré­ac­ti­ver des émo­tions pas­sées. »

Mi­chel Cô­té l’as­sure, même après plus de 3 000 re­pré­sen­ta­tions de Broue, il a tou­jours au­tant de plai­sir à jouer avec ses deux aco­lytes, Marc Mes­sier et Mar­cel Gauthier. « La rou­tine est l’ennemi nu­mé­ro un, mais puisque 85 % des gens voient le spec­tacle pour la pre­mière fois chaque soir, c’est un sti­mu­lus fan­tas­tique. Il n’est pas ques­tion pour nous de jouer ça les doigts dans le nez. Il faut comp­ter trois buts chaque soir. »

COMME UN COUPLE

Mi­chel Cô­té com­pare sa re­la­tion avec Mar­cel et Marc à celle d’un couple. « Ça fait 39 ans que je suis avec ma femme. Je trouve qu’on vit les plus belles an­nées amou­reuses de notre vie ac­tuel­le­ment. Dans les pre­mières an­nées, c’est plus ca­ho­teux. On est coq et or­gueilleux. On se de­mande si la fille de l’autre bord de la rue est la femme de notre vie, ou si c’est elle avec qui l’on est de­puis deux ans. Quand ça fait plu­sieurs an­nées, tu te connais tel­le­ment que les pro­blèmes se règlent par eux-mêmes. »

Mi­chel Cô­té avait 28 ans lors­qu’il a com­men­cé à jouer dans Broue. « Quand je vais fi­nir, j’en au­rai 64. » De quelle fa­çon cette pièce a-t-elle chan­gé sa vie ? « Ça nous a don­né, sans le sa­voir, une in­dé­pen­dance fi­nan­cière an­née après an­née. On a aus­si eu une no­to­rié­té en étant de­man­dés pour le Bye Bye et au ci­né­ma. »

BROUE FRAN­ÇAIS

Même si la pièce avec la dis­tri­bu­tion ori­gi­nale se ter­mi­ne­ra sous peu, ce­la ne si­gni­fie­ra pas la mort de Broue pour au­tant. Un pro­jet d’adap­ta­tion en France, an­non­cé l’an der­nier, est tou­jours dans les plans.

« Je suis en contact avec Tho­mas Le Doua­rec, qui fe­rait l’adap­ta­tion et la mise en scène, dit Mi­chel Cô­té. C’est un gars ex­trê­me­ment oc­cu­pé qui tient le pro­jet tou­jours vi­vant. Il m’a dit qu’après Noël, il se concen­tre­rait sur Broue. Mais ça pour­rait aus­si très bien ne ja­mais se faire. Par­tir un show en France, c’est beau­coup d’ar­gent. »

Dans le pas­sé, Jacques Ville­ret et Fran­çois Clu­zet se sont mon­trés in­té­res­sés à adap­ter la pièce pour le mar­ché eu­ro­péen. « Mais des fois, ils ob­tiennent un rôle dans un long mé­trage et le pro­jet tombe. »

Mi­chel Cô­té in­dique que le suc­cès de Broue en France dé­pen­dra gran­de­ment de la per­for­mance des ac­teurs. « J’ai lu le texte adap­té, et il est bon. En Bel­gique, la pièce a été jouée pen­dant sept ans, et ça avait bien mar­ché. »

AN­NÉE SAB­BA­TIQUE?

Du cô­té du ci­né­ma, Mi­chel Cô­té a ré­cem­ment tour­né dans Le pro­jet Omer­tà, qui sor­ti­ra le 17 juin 2012. L’ac­teur a un autre pro­jet de film, co­mique cette fois­ci, dont le tour­nage au­rait lieu l’an pro­chain. « Mais ce n’est pas en­core cer­tain que je vais le faire, car il y a beau­coup de tra­vail à faire sur le scé­na­rio. »

« Je com­mence à être ex­trê­me­ment exi­geant. Je ne tourne qu’un film par an­née, et ce sont tou­jours pour des gros rôles. Je re­fuse tous les pe­tits rôles de quelques jours de tour­nage. Je vais avoir 62 ans cet été et je pour­rais prendre une an­née sab­ba­tique. Des étés où je se­rai en forme pour des­cendre une ri­vière en ca­not, il n’en reste pas 40. »

En ter­mi­nant, on de­mande à l’ac­teur s’il a vu le film Ca­fé de Flore, de JeanMarc Val­lée, qui l’avait di­ri­gé dans C.R.A.Z.Y..

« Bien sûr, j’adore Jean-marc. Il m’avait of­fert un pe­tit rôle dans le film, d’ailleurs, mais j’avais un conflit d’ho­raire. J’es­père qu’il va m’en of­frir un autre. »

MI­CHEL CÔ­TÉ

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