Por­tée par les émo­tions hu­maines

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Ma­rie-france BOR­NAIS Le Jour­nal de Qué­bec

« Ce si­lence qui al­lait s’alour­dis­sant fut mis à contri­bu­tion par Bé­bert qui es­pé­rait un mo­ment comme ce­lui-ci de­puis des an­nées. Un mo­ment où les choses s’im­po­se­raient d’elles-mêmes et où il n’au­rait plus le choix de fon­cer. Les mots à dire, il avait eu des nuits et des nuits d’in­som­nie pour les pré­pa­rer. Il les connais­sait par coeur. »

— Louise Trem­blay-d’essiambre,

Mé­moires d’un quar­tier, tome 10, Évan­gé­line, la suite

Pour son 30e ou­vrage, la pro­li­fique ro­man­cière Louise Trem­blay-d’essiambre plonge dans les an­nées 70 et signe le 10e tome (dé­jà!) de la sé­rie à suc­cès Mé­moires d’un quar­tier. Un tour de force qu’elle a com­plé­té pour faire plai­sir à ses lec­teurs!

« En ce mo­ment, je suis sur le pi­lote automatique, au fond de mes ré­serves d’éner­gie. Ça fait plus de deux ans que je n’ai pas pris de va­cances. Dé­cro­cher com­plè­te­ment, je ne connais pas ça. Je vais le connaître au mois de mars, au Sa­lon du livre de Pa­ris, parce que j’au­rai ter­mi­né. J’achève l’écri­ture du 11e tome, j’en­file tout de suite le der­nier et, quand je vais par­tir pour Pa­ris, le 15 mars, il va être ren­du à la mai­son d’édi­tion. Je vais faire mes séances de si­gna­ture, m’as­seoir sur une ter­rasse et en­fi­ler verre de vin sur verre de vin en me lais­sant por­ter! »

Louise Trem­blay-d’essiambre ne va pas dé­com­pres­ser bien long­temps... puis­qu’elle a pro­mis une suite pour Jeanne et Tho­mas, de la sé­rie La der­nière sai­son à ses lec­teurs, à temps pour le Sa­lon du livre de Mon­tréal de no­vembre 2012. « Je vais re­lire Jeanne et Tho­mas et je vais pleu­rer beau­coup − c’est d’ailleurs les seuls livres où j’ai pleu­ré en écri­vant. »

« GROS DEUIL »

Elle as­sure ne pas avoir de pres­sion autre que celle des lec­teurs, qui lui ré­clament le tome sui­vant trois jours après la sor­tie d’un nou­veau livre. « Je vous avoue qu’au 11e, 12e tome, j’ai hâte de pas­ser à autre chose, même si je sais que, pour moi, ça va être un gros deuil parce que ce se­ra le deuil de plein de sé­ries en même temps. J’ai ra­me­né plein de per­son­nages dans cette sé­rie, donc ça va être Les soeurs De­blois, Mé­moires d’un quar­tier et Les an­nées du si­lence que je vais ter­mi­ner. Ce sont des per­son­nages que je ne re­trou­ve­rai plus ja­mais. »

Louise Trem­blay-d’essiambre est ha­bi­tuée de cô­toyer Évan­gé­line, Adrien, Ber­na­dette, des per­son­nages aux­quels elle s’est at­ta­chée au fil des ans et qui sont aus­si pré­sents dans sa vie que les membres de sa propre (et nom­breuse!) fa­mille. « J’es­père juste que ça va bien fi­nir, en me di­sant qu’ils ont tout ce qu’il faut pour réus­sir leur vie et ils n’ont plus be­soin de moi. Ils sont ca­pables de conti­nuer tout seuls et n’ont plus be­soin de ra­con­ter. »

LES AN­NÉES 70

Plon­ger dans les an­nées 70 pour écrire Évan­gé­line lui a don­né beau- coup de plai­sir. « J’avais 17, 18, 19 ans. C’est des an­nées dont je me rap­pelle très bien. C’était des an­nées ex­tra­or­di­naires et j’y re­tour­ne­rais n’im­porte quand. Mais, ce­la étant dit, j’ai beau­coup de sou­ve­nirs et c’est plus fa­cile de ci­bler des sou­ve­nirs et d’al­ler cher­cher de la do­cu­men­ta­tion pour écrire sur le su­jet − dans ce livre, on parle des évé­ne­ments d’oc­tobre 70. »

Louise Trem­blay-d’essiambre réus­sit par­ti­cu­liè­re­ment bien à dé­crire le vaste éven­tail des émo­tions hu­maines, à tra­vers des per­son­nages at­ta­chants, plus grands que na­ture. Elle est une fine ob­ser­va­trice du com­por­te­ment hu­main et se dé­crit elle-même comme un « vam­pire d’émo­tions ». « Un re­gard, un vi­sage, une moue... j’es­saie de voir ce qu’il y a der­rière ça, à chaque fois. J’ai tou­jours été comme ça. Pour moi, l’im­por­tant, c’est ce qui se passe en-de­dans, et non ce que l’on re­flète à l’ex­té­rieur. »

NEUF EN­FANTS

« J’ai eu neuf en­fants parce que je trou­vais fas­ci­nant de voir ce pe­tit bout d’être-là qui avait dé­jà tout à l’in­té­rieur pour de­ve­nir un homme ou une femme équi­li­brés plus tard. J’en ai eu neuf et ça a été neuf dé­cou­vertes. On n’a pas neuf fois la même at­ti­tude, on ne peut pas. On les aime tous éga­le­ment, mais on les aime tous de ma­nière dif­fé­rente parce qu’ils sont tous dif­fé­rents.

L’écri­vaine pense qu’elle au­rait fait un bon psy­cho­logue ou un bon psy­chiatre, même si elle parle beau­coup. « Ça me fas­cine de voir que, de­puis que le monde est monde, ce sont les mêmes re­la­tions qui existent : une his­toire d’amour res­te­ra tou­jours une his­toire d’amour et il y a des mil­lions de fa­çons de la dé­crire, de la vivre, dif­fé­rentes les unes des autres. C’est une “mô­sus” de belle bi­bitte, l’homme! » √ Louise Trem­blay-d’essiambre ren­con­tre­ra les vi­si­teurs du Sa­lon du livre de Mon­tréal au­jourd’hui, de 13 h à 17 h, et de­main, de 13 h à 16 h, au stand de Guy Saint-jean Édi­teur. √ Mé­moires d’un quar­tier, tome 8 : Lau­ra, la suite fait par­tie de la sé­lec­tion of­fi­cielle du Prix du grand pu­blic La Presse − Sa­lon du livre de Mon­tréal 2011.

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