UN PEU DE SÉ­RIEUX

Le Journal de Quebec - Weekend - - LE QUÉBEC N’A JAMAIS AUTANT RI - Cé­dric Bé­lan­ger CE­DRIC.BE­LAN­GER@JOUR­NAL­DE­QUE­BEC.COM

C'est l'ar­ro­seur qui s'ar­rose lui-même. Après avoir raillé à L'ADISQ les chan­teurs qui pré­parent « un al­bum plus ma­ture», Louis-jo­sé Houde met la der­nière touche à un nou­veau spec­tacle, Les heures ver­ti­cales, dans le­quel il ose abor­der des su­jets sé­rieux parce qu'il a main­te­nant, af­firme-t-il, la ma­tu­ri­té pour le faire.

Quand il a réa­li­sé ce qu'il ve­nait de confier au jour­na­liste du Jour­nal, l'hu­mo­riste a ten­té de faire marche ar­rière. Mais il était trop tard.

« J'ai pas dit ma­tu­ri­té. Voyons, j'ai niai­sé les chan­teurs avec ça », a-t-il mar­te­lé en vain, en s'adres­sant di­rec­te­ment à l'en­re­gis­treuse de l'au­teur de ces lignes.

Il reste que Louis-jo­sé Houde sou­haite faire évo­luer son hu­mour dans ce spec­tacle, qui pren­dra l'af­fiche en jan­vier 2013, à Qué­bec, et le mois sui­vant, à Mon­tréal.

« Les heures ver­ti­cales (le titre est un em­prunt à l'au­teur Louis-fer­di­nand Cé­line), ce sont les mo­ments où il faut vrai­ment que t'af­frontes ta jour­née, où t'af­frontes ta vie, une pé­riode dif­fi­cile. Toutes les épreuves qu'on vit par rap­port au tra­vail, à la fa­mille, au couple, comment on gère les mau­vaises passes, qu'est-ce qu'on fait tout le monde quand on a un parent ma­lade ou que la blonde part. Le show est très au nous, plus qu'au je. Je parle à tout le monde de ce qui leur ar­rive de plate et j'es­saie de dé­dra­ma­ti­ser. Ce n'est pas triste, c'est vrai­ment po­si­tif. En bout de ligne, c'est vi­vant. »

RIRE DES AF­FAIRES TRISTES

Les pre­mières graines de ce nou­veau one-man-show, Louis-jo­sé Houde les a se­mées pen­dant les re­pré­sen­ta­tions de Suivre la pa­rade, son spec­tacle pré­cé­dent.

« Je me suis mis à par­ler un peu plus di­rec­te­ment de moi-même et j'ai bien ai­mé l'ex­pé­rience. Je me suis ren­du compte que je pou­vais par­ler d'af­faires tristes, un peu dures, et que si c'était bien tra­vaillé, ça pou­vait être drôle. Le sen­ti­ment de pou­voir rire de choses qui, à la base, ne sont pas drôles, est ex­trê­me­ment agréable. »

À plus d'un an de la pre­mière, Houde a du ma­té­riel pour te­nir plus de trois heures sur scène. L'ob­jec­tif est de ra­me­ner le tout à un show de quatre-vingt mi­nutes avec l'aide de son script-édi­teur Fran­çois Avard et en tes­tant en se­cret ses nu­mé­ros dans des bars (il était au Cercle, à Qué­bec, mar­di der­nier).

« C'est un long pro­ces­sus et j'en suis aux trois quarts. Quand on com­mence à faire la pro­mo­tion d'un show, il n'est ja­mais to­ta­le­ment écrit », dit ce­lui qui pro­fi­te­ra aus­si de son sé­jour en France, au dé­but de 2012, pour cas­ser son ma­té­riel.

ÉCRITS À LA MAIN

Fait à no­ter, Louis-jo­sé Houde écrit en­core tous ses sketches à l'an­cienne, dans des ca­hiers qu'il ac­cu­mule de­puis ses tout dé­buts.

« Ce qui vaut la peine va pas­ser sur la clef USB. Il y a un pre­mier tri qui se fait entre la main et la ma­chine. D'ha­bi­tude, j'uti­lise cinq ou six ca­hiers par an­née. Ce show, je l'ai com­men­cé en 2008, donc c'est presque vingt-cinq ca­hiers pleins que je suis en train de dé­fri­cher. C'est long en “ta­bar­nane”. Ça prend un cer­tain sens de l'or­ga­ni­sa­tion », dit l'hu­mo­riste, ajou­tant que tous ses ca­hiers sont en­tre­po­sés dans une boîte.

« Quand je meurs, quel­qu'un peut se par­tir un ch­ris­tie de gros feu de camp. »

Ou les re­vendre ? Ces ca­hiers pour­raient avoir une cer­taine va­leur, lui fait-on re­mar­quer.

« Si je réus­sis à être per­ti­nent pen­dant plu­sieurs an­nées et que je ne suis pas im­pli­qué dans un gros scan­dale, peut-être. Je ne sais pas. » √ Louis-jo­sé Houde en spec­tacle les 30 et 31 jan­vier 2013, à la salle Al­bert-rous­seau, de Qué­bec, ain­si que 12 et 13 fé­vrier 2013, au Théâtre Mai­son­neuve, à Mon­tréal. Billets en vente main­te­nant.

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